Quelques brèves de Julie

S31 – 29 juillet au 4 août 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📀 « L’Odysée » de Jérôme Salle, avec Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou, Benjamin Lavernhe, 2016 🇫🇷

Le biopic plutôt réussi de Jacques-Yves Cousteau, incarné par un Lambert Wilson toujours aussi convaincant ! Le film retrace l’aventure extraordinaire menée par cet ancien commandant de la Marine Nationale parti aux quatre coins du monde à bord de son bâteau Calypso pour tourner des films documentaires sur les fonds marins. L’Odysée retrace donc l’histoire d’une passion et met l’accent sur la relation qu’entretenait Cousteau avec son fils cadet, Phiippe, décédé tragiquement, et interprété ici par le talentueux Pierre Niney. Des relations complexes, riches et qui auront permis au moment où Cousteau était « sous l’eau », criblé de dettes, de réorienter sa carrière en lui conférant un caractère beaucoup plus écolo, dans l’air du temps évidemment.

Pas de série mais deux livres de non-fiction pour cette sélection :

📚 « L’Adversaire», de Emmanuel Carrere, POL/Folio, 2000 🇫🇷

Un homme sans histoire, brillant, aimant… tel est en apparence ce que l’on pouvait dire de Jean-Claude Romand jusqu’à un matin de janvier 1993 où il tua toute sa famille.

Fils unique de parents modestes vivant dans le Jura, cet homme a grandi assez seul, entrepris des études de médecine suivies à Lyon pour se rapprocher d’une cousine éloignée dont il était épris et qu’il a par la suite épousée, Florence. Mais au matin des examens de 2e année, il ne se présente pas. Pourtant, à tous il dira passer en troisième année.

Ce mensonge constitue sans aucun doute la première pièce d’un engrenage infernal où Jean-Claude Romand n’a fait que mentir. Le début d’une imposture qui ne pouvait terminer que tragiquement. Lui, éminent spécialiste voyageant à travers le monde, passait en réalité ses journées sur les aires d’autoroute, sur le parking de l’OMS, dans des hôtels à proximité de l’aéroport de Genève, à compulser des revues médicales.

Une vie de mensonges, d’apparences et d’escroquerie puisque pour vivre, il a soutiré l’argent de tous ses proches, y compris pour séduire et gâter une maîtresse vivant à Paris. C’est lorsque cet édifice fut sur le point de s’effondrer totalement et la vérité d’éclater que Jean-Claude Romand s’est démasqué d’une certaine façon, assassinant tous ceux qu’il aimait, à commencer par son épouse, ses deux enfants, ses parents et leur chien. Un suicide raté, une condamnation à perpétuité assortie d’une peine de sureté de 22 ans et une libération il y a quelques jours.

Ce fait divers, l’un des plus sordides qui ait existé, a interpelé le journaliste et écrivain Emmanuel Carrère et l’a inspiré pour écrire un livre d’un genre particulier, aux frontières de la réalité et de la fiction, « L’Adversaire ». Il était animé par une seule question : que se passait-il réellement dans la tête de Jean-Claude Romand durant toutes ces journées qu’il était censé passer dans un bureau ? Quel était cet Adversaire, « celui que la Bible appelle Satan » ? Un livre de non-fiction qui m’a passionnée ➡️chronique complète ici.

 

📚🎧 « La disparition », de Josef Mengele, d’Oliver Guez, Grasset et Livre de poche, 2017. Version audible lue par l’auteur (excellente !) 🇫🇷

Comme beaucoup d’anciens nazis, Josef Mengele, tristement célèbre « Docteur d’Auschwitz », se réfugia en Amérique du Sud à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, afin d’échapper à tout procès. Rappelez-vous, ce criminel, désigné comme « L’Ange de la mort », avait pour mission non seulement de trier les déportés lorsqu’ils arrivaient sur la rampe du camp mais expérimentait sur quelqu’uns d’entre eux des atrocités diverses, en particulier sur les jumeaux dont il cherchait à percer le secret scientifique.

Le brillant livre d’Olivier Guez, qui obtint d’ailleurs le prix Renaudot, retrace la vie de ce sinistre personnage à partir de 1949, où il rejoint l’Agentine de Peron, faite de fuites sous différents pseudonymes et de traque, en passant par le Paraguay, le Brésil… Trente années de cavale avec des périodes fastes, où argent, femmes et dolce vita sont au programme, suivies de périodes beaucoup plus noires où l’on assiste à l’auto-destruction d’un Mengele devenu totalement parano, une punition sans aucun doute bien plus efficace pour ce tortionnaire que s’il avait passé sa vie en prison. Ce roman de non-fiction, m’a captivée tant par sa richesse que son rythme. Une réussite ! ➡️chronique complète ici.

🎟 « Dufy au Havre » Musée d’Art moderne André Malraux – 18 mai au 3 novembre 2019 🇫🇷

C’est un bâtiment moderne, au-dessus de la mer, et qui accueille de très jolies expositions, le MuMa a été inauguré en 1961 par André Malraux, et il est réputé pour ses collections de la fin du XIXe et du XXe siècle. Le musée accueille actuellement une exposition consacrée à Raoul Dufy, né au Havre, ville qui l’a inspiré tout au long de sa vie. 90 œuvres exposées, plusieurs périodes, plusieurs styles, beaucoup de couleurs : stimulant et inspirant ! À noter, le legs d’une œuvre de Braque – Barque échouée sur la grève – par Florence Malraux au MuMa, œuvre à laquelle tenait son père. Florence Malraux a succombé à la maladie de Charcot en octobre dernier. À lire le très bel ouvrage que Martine de Rabaudy lui a consacré : « À l’Absente » (Gallimard, 2019). Je vous en reparle bientôt.

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