Quelques brèves de Julie

 

S38 et 39 – 16 au 29 septembre 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Un jour de pluie à New-York » de Woody Allen, avec Thimothée Chalamet, Selena Gomez, Elle Fanning, Jude Law, 2019 🇺🇸
Coup de ❤️ pour ce film, pas immense mais coup de cœur quand même, qui porte si bien la signature du réalisateur américain. Ce film est un bon cru, empli de poésie, d’humour et de tendresse, qui ne donne qu’une envie, filer à New-York !🗽 Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, partent dans la Grande Pomme, un week-end en amoureux, profitant d’une interview que la jeune fille à l’opportunité d’y mener pour le journal de sa fac avec un réalisateur dépressif célèbre qu’elle admire (toute ressemblance…). L’entretien, qui devait être vite achevé, dure finalement bien plus longtemps puisqu’Ashleigh va être amenée à croiser également l’auteur du dernier film de ce réalisateur, ainsi qu’un acteur ultra connu pour lequel elle craque aussi. Ultra spontanée et tout à la fois ingénue, elle les séduit tous, plus ou moins malgré elle, laissant tomber son amoureux qui déambule alors dans les rues pluvieuses de New-York, passant d’une partie de poker à une soirée mondaine chez ses parents. On ressort de ce film totalement charmés, amusés par les critiques faites des journalistes ou des réalisateurs, alors même qu’il n’est pas diffusé aux États-Unis à la suite des accusations d’agression sexuelle visant Woody Allen à l’encontre de sa fille adoptive.

🎞🎥 « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma, avec Noémie Merlant et Adèle Haenel, 2019🇫🇷
1770. Héloïse doit épouser un riche milanais auquel son portrait doit être remis avant les noces. Opposée à cette union, Héloïse gâche le premier portrait réalisé. Sa mère engage alors une peintre qui arrive chez Héloïse incognito, sans donner la véritable raison de sa présence. Les deux femmes partagent quelques jours ensemble qui permettent à la jeune peintre d’effectuer le portrait de mémoire. L’attirance entre les deux femmes est absolument irrésistible, pour l’une comme pour l’autre, et fonctionne parfaitement à l’écran, tout en douceur et en subtilité, passionnément ! J’ai aimé ce film pour ces nuances, ses paysages marins (tout se passe sur une plage au large de la Bretagne) parfois déchaînés à l’image de ce qui se joue, pour le jeu des actrices. Ce film a reçu la palme du meilleur scénario à Cannes, méritée !

📀 « Corporate » de Nicolas Silhol, avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groot, 2017🇫🇷
Comment se débarrasser proprement de salariés dont on ne souhaite plus la présence sans les licencier… ? Inspiré par la vague de suicides ayant eu lieu dans certaines entreprises, Nicolas Silhol nous propose un film efficace, avec un jeu d’acteurs impeccable. Jamais objective quand Lambert Wilson joue, j’ai particulièrement apprécié Céline Sallette dans le rôle de Émilie Tesson-Hansen, DRH, très « corporate », qui, après le suicide de l’un des salariés placardisés, décide de changer de méthode pour éviter une mise en cause pénale à la suite de l’enquête diligentée par l’inspectrice du travail. Devenue beaucoup moins « corporate », elle se transforme elle aussi en paria aux yeux de se son patron.

📺 « Dr Foster » de Mike Bartlett, avec Suranne Jones, Bertie Carvel, Jodie Comer…,2 saisons, 10X60’, Netflix 🇬🇧
Quand un cheveu fait tout basculer… Gemma Foster est médecin, vit tranquillement entre un mari et un enfant aimants. Mais un soir, elle découvre un cheveu blond qui ne lui appartient pas sur la veste de son mari… La machine s’emballe alors totalement, sur fond de jalousie et de trahison. Partagée entre l’envie de sauver son couple et se séparer de son mari, Gemma perd pieds peu à peu. Série très moyenne, sauf pour le plaisir de retrouver à l’écran Jodie Comer que j’ai adorée dans « Killing Eve » faisant d’elle une Villanelle inoubliable (série découverte grâce à Fabienne et dont on vous a toutes les deux parlé ici) ! Jodie Comer vient d’ailleurs d’être consacrée aux Emmy Awards meilleure actrice de série dramatique pour ce rôle de tueuse.

📺 « Fleabag  » de (écrit et réalisé par…) et avec Phoebe Waller-Bridge, S1, 6X26’ Prime Video 🇬🇧
Coup de ❤️ pour cette série déjantée et provocatrice, où l’héroïne incarne une trentenaire londonienne libre, obsédée par le sexe, instable, et qui partage tout ce qu’elle vit et pense en direct avec le spectateur sous la forme d’apartés, que son partenaire à l’écran ignore totalement ! L’occasion de scènes surprenantes et totalement hilarantes ! Au-delà de son obsession, très intense dans cette série, Fleabag est une jeune femme triste, devant gérer seule le café à la déco « cochons d’inde » qu’elle a créé avec une amie, décédée accidentellement quelques temps avant. C’est donc à corps et cœur perdu qu’elle se lance dans la vie, sans filtre.
« Fleabag » vient d’être sacrée meilleure série comique aux Emmy Awards et Phoebe Waller-Bridge meilleure actrice et meilleure réalisatrice pour une série comique !
La bonne nouvelle : il y a une saison 2 ! Quant à la saison 3 demandée par la BBC à l’auteur, elle n’est pas prévue, Phoebe ayant refusé. Auteur talentueuse, elle est associée à l’écriture du prochain James Bond pour apporter une pointe d’humour et de féminisme au scénario… Prometteur. La série « Mouche », avec Camille Cottin que j’apprécie aussi beaucoup, est un remake de Fleabag. Hâte de le découvrir. L’avez-vous vue ?

📚 « Les choses humaines », de Karine Tuil, Gallimard, 2019 🇫🇷
Karine Tuil fait partie de ces auteurs dont j’attends le nouveau livre avec impatience depuis « L’invention de nos vies » (2013, Grasset) que j’avais dévoré et beaucoup aimé. C’est à un portrait au vitriol de notre société qu’elle se livre dans son onzième roman, encore une fois ancré dans le réel. « Les choses humaines » constitue une chronique sociale très actuelle aux personnages attachants que Karine Tuil croque avec brio. Le soin particulier qu’elle porte d’ailleurs à esquisser tous ses personnages, à fouiller leur psychologie, est sans doute ce qui me séduit le plus dans son écriture.
L’histoire en quelques mots : Jean et Claire Farel forment un couple d’intellectuels parisiens en vue, lui journaliste politique de renom, très populaire, sur les antennes télévisées depuis 40 ans et elle, essayiste et féministe, bien plus jeune que son mari. Leur fils, Alexandre, 21 ans, brillant, étudie aux États-Unis dans une université de renom. Une image assez lisse donc mais qui l’est beaucoup moins en réalité, écornée avant tout par la double vie menée par Jean depuis des années avec Françoise, une journaliste de son âge, mais exerçant côté presse écrite. Un mariage d’intérêt plus que d’amour, jusqu’au jour où justement, Claire, lassée, tombe sous le charme d’un professeur de français, quitte Jean et s’installe avec lui. C’est alors qu’Alexandre, en vacances pour quelques jours à Paris, rend visite à sa mère qui lui demande de s’occuper un soir de Mila, la fille ainée de son conjoint et de l’emmener avec lui à une soirée pour la distraire. Le lendemain matin, la police vient l’arrêter : Mila l’accuse de l’avoir violée. La deuxième partie du roman est consacrée au procès d’Alexandre et tourne autour d’une question fondamentale : la relation entre Alexandre et Mila a-t-elle été consentie ou non ? Parole contre parole, absolument rien d’évident.
Une intrigue qui permet à Karine Tuil d’évoquer tout à la fois les enjeux liés au sexe, aux médias, au pouvoir, à la justice, à l’aune des réseaux sociaux… un roman très habile et très riche ! Chronique complète ici.

📚 « Barborange le Brave », de Fabienne Blanchut et Madartair, Editions Pixygraph, 2019 🇫🇷
À l’abordage moussaillons !! Quand mes enfants étaient plus petits, j’adorais leur lire des histoires où je pouvais interpréter chacun des personnages, au point que plus grands, nous nous partagions les rôles avec un plaisir immense (je pense notamment à « L’ours et l’enquiquineuse » dont je vous parlerai un de ces jours, l’un de nos musts !). Je ne connaissais pas alors les albums de Fabienne Blanchut ! Mais quel dommage ! Car Barborange aurait pu devenir l’un de nos classiques : de l’humour, de l’amour, des petites rengaines qui reviennent et le plaisir de lire cette histoire à voix haute pour mieux la savourer encore. Testé et approuvé ! Un pirate qui par amour, accepte de se faire rhabiller par sa femme, j’adore !

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