Quelques brèves de Julie

 

 

S7 – 15 au 21 février 2021

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📀  « Les Eblouis », de Sarah Suco, avec Céleste Brunnquell, Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin, Eric Caravaca, 2019 🇫🇷

Comment faire lorsqu’à 12 ans, vos parents tombent sous l’emprise d’une secte ? Peut-on y échapper ? Est-il inéluctable d’y adhérer ? La rébellion est-elle envisageable ? Est-il possible de faire semblant ? Telles sont les questions qui vont assaillir Camille le jour où ses parents décident d’intégrer une communauté religieuse : un engagement soudain, complet auquel rien ne résiste. Prise en étau entre l’amour qu’elle leur porte et son besoin de liberté, Camille se débat comme elle peut, ménageant les uns et les autres. Elle renonce ainsi à ses cours de cirque, accepte des tenues qu’elle troque contres des vêtements qui lui ressemblent le temps du lycée… mais peu à peu, l’emprise du « berger », parfaitement interprété par Jean-Pierre Darroussin, lui devient totalement insupportable. C’est l’ « éblouissante » Céleste Brunnquell, l’une des patientes d’ « En thérapie » qui incarne très justement Camille, et Camille Cottin, sa mère, à contre-emploi de ses autres rôles, impressionnante ! Très beau film !
📺 « Losing Alice » de Sigal Avin, avec Ayelet Zurer, Lihi Kornowski, Gal Toren, 8X42 à 55’, 2021, Hot/Apple TV+ 🇮🇱
La Vie imite l’Art bien plus que l’Art n’imite la Vie” a écrit Oscar Wilde. Une citation qui ouvre l’un des épisodes de la série que j’avais repérée dans une story de

Tatiana de Rosnay. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été happée de la sorte ! Encore une réussite israélienne ! Alice a connu de grands succès en tant que réalisatrice mais a mis sa carrière entre parenthèses depuis quelques années pour s’occuper de ses enfants. Lors d’un trajet en train, elle rencontre, « par hasard », une jeune et magnétique scénariste de 24 ans, Sophie, grande admiratrice de son travail ! Les deux femmes vont se rapprocher au point qu’Alice décide de réaliser le film que Sophie a écrit avec, pour acteur principal, David, le mari d’Alice… Mais, très vite, cette dernière nourrit des doutes sur la personnalité de Sophie, dont elle soupçonne une certaine toxicité, d’autant que celle-ci s’immisce de plus en plus dans sa sphère privée… Qui manipule qui ? Une tension palpable le long de tous ces épisodes où la fiction s’invite dans la réalité, à moins que ce ne soit l’inverse ! Quelques passages croustillants, des réflexions passionnantes, comme sur ce qu’est un mauvais lecteur… Sigal Alvin signe ici un thriller psychologique prenant au plus près de femmes séduisantes et tourmentées, dans le milieu du cinéma ! Coup de ❤️

📚 « Marx et la poupée », de Maryam Madjidi, Le Nouvel Attila/J’ai lu, janvier 2017 🇫🇷

Le livre remonte à quelques années mais une interview de l’auteur à propos d’une version de ce livre pour enfants qu’elle a signée m’a donné envie d’en parler à nouveau. Un roman qui m’avait percutée par son style ! Quelle promesse pour les prochains écrits de Maryam Madjidi dont c’est ici le premier ouvrage, d’ailleurs très justement récompensé par le Goncourt du premier roman et encore par le Prix Roman Ouest-France Etonnants voyageurs !
Roman ? Pas seulement… de la poésie, des contes aussi et surtout, une grande part d’autobiographie. Car l’histoire que l’auteur relate ici, c’est la sienne, celle d’une petite fille née en Iran en 1980, dont les parents, opposants au régime de Khomeini, se sont exilés à Paris. Utilisant alternativement la narration à la première personne, ou encore à la troisième, selon la période qu’elle décrit, l’auteur nous emmène dans son enfance à Téhéran, à Paris, pour partir ensuite en Chine, au Japon et mieux revenir au présent. Jamais perdu le lecteur accompagne cette petite fille dans son cheminement, son déracinement et son intégration, parfois difficiles, en lutte entre différentes cultures.
“Marx et la poupée” nous plonge ainsi dans le réalisme de l’opposition, de l’oppression, où les tracts circulent dans les couches des bébés, où des femmes sont enlevées en pleine rue par des milices féminines chargées d’un certain maintien de l’ordre… sans que personne ne s’en émeuve. Mais servi par une plume colorée, ce livre nous enivre dans le même temps d’odeurs de cuisine orientale, de poèmes persans dépaysants, à la rencontre d’une auteur à la personnalité riche dont les talents de conteuse sont d’emblée indéniables !
Maryam Madjidi a publié une version pour enfants de ce récit : « Je m’appelle Maryam » (illustré par Claude K Dubois, Ecole des loisirs, 2019). Elle a accordé une très jolie interview à l’Association L.I.R.E. au Havre dédié à la Littérature de Jeunesse pour les enfants de 5 à 12 ans, à retrouver ici.
Siddharta
Siddharta
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