Quelques brèves de Julie

 

S52 – 23 au 29 décembre 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

Dernière semaine de l’année : le challenge proposé par Fabienne Blanchut le 1er janvier 2019 consistant à poster sur sa page Facebook un film, une série et un livre par semaine a quasiment été relevé pour ma part !

🎞🎥 « Wonder Boy » documentaire sur Olivier Rousteing, de Anissa Bonnefond, 2019, Canal+.🇫🇷
🔸On connaît d’Olivier Rousteing le playboy sur papier glacé aux presque 6 millions de followers sur IG, l’ami de Kim Kardashian, Cara Delevingne et autres stars…Le tout jeune et charismatique directeur artistique de la maison Balmain, arrivé à ce poste à l’âge de 24 ans (le plus jeune depuis Yves Saint-Laurent) est en réalité un acharné de travail. Il a permis en quelques années de multiplier le chiffre d’affaire de la maison par 6 !
🔸On le découvre sous un tout autre jour dans ce documentaire qui lui est consacré. Si les images de défilés, de séances de travail dans les ateliers sont bien présentes dans ce film et tout à fait intéressantes pour quelqu’un comme moi à mille années lumières de ce milieu, celui-ci s’éloigne très vite du bling bling pour s’orienter sur un chemin beaucoup plus personnel : Olivier est né sous X et ignore tout de ses origines biologiques. « Ce que les gens voient de moi, c’est ce que j’ai créé dans mes collections mais je me suis un petit peu perdu ».
🔸Ce reportage, très touchant car, on le sent, empreint de sincérité, le montre très seul, dans son magnifique appartement au design recherché où personne ne l’attend quand il rentre de voyage, mis à part son chauffeur/confident. « Quand tes parents ne te veulent pas, tu te dis : Pourquoi t’es là » ? » lâche-t-il au détour d’une phrase. Ce documentaire montre les démarches qu’il entreprend pour renouer les fils de son histoire, découvrir qui étaient ses parents biologiques tout en ménageant ses parents adoptifs et ses grands-parents bien-aimés.
🔸Au-delà de l’histoire d’Olivier, le reportage réalisé par Anissa Bonnefond montre très bien le parcours du combattant auquel doit se livrer toute personne en quête de ses origines naturelles. Ce qui rend la démarche encore plus touchante ici est le contraste entre la quête d’Olivier et le fait qu’il soit autant adulé, une exposition médiatique extrême, si éloignée de ce qui lui est fondamental : « Tant que je ne sais pas qui je suis, je ne serai pas capable de m’aimer ». Ce documentaire atteste de la sincérité de ce garçon ultra doué, un wonder boy. Un seul souhait à l’issue de ce film, qu’il l’aide dans sa démarche et lui permette de se poser. Go Olivier !

📺 « Virgin River » de Robyn Carr, avec Alexandra Breckenridge et Martin Henderson, 2019, Netflix 🇺🇸
Les vacances de Noël me donnent une bonne excuse pour poursuivre sur une série romantique ! Et comme Delphine Bertholon a donné son aval, tout en précisant que c’est une série un peu « cul cul la praline », me voilà lancée ! Alors c’est exactement ça : « gnan gnan » à souhait mais pas désagréable ! Melinda Monroe souhaite un nouveau départ et laisser derrière elle un lourd passé. La voilà donc qui répond à une petite annonce pour un poste d’infirmière à Virgin River, loin de Los Angeles, auprès d’un médecin de campagne. Mais l’annonce n’a pas été passée par celui-ci et l’arrivée de cette nouvelle venue ne le réjouit absolument pas. Heureusement, Mel croise la route de Jack qui, lui aussi, semble avoir vécu un passé douloureux… Une saison 2 est prévue en 2020.

 

📚 « L’année de la pensée magique », de Joan Didion, Editions Grasset et Fasquelle, 2007 🇺🇸

On pourrait penser, avec un tel titre, qu’il s’agit ici d’une romance de Noël. Détrompez-vous ! Ce récit n’a absolument rien à voir. Si l’histoire commence bien un 30 décembre, il y a 16 ans, celle-ci n’a rien de romantique. Joan Didion et John Gregory Dunne revenaient de l’hôpital où leur fille unique, dans le coma, luttait contre une pneumonie et un choc septique. C’est au moment de passer à table que le cœur de John s’est arrêté. « On s’apprête à dîner et la vie telle qu’on la connaît s’arrête. En l’espace d’un battement de cœur. Ou de l’absence d’un battement ». Le choc est tel que l’auteur le répète à plusieurs reprises dans ce récit : « La vie change dans l’instant. L’instant ordinaire ». Ce décès fut si brutal que Joan Didion a ressenti le besoin, quelques mois après, de poser des mots, reconstituer les événements pour peut-être mieux se les approprier. On est frappé d’emblée par le paradoxe entre la description clinique et médicale à laquelle elle s’emploie, quasiment journalistique, s’adonnant à des lectures scientifiques pour mieux comprendre ce à quoi ont été confrontés son époux – ainsi que sa fille – et ses pensées les plus intimes, irrationnelles, où l’objectif secret de Joan était en toute simplicité que John revienne ! Dès la nuit qui a suivi le décès, Joan est ainsi rentrée seule chez elle, confrontée au silence et à l’absence, une nécessité à ses yeux « pour qu’il puisse revenir. Ainsi commença pour moi l’année de la pensée magique ». Chronique complète ici.

Et, pour aller plus loin :

🎥 « Joan Didion : Le Centre ne tiendra pas », de Griffin Dunne, 2017, Netflix.
Un film magnifique à voir après avoir lu « L’année de la pensée magique », réalisé par le neveu de Joan et John, Griffin Dunne. Ce film est à la fois sublime et bouleversant. D’abord parce qu’après l’avoir lue et avoir chaviré sur ses mots, on y découvre Joan Didion âgée et extrêmement vulnérable au point d’en être véritablement saisi.
Ce film évoque sa vie, son œuvre incroyable, à travers les témoignages de ses amis, famille, éditrice, les entretiens en tête à tête avec son neveu ou bien des images d’archive avec son mari.
Ce film montre à quel point Joan Didion a si bien su prendre et transmettre le pouls d’une époque aux États-Unis, elle qui évoluait dans les milieux intellectuels et cinématographiques à partir des années 60’. Ils fréquentaient avec son mari tous les acteurs, réalisateurs, intellectuels de l’époque, les Spielberg, Roman Polanski, Warren Beatty, Brian de Palma et même Harrison Ford qui, avant d’être leur ami, fur leur menuisier à Malibu !
On mesure aussi ce qui sous-tend son livre « L’année de la pensée magique », l’extraordinaire complicité qui la liait à son époux avec lequel elle a absolument tout partagé pendant 40 ans. On y découvre leur manière de vivre ensemble, de travailler… et ce que l’écriture représente pour elle, un moyen de survie, tout simplement, pour comprendre ce qu’elle ressent et surmonter cette disparition. Ce film est aussi l’occasion pour Joan d’évoquer la relation qui l’unissait à sa fille disparue. C’est précisément l’adaptation de « L’année de la pensée magique » au théâtre par David Hare avec Vanessa Redgrave qui a conduit Joan Didion a écrire sur sa Quintana, une réflexion extrêmement difficile ayant abouti à la publication du « Le Bleu de la nuit » (Editions Grasset).

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