Tennis et littérature

 

Alors que le Gonet Geneva open a récemment pris fin et que Roland-Garros bat son plein, quelques idées de lectures récentes d’entre deux matchs, que vous soyez un passionné de tennis ou absolument pas, pour la beauté des gestes et des mots !

➡️ Un récit de Luis Torres de la Osa, « Du revers » (Le Métailié 2026). L’auteur, qui a consacré sa jeunesse à la pratique de ce sport, ambitionnait d’écrire « un livre sur le tennis, mais qui soit en même temps une enquête sur tout le reste : la beauté, la mélancolie, le désir, le temps, l’amitié, l’échec, la mort ». Pari tenu ! Sous forme d’auto-portrait, le narrateur âgé d’une quarantaine d’années, revisite sa vie à travers le tennis, et tente de comprendre ce que signifient vivre, créer et perdre. Un ouvrage original, une réflexion sur la beauté et l’esthétique. Très réussi.

➡️ « Sur la ligne », les regards croisés de Nicolas Mathieu et Pierre-Henry Gomont sur le tournoi de Roland-Garros (leurs réseaux et celui d’Eurosport). Là aussi, comme dans le livre de L. Torres de la Osa, le tennis devient matière littéraire à part entière. Objet d’une passion récente, ce sport donne l’occasion à l’auteur de signer des billets quotidiens où le tournoi, finement croqué, permet de retrouver tout ce que l’on apprécie dans son œuvre : souvenirs, désir, esthétique…. Une manière d’exprimer la puissance du tennis pour susciter comme d’autres formes d’arts, des émotions fortes et vivre le tournoi autrement ! Des mots magnifiés par les dessins de Pierre-Henry Gomont qui célèbrent eux aussi la beauté de corps en mouvement.

➡️ Un roman suisse – « Le match du siècle » de Philippe Lamon (Cousu Mouche 2025, L’Arbre Vengeur, 2026) : aussi drôle que touchant. A travers le portrait d’un joueur malchanceux au nom pourtant prédestiné de Gilles Ganiez, classé 367e à l’ATP  et brisant davantage de raquettes que raflant de points gagnants, l’auteur nous entraîne dans les coulisses impitoyables du tennis professionnel, du côté de ceux qu’on ne voit jamais : tournois mineurs, hôtels miteux, et l’envie de tout lâcher sans jamais briller. C’est alors qu’un mécène mystérieux fait à notre héros une proposition incroyable, un dernier défi, sur un air de Rocky.

➡️ Un autre roman – « Le retour de Carrie Soto » de Taylor Jenkins Reid (Charleston 2026, autrice de « Les sept maris d’Evelyne Hugo », « Daisy Jones and the six »…). Direction les tribunes de l’US Open en 1994 à la rencontre de celle longtemps considérée comme meilleure joueuse de tous les temps, la dénommée Carrie Soto jusqu’ à un match auquel elle assiste où une jeune joueuse éblouissante lui rafle son record mondial. Piquée au vif, la voilà repartie pour un tour. Le dernier ? Un roman où il est question d’orgueil, de compétition, mais aussi de corps qui ne répondent plus comme on le souhaite. Inspiré par la figure de Serena Williams, ce roman tendu est à découvrir.

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