Sentinelle de la pluie – Tatiana de Rosnay

 

Éditeur : Éditions Héloïse d’Ormesson

Nombre de pages : 368

Parution : mars 2018 Prix : 22 €

Version ebook disponible

Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff

« Fluctuat net mergitur » (il est battu par les flots mais ne sombre pas) : la devise latine de Paris qui pourrait bien être celle de la famille Malegarde…

Cela faisait trois ans que je l’attendais… le tout nouveau roman de Tatiana de Rosnay, Sentinelle de la pluie, aux Éditions Héloïse d’Ormesson. Quel plaisir de retrouver la plume de cet auteur que j’apprécie tant, cette fois-ci à nouveau dans une fiction, après la magnifique biographie qu’elle avait consacrée à Daphné du Maurier (Menderley for ever, Albin Michel/Éditions Héloise d’Ormesson, 2015) !

La famille Malegarde se réunit à Paris pour célébrer les 70 ans du père, Paul, et les 40 ans de mariage qui l’unissent à Lauren. Une ville comme point de rencontre d’une famille éclatée géographiquement, entre des parents vivant à Vénozan dans la Drôme, une fille, Talia, qui vient de Londres, et Linden, le fils, photographe à la renommée internationale dont les attaches sont désormais à San Francisco.

Paysage de la Drôme

Un moment de retrouvailles qui s’annonçait sous les meilleurs hospices. Et pourtant… rien ne va se passer comme chacun pouvait l’imaginer. D’abord parce que Paul, cet amoureux des arbres, homme de la terre, apparaît très vite extrêmement diminué, tout comme son épouse qui va être affectée par une pneumonie fulgurante. Ensuite parce que chacun des personnages recèle en lui des faiblesses, autant de secrets cachés aux autres qui ont contribué à rendre la communication très complexe entre eux tous même si l’amour les liant ne fait aucun doute. Enfin, et surtout, en raison d’un déchaînement des éléments et d’une crue de la Seine en particulier qui vont rendre ce séjour totalement apocalyptique !

Tatiana de Rosnay signe ici un livre digne des pires scénarios catastrophes, qui aurait pu paraître totalement farfelu il y a peu encore mais qui après deux crues consécutives de la Seine, semble des plus plausibles et même visionnaire pour cet auteur qui avait commencé à écrire son roman bien avant les derniers débordements du Fleuve dans la capitale, personnage à part entière du livre.

Les voici donc tous en plein cœur de Paris, alors que le niveau de la Seine monte dangereusement au rythme des tensions qui les animent. Et si, justement, cette situation les contraignant tous à demeurer ensemble était l’occasion de faire tomber les masques ? Et si ces pertes de repères spatio-temporelles étaient le moment pour chacun d’en revenir à l’essentiel ? Face à l’impossibilité de contenir davantage leurs émotions et, dans une sorte d’urgence, chacun va enfin se révéler aux autres et se mettre à nu.

Tout le talent de Tatiana de Rosnay réside dans sa manière de nous transporter à travers l’histoire de ses personnages malmenés ou magnifiés par les éléments dans un environnement qui les dépasse. Une histoire portée par une écriture des plus réalistes qui fait ressentir au lecteur, aux sens propre et figuré, le cauchemar vécu par les protagonistes du roman. Plusieurs des thèmes chers au cœur de Tatiana sont à nouveau abordés dans Sentinelle de la pluie, à commencer par Paris qu’elle avait déjà si bien décrite dans son roman Rose et où, là aussi, il était difficile pour certains de quitter leurs quartiers en dépit des circonstances.

Crue de la Seine – Janvier 2018

Si le lecteur assiste en spectateur impuissant à ce déchaînement des éléments tout à la fois effrayant et fascinant, ne craignez aucunement de sombrer dans un cauchemar sans issue en ouvrant ce livre. « Fluctuat net mergitur » (il est battu par les flots mais ne sombre pas) : la devise latine de Paris pourrait bien être celle de la famille Malegarde…

À l’heure du tout connecté, des rythmes effrénés et de l’information en temps réel, ce roman rappelle la suprématie de la nature face à l’homme qui ne peut que composer avec et demeurer humble, réapprendre l’art d’être patient.

« Quand la nature se mettait en colère, avait un jour dit Paul, il n’y avait rien que l’homme puisse y faire. Absolument rien ».

Si vous faites partie de ces lecteurs qui appréciez lire un livre avec la bande originale ayant accompagné son auteur pendant son écriture, alors vous écouterez sans aucun doute David Bowie en boucle, cet artiste si cher au cœur de Paul Malegarde.

Et si comme moi, vous tournez à regret la dernière page de Sentinelle de la pluie, triste de quitter ces personnages si attachants, rassurez-vous, Linden a un compte Instagram que je vous invite à consulter très vite pour partager encore davantage avec lui !

©DavidIgnaszewski/Koboy

À propos de l’auteur

 

Franco-anglaise, Tatiana de Rosnay est l’auteur de onze romans, dont Elle s’appelait Sarah, best-seller international vendu à plus de sept millions d’exemplaires et adapté au cinéma par Gilles Paquet-Brenner. Grâce notamment au succès de Boomerang et de Rose, elle est l’auteur français le plus lu en Europe et aux États-Unis. Elle vit à Paris avec sa famille.

Le site de Tatiana de Rosnay : www.tatianaderosnay.com

 

Si vous n’avez pas lu Elle s’appelait Sarah, il vous faut vite le découvrir, un de mes incontournables ! La bande-annonce du film adapté du roman :

Quelques pages en extrait du livre :

Recevez mes chroniques par mail pour vous inspirer !

Une fois par semaine directement dans votre boîte mail.

Votre inscription a bien été prise en compte

Share This