Quelques brèves de Julie

 

S19 – 10 au 16 mai 2021

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎥  « Adieu les cons », de et avec Albert Dupontel, Virginie Efira, Nicolas Marié, 2020 🇫🇷

Quand deux désespérés se rencontrent… un film déjanté, à la mode Dupontel. Il y incarne un informaticien de génie, pourtant écarté par sa hiérarchie au profit de plus jeunes. En plein burn out, il décide d’en finir sur son lieu de travail, se rate et blesse très sérieusement des collègues. Présente dans les locaux à ce moment-là, Suze Trappet est venue chercher des informations capitales : elle est sur les traces de l’enfant qu’elle a mis au monde sous X alors qu’elle était tout juste âgée de 15 ans. Condamnée à court terme par une maladie auto-immune après avoir inhalé durant des années les produits de son salon de coiffure, elle souhaite retrouver son enfant. Malgré eux, les deux s’associent dans cette quête au cours de laquelle ils vont embarquer un archiviste aveugle. Un film au rythme effréné, explosif, qui aborde autant de thèmes que le désespoir, le hacking, la naissance sous X, les violences policières… et auquel je n’ai pas réussi à adhérer. À voir tout de même, au moins pour le jeu des acteurs, très bons. Sorti en octobre 2021, juste avant le couvre-feu, le film ressort en mai sur les écrans. Il a été récompensé par 7 césars dont ceux du meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scenario.
📺 « Hippocrate » de Thomas Litli, avec Louis Bourgoin, Alice Belaïdi, Zacharie Chasseriaud, Karim Leklou, Bouli Lanners, Théo Navarro-Mussy, S2, 8X52’, 2021, Canal + 🇫🇷
J’avais beaucoup aimé la première saison de cette série qui était le prolongement du film « Première année » du même réalisateur. Cette deuxième saison a pour fil rouge le mal-être des soignants, avec l’apparition d’un nouvel interne, Igor. Cette fois-ci, ce n’est pas un virus qui va donner le ton pour commencer mais l’explosion d’une canalisation aux urgences contraignant tout le service dirigé par un nouveau personnage, le professeur Brun, à se retrancher dans le service de médecine interne. Nos internes préférés vont alors devoir prêter main forte à ce nouveau service. C’est cette désorganisation liée à un accident et ses conséquences qui a intéressé le réalisateur. La série résonne évidemment dans notre actualité où l’apparition du COVID désorganise tous les hôpitaux depuis plus d’un an, période durant laquelle le réalisateur de la série, médecin à l’origine, a d’ailleurs repris du service dans l’hôpital même où la série a été tournée. La série est marquée par un réalisme touchant : les personnages, les situations, sont criantes de vérité et le mal-être des soignants apparaît dans toutes ses dimensions. Cette deuxième saison m’a un peu moins plu que la première, peut-être l’effet surprise disparu, mais demeure de haut vol !

📚 « Pour que le soleil brille encore », de Sarah Barukh, Calmann-Lévy, mai 2021 🇫🇷

Comment se construit-on quand des pans entiers de notre propre histoire familiale ont été dissimulés ? Peut-on les ignorer quand ils émergent ou est-on nécessairement rattrapé à un moment ou à un autre ? Des questions au cœur du formidable roman de Sarah Barukh ! Sophie, parisienne, mène sa vie tambour-battant, faisant passer sa brillante carrière d’avocate avant tout, y compris sa petite fille. Un personnage que l’on découvre autoritaire, maniaque, pétrie de tocs en tous genres et par conséquent peu sympathique, si ce n’est un attachement viscéral à son père, Thiago, ancien ténor des barreaux devenu magistrat. Depuis sa plus tendre enfance, elle l’adule littéralement et entretient un lien tout à fait singulier avec lui, au point de former un clan bien distinct de celui existant entre sa mère et sa sœur, dont elle se sent exclue. Aussi, lorsque qu’un cancer de la gorge terrasse son père, le monde de Sophie vacille jusqu’à s’effondrer totalement après la découverte de documents chez ses parents, des passeports argentins… Feignant de les ignorer, les refoulant au plus profond d’elle-même, elle choisit de se noyer dans le travail mais se trouve très rapidement rattrapée par son propre corps qui lui, exprime son mal-être profond. Chronique complète de ce coup de ❤️ à découvrir ici.
Siddharta
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