Quelques brèves de Julie

 

 

S1 – 4 au 10 Janvier 2021

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

Pour la troisième année consécutive, je réponds au challenge lancé par Fabienne Blanchut il y a deux ans : proposer ici un film, une série et un livre par semaine ! Je vais y ajouter cette année un podcast du domaine culturel et, en particulier, littéraire.
Et toujours nos archives sur www.fabienne-blanchut.com et www.lapostrophee.com !
 

📺  « Soul » de Pete Docter, Pixar, avec les voix françaises d’Omar Sy et Camille Cottin, 2020, Disney + 🇺🇸

🎺Petite pépite de Noël, à voir seul ou en famille, un régal ! Dans ce dernier dessin animé de Pixar, Joe Gardner est professeur de musique dans un collège. Son rêve : jouer dans un club de jazz. C’est au moment où il en a enfin l’opportunité pour accompagner une star qu’il fait une mauvaise chute dans la rue et échoue dans ce qui est appelé le « Grand Avant » sous la forme d’un petit fantôme luminescent, un endroit fantastique où les nouvelles âmes acquièrent leur personnalité avant d’être envoyées sur Terre dans le corps de nouveaux nés. Un monde aux couleurs pastel, dirigé par des Jerry, des silhouettes bienveillantes aux allures de dessins cubistes de Picasso. Joe est décidé à retrouver sa vie terrienne et devient le mentor de 22, une âme espiègle et pleine d’esprit, qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. Mais un bug perturbe leur retour sur Terre puisque c’est 22 qui intègre le corps de Joe, tandis que celui-ci entre dans celui… d’un chat ! C’est en lui démontrant à quel point l’existence est formidable qu’il va découvrir le vrai sens de la vie. C’est beau, empli de poésie, profond… Coup de ❤️
 
📺 « Tout peut arriver », de Nancy Meyers, avec Jack Nicholson, Diane Keaton, 2004, Netflix, 🇺🇸
Un film revu récemment avec autant de plaisir que la première fois. Jack Nicholson, toujours aussi, fabuleux, joue le rôle de Harry, le directeur d’une maison de disques new-yorkaise qui ne fréquente que des jeunes filles de moins de 30 ans. Marin, l’une d’entre elles, l’invite à passer le week-end dans la maison secondaire de sa mère. Or, celle-ci débarque à l’improviste ! Dramaturge divorcée, Erica Barry ne le ménage pas. Mais victime d’un infarctus, Harry va devoir cohabiter quelques jours avec Erica… et ce qui devait arriver arriva : les deux tombent sous le charme ! Rien d’évident cependant, alors qu’Erica est l’objet de toutes les convoitises du jeune médecin ayant pris Harry en charge, joué par Keanu Reeves… Diane Keaton est elle aussi parfaite dans le rôle, drôle et touchante à souhait ❤️
 
📺 « Tout contre elle », de Gabriel le Bomin, avec Astrid Whettnall, Sophie Quinton, Patrick Timsit, 2019, Amazon Prime 🇫🇷

Une femme, Hélène, quitte précipitamment un immeuble : son amant est décédé à ses côtés. Choquée et dans un mouvement de panique, elle n’alerte personne et rentre chez elle. Elle est alors contactée par la femme de ménage de son amant qui a retrouvé ses papiers, laissés sur place lors de son départ précipité. Alice, apparemment douce, va exercer sur Hélène un chantage sans pitié, insidieux, dont personne ne peut ressortir indemne. Ce film est un duel psychologique entre ces deux femmes, bien mené, où la tension est palpable. Davantage qu’un duel, il s’agit ici de manipulation diabolique dans laquelle une femme sombre dans un enfermement, une spirale infernale. Pas un coup de cœur mais un bon moment. Ce film est tiré d’un des seuls romans de Tatiana de Rosnay que je n’ai pas lus, « Spirales », paru en 2004, et qu’il me tarde donc de découvrir ! Il semblerait que le film se soit librement inspiré du livre : les scénaristes reconnaissent avoir pris de la distance avec l’histoire originale.

 
📺 « Marcella », saisons 1 à 3, de Hans Rosenfeldt, avec Anna Friel, 24 X 57-73’, Netflix🇬🇧
Superbe découverte que cette série policière sombre et sous tension où l’on suit le parcours de Marcella Backland de Londres à Belfast. Elle avait quitté la police plusieurs années auparavant pour s’occuper de ses enfants mais après un deuil et que son mari l’ait quittée, elle décide de réintégrer son poste. Elle se consacre alors à une enquête sur une série de meurtres non résolus qui reprennent après 11 ans. Elle découvre que l’une des victimes était justement la petite amie de son mari… Une enquête compliquée par les pertes de mémoire dont souffre Marcella : des trous noirs durant lesquels elle pourrait se montrer particulièrement violente. J’ai beaucoup aimé le jeu de cette actrice toujours borderline, de plus en plus, qui se débat avec ses démons et fait du mieux qu’elle peut pour avancer. Chaque saison est consacrée à des enquêtes différentes mais il faut les voir dans l’ordre.
📺 « La chronique de Bridgerton », de Chris Van Dusen, S1, avec Phoebe Dynevor, Regé-Jean Page, Julie Andrews, 8X50’, Netflix 🇺🇸
Cette série événement de Netflix est l’adaptation de la collection éponyme de Julia Quinn, l’une des reines actuelles des romans historiques à l’eau de rose. Produite par Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy, Scandal, How to Get Away with Murder…), la série se déroule dans la haute-société londonienne lors de la Régence anglaise, en 1873. Un savant mélange de Downtown Abbey et Orgueil et préjugés, classique mais sympathique ! La saison 1 suit l’histoire de la riche famille Bridgerton et plus particulièrement de Daphne Bridgerton, la plus âgée des filles, qui fait son entrée dans le monde, à la recherche d’un mari. Les prétendants sont nombreux et, pour échapper à l’un d’entre eux, elle élabore un stratagème avec le duc de Hastings, célibataire endurci : tous deux vont prétendre être épris l’un de l’autre. Bien évidemment, à force de jouer… ce qui devait arriver arriva, sous l’œil averti de l’auteure d’une gazette à scandales, Lady Whistledown’s. Un petit bonbon anglais 🍬

📚 « Ce genre de petites choses » de Claire Keegan, Sabine Wespieser Editeur, 2020 (traduit de l’anglais – Irlande – par Jacqueline Odin).

Irlande, 1985, quelques jours avant Noël. Bill mène une vie tranquille avec sa femme Eileen et leurs cinq filles. Il travaille sans relâche, conscient de la chance qu’il a eue de grandir auprès d’une femme bienveillante n’ayant jamais rejeté sa mère alors que celle-ci le mit au monde tout juste âgée de 15 ans. Alors qu’il livre du charbon dans un couvent où « travaillent » un certain nombre de jeunes filles, il remarque alors l’état désastreux dans lequel se trouvent certaines. L’une d’entre elles le supplie de l’emmener avec lui. Désarçonné, il s’en va pourtant sans elle, non sans remarquer que tout est fait dans l’établissement pour décourager toute pensionnaire de l’envie d’en échapper… Et quand il s’en ouvre à son épouse bien aimée, celle-ci, pour la première fois, l’éconduit : « Si l’on veut avancer dans la vie, il y a des choses qu’il faut ignorer pour pouvoir continuer ».
Ce livre, signé par l’auteur irlandaise Claire Keegan, est une véritable pépite dévorée avec délice dans cette période de Noël, lors de laquelle son action se déroule. Impossible de ne pas songer à « La vie est belle » de Franck Capra, tiré des célèbres contes de Noël de Charles Dickens, d’ailleurs cité ici. Un film délicieux où James Stewart incarnait un héros au bout du rouleau, sauvé par les fantômes de son passé, de son présent et de son futur. Dans le court roman de Claire Keegan, Bill Furlong est en quête, lui aussi, d’un sens à donner à sa vie. Et c’est la rencontre avec une jeune pensionnaire d’un couvent qui va lui en donner l’occasion. Coup de ❤️ pour ce livre lumineux, profondément humain et inspirant : l’esprit de Noël… Chronique complète ici.

📚 « Contre nature » de Cathy Galliègue, Editions du Seuil, octobre 2020

« Résilience : Capacité d’un individu à supporter psychiquement les épreuves de la vie. Capacité qui lui permet de rebondir, de prendre un nouveau départ après un traumatisme ».
Une définition qu’assène Leïla aux femmes participant avec elle à l’atelier d’écriture se tenant au sein d’une prison où elle purge sa peine et dans lequel elle a encouragé deux de ses co-détenues, Pascale et Vanessa, à la rejoindre.
Mais ont-elles toutes les trois la capacité d’accéder à une telle résilience ? Si leurs personnalités et leurs parcours les ayant conduites à se rencontrer en prison sont différents, elles partagent néanmoins un profil identique : celui d’être des femmes, victimes, auxquelles les proches et la société ont tourné le dos et qui, à un moment, ont basculé en commettant l’irréparable. Dans le récit de ces vies brisées, pas de jugement de la part de Cathy Galliègue qui parvient subtilement, en adoptant la forme de roman choral, à donner enfin à entendre les voix de ces trois femmes. Chronique complète ici.
Siddharta
Siddharta
🎧 « Philosophy is sexy » – Marie Robert – Episodes de 20’ en moyenne

Vous connaissez sans aucun doute cette talentueuse professeure de lettres et de philosophie – Marie Robert –, auteur des deux best sellers « Kant tu ne sais pas quoi faire » et « Descartes pour les jours de doute » (et « Le voyage de Pénélope » tout juste paru chez Flammarion/Editions Versilio mais que je n’ai pas encore découvert…) qui, parmi ses nombreuses activités, a lancé en 2020, son podcast du nom de son pseudo sous Instagram : « Philisophy is sexy ». Chacun des épisodes est consacré à une réflexion sur une thématique philosophique, au cœur de notre quotidien : la puissance, la vulnérabilité, la rencontre, l’engagement, le sens, le dépassement de soi, l’identité… Ces écoutes sont à son image, lumineuses et apaisantes ! La philosophie à portée de tous ! Ainsi, on apprend que renoncer à sa pâte à tartiner préférée lorsque l’on découvre qu’elle est constituée d’huile de palme peut s’apparenter à de l’audace… !

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