Quelques brèves de Julie

 

S26 – 18 au 30 mars 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📀 « Sixième sens » de Night Shymalan, avec Bruce Willis et Haley Joel Osment, 1999 🇺🇸
Vu et revu mais quel plaisir de le redécouvrir avec ma fille de 16 ans qui le visionnait pour la première fois ! Le twist final n’a pas pris une ride, tout comme le film, qui fonctionne parfaitement. Malcom est psychologue et alors qu’il passe une douce soirée avec sa femme, l’un de ses anciens patients – Vincent – pénètre chez lui, lui tire dessus et se suicide… Malcolm rencontre par la suite un petit garçon souffrant visiblement des mêmes symptômes que Vincent et Malcolm décide de l’aider là où il avait échoué précédemment. Il tente ainsi petit à petit de permettre au petit garçon qui souffre de voir des fantômes régulièrement, d’apprivoiser ces créatures et dompter ses peurs terribles. Ces êtres, parfois décédés dans de terribles conditions, ne semblent pas toujours réaliser qu’ils sont morts et se révèlent à Cole, le terrorisant alors passablement. Si Malcolm refuse tout d’abord de le croire, il finit par émettre une hypothèse : et si ces fantômes avaient simplement besoin d’être écoutés ?

📺 « Dans leur regard » 4 épisodes de plus de 60’ dont le dernier de 88’ a les allures d’un film à lui tout seul, Netflix, de Ava Du Vernay, 2019 🇺🇸
Coup de ❤️ total pour cette mini-série absolument formidable qui revient sur une affaire réelle et terrible : printemps 1989, une joggeuse blanche de 28 ans Trisha Meili, est retrouvée inanimée dans Central Park après avoir été sauvagement agressée et violée 🏃‍♀️ Dès lors, la police ne poursuit qu’un seul et unique objectif, trouver et punir le ou les coupables quitte à arranger un peu la chronologie des faits… Elle arrête alors cinq jeunes hommes originaires d’Harlem – quatre afro américains et un hispanique – âgés simplement de 14 à 16 ans qui se trouvaient au mauvais moment au mauvais endroit. Ils sont innocents mais pourtant, soumis à des interrogatoires croisés, sans avocats et sans leurs parents pour les protéger, ils avouent devant caméra l’inavouable et reconnaissent leur culpabilité. Ils sont emprisonnés de longues années, avant que le vrai coupable ne reconnaisse son crime.
⚠️Âmes sensibles, attention, il s’agit d’une série qui prend littéralement aux tripes face à autant d’injustice, de vies gâchées, d’une machine judiciaire infernale. Une erreur judiciaire révoltante, d’autant plus lorsque l’on voit Trump déboursant 85 000 dollars en campagne de presse pour demander le rétablissement de la peine de mort à l’égard de ces jeunes… innocents. Tous les acteurs jouent justes au point que je reconnais avoir été parfois gagnée par l’émotion.
Quatre épisodes pour quatre temps : celui de l’arrestation et des interrogatoires, menés tambours battants par une police écœurante, obéissant aveuglement aux ordres d’une chef n’hésitant pas à traiter ces enfants d’animaux, sans la moindre preuve tangible de leur culpabilité. Deuxième temps, celui du procès, très intéressant même si lui aussi est insupportable tant la vérité criante peine à être entendue. Troisième temps, celui de la prison et de la sortie de ces enfants devenus adultes, avec tout l’enjeu de la réinsertion à la clé, extrêmement difficile lorsque les choses ont changé durant leurs années d’emprisonnement, que leurs proches ont eux aussi vécu comme ils pouvaient. 4e temps, zoom sur le 5e garçon que l’on retrouve lors de son arrivée en prison pour adultes, à l’inverse des autres, plus jeunes qui ont connu des établissements davantage « adaptés », et que l’on suit durant ses années d’incarcération. Épisode formidable, à l’image de cette série. L’une des plus grandes erreurs judiciaires sur fond de racisme décortiquée magistralement !

📚🎧 « Petit pays », de Gaël Faye, Grasset, 2016, version audible 🇫🇷
Livre lauréat du Goncourt des lycéens, une pépite ! C’est mérité. J’en ai écouté sa version audio lors d’un long trajet en voiture, que je n’ai du coup pas vu passer😊 

La voix de l’auteur, que l’on connaît pour ses raps si poétiques, m’a transportée au Burundi. Nous sommes en 1992, Gaby – figure largement inspirée par la vie de l’auteur – a 10 ans. Un père français, une mère rwandaise, une petite sœur de 10 ans, une bande de copains… Il vit une enfance heureuse, jusqu’à ce que la guerre civile vienne renverser ce doux équilibre. « S’il n’existe aucun sanctuaire sur terre, y’en a-t-il un ailleurs ? » s’interroge l’enfant, confronté à l’horreur la plus sordide ? Gaël Faye ressuscite avec beaucoup de talent la douce atmosphère qui régnait alors, la joie de vivre simple de ceux que le génocide rwandais est venu balayer jusque dans ce « petit pays ». La version audio est suivie d’un riche entretien avec l’auteur, qui explique notamment comment il en est venu à la littérature, et ce qu’elle lui apporte. Passionnant !

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