Quelques brèves de Julie

 

S21 – 20 au 26 mai 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📀 « Pupille » de Jeanne Herry, avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Elodie Bouchez 🇫🇷🇧🇪
Gros coup ❤️ pour ce film qui évoque avec infiniment de justesse un sujet difficile, celui de l’adoption. Une jeune femme âgée d’une vingtaine d’années accouche sous le secret. Le bébé va alors passer les deux mois du délai légal de rétractation de sa mère biologique auprès d’un parent assistant familial, un père d’accueil interprété par Gilles Lellouche extrêmement touchant, au bord du burn out vis-à-vis du système et qui, à la demande d’une éducatrice qu’il apprécie – formidable Sandrine Kiberlain – accepte de prendre ce bébé en charge. La future mère, Elodie Bouchez, est reçue à un entretien au cours duquel elle apprend qu’elle va pouvoir adopter alors que cela fait 10 ans qu’elle attend ce moment. Superbe interprétation d’Elodie Bouchez ici, saisissante de stupeur lorsqu’elle apprend cette nouvelle.
😮Les moments forts dans ce film sont nombreux. J’ai particulièrement été touchée par ce bébé, dont le coeur s’est littéralement emballé à la naissance lorsqu’on lui dit que sa maman ne peut s’occuper et qu’il va être placé, complètement inerte ensuite, ne pleurant pas et ne réclamant rien durant son premier mois de vie, jusqu’à ce que l’assistante sociale qui avait vu sa mère biologique juste après l’accouchement, vienne le voir à la demande des éducateurs et verbalise son histoire en s’adressant à lui. Cela m’a rappelé le formidable livre de Caroline Eliacheff, « À corps et à cris – Être psychanalyste avec les tout-petits » (Odile Jacob, 2000) -> voir les livres ci-dessous.
💪🏻J’ai beaucoup aimé ce film qui met les projecteurs sur des professionnels relativement méconnus et dont le rôle est pourtant essentiel, les éducateurs, rattachés à l’ASE. Mon amie, Kate Bernaudin, exerce cette profession depuis de nombreuses années. Après avoir longtemps veillé sur des enfants placés dans des foyers pour cause de violence ou toute autre forme de déficience parentale, elle s’occupe aujourd’hui des parents et organise les visites qu’ils sont autorisés à avoir avec leurs enfants. Franchement, chapeau ! Je serais bien incapable d’être efficace dans ce type de circonstances, de prendre la distance nécessaire. J’ignore les ressources dont elle dispose pour lui permettre de s’occuper de ces personnes dans y laisser trop de plumes. Et comment ne pas penser aussi, en regardant ce film, à un autre, absolument formidable, que j’avais regardé deux fois à la suite tellement j’en avais été saisie ? Il s’agit de :

📀 « Polisse », de Maïwen avec Joe Starr, Marina, Fois, Karin Viard, 2011 🇫🇷
Âmes sensibles, s’abstenir ! Ce film met en scène le quotidien de policiers d’une brigade de protection des mineurs qui luttent contre les innombrables sévices subis par des mineurs : traque de pédophiles, appréhensions de parents soupçonnés de maltraitance, suivi d’adolescents pickpockets, adolescents en dérive sexuelle, protection de mineurs sans domicile, mineurs victimes de viol, etc. Plongés dans cet univers éprouvant, ces policiers très impliqués et soudés tentent de préserver leur vie privée et leur santé psychique. Loin d’être simple…

📺 « Dead to me » Netflix, 10X28’, de Liz Feldman, avec Christina Applegate et Linda Cardellini 🇺🇸
Jen Harding vient de perdre son époux dans un accident de la route avec délit de fuite. Agent immobilier, elle doit faire face au stress du deuil ainsi qu’aux dures réalités de la vie qui la rattrapent. Elle rencontre Judy lors d’une séance de thérapie de soutien face au deuil. Elles finissent par devenir amies, mais Judy cache un lourd secret.
Une série dans laquelle j’ai embarqué sans difficulté, sans pour autant être totalement happée. Les personnages des deux femmes sont très justes, et incarnent parfaitement cette amitié naissante et complexe, reposant sur un crime non résolu, et pas mal de non-dits…

📚 « Projection de l’enfance – Journal dessiné d’un éducateur mal élevé », Edition Augmentée 🇫🇷

Sur le métier d’éducateur particulièrement, il faut découvrir les livres de Pavo, un éducateur dessinateur, formé à l’école de Gotlib, Margerin, Reiser… Il a auto édité deux albums où, sur un ton très cru, sans pour autant dissimuler sa tendresse pour les enfants, il bouscule et rit de tous les clichés sur le thème. Un humour très noir à découvrir ici :

 https://www.facebook.com/lapagedepavo ou ici https://www.instagram.com/lapagedepavo.

Je ne peux évoquer ce métier sans penser immédiatement au formidable livre d’ Ivan Jablonka,

📚 « Laëtitia », Editions du Seuil, 2016 🇫🇷

Vous vous souvenez sans doute : Janvier 2011 – Laëtitia Perrais, jeune fille de 18 ans, est enlevée, sauvagement tuée, puis démembrée par Tony Meilhon. L’évocation de cette affaire conduit à se rappeler davantage du bourreau plutôt que de la victime elle-même dont on ne sait pas grand’ chose finalement. C’est à ce déséquilibre que l’auteur, historien et sociologue, cherche à remédier en procédant à une enquête minutieuse et passionnante de bout en bout. Révolté par cette affaire et ayant par le passé effectué des recherches sur les enfants retirés à leurs parents puis placés à l’ASE, Ivan Jablonka décide de raconter Laëtitia, son enfance et son adolescence loin de ses parents, dans des foyers et familles d’accueil, le milieu dans lequel elle a grandi, pour mieux comprendre de quelle manière un tel drame a pu se produire et intégrer les répercussions sociales de ce fait divers.

📚 « À corps et à cris – Être psychanalyste avec les tout-petits », Caroline Eliacheff, psychanalyste et pédopsychiatre (fille de Françoise Giroud),  Editions Odile Jacob, 2000🇫🇷

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les traumatismes vécus directement ou indirectement dans la petite enfance, si petite soit-elle, nous marquent de manière indélébile. Les enfants dont il est question dans ce livre ont été placés dès leur plus jeune âge à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en raison de drames familiaux ou sociaux et présentent des troubles fonctionnels importants, qu’on ne peut faire disparaître par des médicaments. L’auteur du livre raconte son expérience auprès de ces enfants. Étrangement, le fait de verbaliser leur histoire, de s’adresser à eux même bébés pour leur expliquer la raison pour laquelle ils se retrouvent coupés de leurs familles, permet de réduire et bien souvent supprimer tous les troubles dont ils souffrent et sur lesquels il leur est impossible de poser des mots puisqu’ils ne savent pas encore parler.

🎤Lenny Kravitz Raise Vibration Tour, 14 mai 2019, Arena, Genève

C’était la troisième fois que j’assistais à l’un de ses concerts avec une amie chère qui l’adore, Héléna Alves : toujours aussi fantastique ! Un vrai show man, doté d’une voix puissante et d’un sex appeal au rendez-vous ! Ce déhanché mythique… On va le voir pour ça, mais surtout pour ses 2h30 de rock revigorant, ses tubes qu’il enchaine et pour le traditionnel bain de foule auquel il se livre systématiquement sur « Let love rules » !

🎤Jain Souldier Tour, 25 mai 2019, Arena, Genève.
Je l’avais vu sur une petite scène il y a deux ans. Je l’ai retrouvée dans cette grande salle pour un concert savoureux, partagé avec ma fille de 11 ans dont c’était la première expérience de ce type ! Jain assure, petit bout de femme seule en scène, accompagnée de sa seule console et de ses loops. Elle nous propose un voyage musical partant de la Havane, passant par l’Afrique et allant jusqu’à Cuba. Seulement deux albums à son actif mais de nombreux tubes repris en cœur par le public et des titre inédits comme « Zombie » qu’elle présente sur scène. Déjà un grand savoir-faire de cette jeune artiste dont je vous recommande vivement les concerts !

 

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