Quelques brèves de Julie

 

S25 – 17 au 23 juin 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

…. ma S25, après une semaine livresque très remplie, entre la visite de ma chère Cathy Galliegue à la maison pour une rencontre avec des lectrices, la visite de François Busnel à Genève, et l’événement si sympathique organisé par Lydie Zannini à Bour-en-Bresse où étaient présents des auteurs que j’adore, en particulier… Fabienne et Sylvie Le Bihan Gagnaire !

📀 « Pas si simple » de Nancy Meyers, avec Meryl Streep, Steve Martin, Alec Baldwin, 2009 🇺🇸

Petite comédie romantique légère, juste (seulement… ?) pour avoir le plaisir de revoir Meryl Streep 😉 Elle incarne Jane Adler et a trois enfants adultes, une boulangerie des plus prospères… et des relations cordiales avec son ex-mari, l’avocat Jake Adler, avec qui elle a divorcé depuis dix ans. La situation se complique le jour où Jane et Jake se retrouvent à la remise de diplôme de leur fils et que les cœurs s’enflamment à nouveau : avant même d’avoir compris ce qui leur arrivait, les deux « ex » sont devenus amants. L’ennui est que rien n’est plus comme avant. Jake a refait sa vie avec une « jeunette », Agnes, tandis que Jane rencontre Adam, un architecte divorcé depuis peu…

📺 « Suits » 8 saisons, 124X43’ Netflix, de Aaron Korsh avec Gabriel Macht, Patrick J. Adams, Meghan Markle 🇺🇸

Série fleuve, dans laquelle je m’étais laissée prendre pendant les premières saisons il y a quelques mois, facile à regarder tout en faisant autre chose, parfait en certaines circonstances… Impression totalement confirmée avec la saison 6 : pas désagréable mais assez insipide, surtout au regard de petites merveilles comme « Killing Eve » que Fabienne et moi avons évoqué les semaines précédentes. Mike Ross est un jeune homme brillant qui a gagné sa vie en passant les examens du barreau pour le compte d’étudiants, sans pour autant l’avoir lui-même obtenu. Extrêmement doué, il parvient à être embauché comme avocat dans un prestigieux cabinet new-yorkais qui ne recrute en principe que des diplômés d’Harvard, couvert par son mentor, l’occasion pour lui de développer ses talents, rencontrer une jeune femme magnifique incarnée par Meghan Markle, devenue depuis la femme du prince Harry. Une vie trépidante avec l’épée de Damocles au-dessus de la tête dans le cas où la supercherie serait découverte…

📚 « L’obsolescence programmée de nos sentiments », de Zidrou et Aimée de Jong, Dargaud, 2018 🇫🇷

Peut-on encore tomber amoureux lorsqu’on a 60 ans, que notre corps s’est un peu affaissé, passablement flétri, qu’on est seuls, désespérément, depuis si longtemps ? Plus encore, le désir peut-il toujours émaner d’un corps diminué, pour un autre qui l’est tout autant ? Rien n’est moins sûr. Et pourtant… Ils sont deux. Méditerranée vient de perdre sa mère après neuf mois d’une longue agonie pendant lesquels elle l’a accompagnée. Elle ne s’est jamais mariée, n’a pas eu d’enfant, a été mannequin et a finalement repris la fromagerie familiale. L’affinage des fromages lui laisse le loisir de s’observer, réaliser que son corps qui lui a permis de gagner sa vie, s’étiole. Elle se retrouve donc totalement seule. Quant à Ulysse, on le découvre alors qu’il perd son travail, dégraissé par l’entreprise de déménagement qui l’a employé durant de longues années. Il a perdu sa fille, sa femme. Lui reste un fils. Mais rien d’autre. Et lui aussi est seul, désœuvré, se demandant comment il va bien pouvoir vivre et occuper ses journées, lui qui a passé sa vie à travailler.

« L’obsolescence programmée de nos sentiments » est l’histoire de ces deux âmes solitaires, a priori résignées qui, au détour improbable de la salle d’attente d’un cabinet médical, se rencontrent et se trouvent, surpris eux-mêmes qu’une telle chose puisse encore se produire. C’est dans le regard tendre et bienveillant de l’autre que chacun finalement s’accepte, et s’accorde le droit d’une histoire d’amour, avec un final… toute à la fois déroutant et lumineux, séduisant, à l’image de ce livre qui m’a vraiment touchée. Une réflexion sur le temps qui passe, la vieillesse, l’amour… avec tendresse et humour.

Je relève d’ailleurs quelques remarques savoureuses sur les livres : « je ne lis pas. Je déteste ca » dit Ulysse. « Qu’est-ce que les livres ont bien pu vous faire pour que vous les détestiez à ce point ? » lui répond Méditerranée. « Ils m’ont foutu le dos en l’air, voilà ce qu’ils m’ont fait, ces fichus bouquins ». Et pour finir : « À la fin, Victor Hugo et Marc Lévy, ça pèse pareil » dit l’ancien déménageur ! Le pire déménagement de sa vie ? « Un collectionneur de bandes dessinées. Un vrai malade ! Il devait avoir dans les 15 000 albums ! On lui en piqué un pour voir s’il le remarquerait. Eh bien…il a remarqué, ce con ! ».

Décidément, les romans graphiques tendent à me séduire davantage chaque jour. Cette dimension illustrée m’épate, elle est si riche. Ici, j’ai adoré l’ambiance, dès la couverture, si douce et sensuelle, qui fait de ce livre un objet que l’on a envie de tenir entre ses mains, caresser… Une atmosphère créée non seulement par le tracé des dessins, mais aussi par le choix des couleurs, qui accompagnent délicatement cette histoire emplie de tendresse. Pourtant tout commençait de manière glauque, et puis s’éclaire, se colore, à l’image d’une vie. Des traits qui épousent parfaitement l’histoire, sans concession, mais avec empathie et bienveillance. Coup de ❤️

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