Quelques brèves de Julie

 

 

S11 – 15 au 21 mars 2021

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📀  « Les Chatouilles  » de et avec Page Andréa Bescond et Éric Métayer, Karin Viard, Clovis Cornillac, Gringe, Grégory Montel, Pierre Lefèbvre de Ladonchamps, 2018 🇫🇷

Ce film est l’adaptation de la pièce des deux auteurs et raconte le drame subi par Andréa Bescond, Odette dans le film, et sa réparation. Elle a 8 ans et une passion : la danse. Mais un jour, un ami de la famille l’agresse sexuellement, régulièrement, plusieurs années durant, sous le nez des parents qui ne voient absolument rien. On la retrouve adulte, tentant de se construire, avec l’aide d’une psy, d’un homme, jusqu’à ce qu’elle porte plainte et que l’agresseur soit condamné. Un film coup de poing pour dénoncer la pédophilie, l’emprise, un film nécessaire à l’heure où la parole se libère, enfin et où une loi sur le sujet vient d’être adoptée à l’Assemblée Nationale pour mieux protéger les enfants.
Ce film est une claque, j’y ai tout aimé : au-delà de son caractère fondamental, de son importance, c’est une œuvre parfaitement réussie. Et une performance : avoir réussi à insuffler de la poésie dans ce drame. D’abord avec son titre, doux et gai pour une réalité terrible, un mot type emprunté par les agresseurs pour asseoir leur emprise sur les enfants ; grâce à la danse également, très présente ; et à une mise en scène originale où Odette revisite ses souvenirs au gré de ses discussions avec sa thérapeute. Grâce aussi au jeu des acteurs. Je les ai tous appréciés, Andréa Bescond bien sûr, impressionnante, mais aussi Karin Viard qui interprète la mère d’Odette, superbe, même si odieuse, elle n’a jamais rien compris, rien vu, c’est totalement écœurant. Elle a d’ailleurs reçu un césar pour ce second rôle. La réconciliation d’Odette avec la petite fille qu’elle était est extrêmement touchante. Une lueur d’espoir dans l’horreur absolue.
 
📺 « Laetitia » de Jean-Xavier de Lestrade, avec Marie Colomb, Sophie Breyer, Yannick Choirat, 2020, 6X45’, Salto 🇫🇷🇧🇪
Mini-série coup de 🥊 et coup de ❤️ qui est l’adaptation du formidable livre d’Ivan Jablonka, au titre identique (Seuil). Il s’agit du récit de la courte vie de Laetitia Perrais dont la disparition tragique avait défrayé la chronique en 2011. 18 ans et une vie rude, placée avec sa sœur jumelle en foyer et famille d’accueil, Laetitia était sur le point de s’en sortir et entrer dans sa vie d’adulte plus sereine. Mais elle croisa la route de Tony Meilhon, un homme récidiviste ayant lui aussi connu une enfance difficile. Très vite arrêté après la disparition de Laetitia, celui-ci n’avoua pas son crime, contraignant les forces de police à retrouver le corps de la jeune fille, dispersé. Au-delà du fait divers, la série, à la suite du livre, pointe les dysfonctionnements des services judiciaires et sociaux et apporte un éclairage à sa dimension politique. Portée par un casting impeccable, elle aborde avec une grande justesse les thèmes de la maltraitance infantile et de la violence faite aux femmes. Une série dure, très réussie !

📚 « Le cœur et le chaos », de Jennifer Murzeau, Editions Julliard, mars 2021 🇫🇷

ULTRA MODERNE SOLITUDE – Le titre d’Alain Souchon qui vient immédiatement à l’esprit après cette lecture dont je ressors « KO ». Cinquième livre de Jennifer Murzeau, « Le cœur et le chaos » bouscule. Le cadre : « Un monde qui brûle et qui s’écroule », un Paris apocalyptique, un futur quasi palpable. Il fait très chaud, le pétrole manque, une mousson chasse les rats des égouts, les pilleurs cassent les vitrines… Au cœur de ce chaos évoluent trois personnages dont les trajectoires font écho à ce chaos climatique.
🔸
Alice, la quarantaine passée, est radiologue. Depuis huit ans en couple avec Bertrand, elle refuse pourtant tout engagement avec lui. Un acte de résistance. Il l’attendrit mais elle ne l’aime pas. Alors, elle multiplie les rencontres d’un soir, devient addict à son application de rencontres, se saoule de sexe et se sent de plus en plus seule. Chronique complète ici.
Siddharta
Share This