Quelques brèves de Julie

 

 

S10 – 8 au 14 mars 2021  

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📀  « Jojo Rabbit  » de Taika Waititi, avec Roman Griffin Davis, Scarlett Johansson, Thomasin McKenzie, Taika Waiti, 2019 🇺🇸🇩🇪

Ce film est l’adaptation du roman Le Ciel en cage (Caging Skies), de Christine Leunens et a obtenu l’Oscar du meilleur scénario adapté en 2020. Jojo a 10 ans et vit en Allemagne. C’est la fin de la seconde guerre mondiale et lors d’un camp de la jeunesse hitlérienne, il est maltraité par les autres enfants. Pour se réconforter, il se réfugie avec son ami imaginaire, Hitler himself ! Il découvre alors que sa mère Rosie cache derrière un mur de chez eux, une jeune fille de 16 ans, Elsa, juive… de quoi ébranler ses fragiles certitudes. Un joli film qui présente l’intérêt de situer l’action en Allemagne sur le point de perdre la guerre et un point de vue intéressant, avec pas mal de poésie et d’émotion à la clé. À voir !
📺 « Ginny et Giorgia » de Sarah Lampert, avec Brianne Howey, Antonia Gentry, Diesel La Torraca, 10X55’, Netflix 🇺🇸
Jolie surprise que cette série, en apparence du genre feel good pour ado mais en réalité bien plus complexe. Deux héroïnes : une jeune fille de 15 ans, Ginny, et sa mère, la pétillante Georgia, de 15 ans son ainée, seulement. Après le décès du nouveau mari de Giorgia dans un accident de voiture, elle décide de s’installer à Willsbury avec Ginny et Austin, le demi-frère de Ginny dont le père est en prison.
Episode après épisode, la série gagne en intensité et on comprend que la vie de Giorgia a loin d’avoir été simple et qu’elle n’a eu qu’une idée en tête, se protéger et protéger ses enfants, quitte à tout faire, y compris des actions peu légales, jouant sans aucune hésitation de son peps et son physique… Alors que pour la première fois, après avoir régulièrement changé de ville, Ginny s’intègre, se fait des amis et tombe amoureuse, le passé sombre de Giorgia refait surface et menace le fragile équilibre qu’elle s’échine à construire. Entre drame et comédie, une pointe de suspens en plus, et un côté déjanté très séduisant, la série traite intelligemment de différents thèmes sociétaux : racisme, féminisme, homosexualité, découverte de soi, auto-mutilation… coup de ❤️
Pour l’anecdote, la série s’est attirée les foudres de Taylor Swift à la suite d’une réplique jugée sexiste par la popstar…

. 📚 « Dessiner encore », de Coco, Les Arènes BD, mars 2021

❤️ PEPITE❗️ Une lecture dont je sors bouleversée, totalement séduite par la plume de la dessinatrice de presse @cocoboer . Un écrin, doux et soyeux pour un roman graphique tout en pudeur qui évoque l’horreur du 7 janvier 2015 et la manière dont l’auteur vit avec. « Le 7 occulte tout. Je me lève 7, je vis 7, je mange 7, je dors… pas ». Un livre pour dessiner l’indicible et faire œuvre de mémoire. Coco faisait partie de la Rédaction de Charlie Hebdo. Après d’autres survivants de l’attentat, elle donne à son tour à entendre une parole forte soutenue par des dessins poignants. Elle entrelace dans ce livre les heures qui ont précédé l’attentat, l’attentat lui-même et la vie après le traumatisme, mêlant souvenirs et introspection, alternant le noir et blanc au bleu, en passant par quelques pages de couleurs : absolument somptueux !

✏️
Le 7 janvier 2015, Coco quitte la réunion de rédaction un peu plus tôt que les autres pour aller chercher sa petite fille à la garderie et c’est à ce moment-là qu’elle croise le chemin des deux terroristes qui menacent de la tuer si elle ne les conduit pas à la salle de rédaction. C’est Charb ou elle. Mue par ce qu’elle ne parvient pas à nommer, elle compose alors le code, les armes sur la tempe, et ouvre la rédaction aux deux tueurs. On imagine aisément la culpabilité des survivants, d’autant plus la concernant. Elle raconte ici comment elle vit avec, ses moyens de lutter et de quelle manière le dessin la sauve. Chronique complète ici.
Siddharta
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