Quelques brèves de Julie

 

 

S6 – 10 au 16 février 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📀 « Le nouveau stagiaire »  de Nancy Meyers, avec Anne Hathaway, Robert de Niro, 2015 🇺🇸
Ben, 70 ans, est veuf et souhaite pimenter sa vie en sortant de sa retraite. C’est ainsi qu’il est recruté comme « stagiaire senior » dans une entreprise de vente de vêtements par Internet, start-up créée et dirigée par une jeune femme dynamique mais inexpérimentée, Jules. Il est accepté et est rapidement apprécié par ses collègues, de jeunes décontractés, sympathiques, férus d’informatique. Et pour cause, Ben est un homme chaleureux qui prodigue de judicieux conseils et se montre rapidement indispensable par sa gentillesse et son charisme. Il devient une figure quasi paternelle pour la jeune femme. Une jolie histoire portée par des acteurs bien campés dans leurs rôles. Un bon moment de cinéma.

📺 « Baron noir » de Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, avec Kad Merad, Anna Mougladis, Niels Arestrup, 8X52’, Canal play 🇫🇷
La sortie de la saison 3 est l’occasion de découvrir cette série à côté de laquelle j’étais totalement passée. Une vraie découverte, grâce à l’interview de l’un de ses coauteurs qui m’avait interpelée https://www.franceinter.fr/…/l-…/l-instant-m-06-fevrier-2020) et une plongée en apnée au coeur du pouvoir… Philippe Rickwaert, député-maire du Nord, est le Baron noir, un homme politique tout à la fois horripilant et touchant, copinant avec tous, sincère avec aucun, sauf avec sa fille. Pas d’amitié en politique, tel est son crédo, comme celui de tous les protagonistes de cette série. Sa vie n’est constituée que d’alliances, mésalliances, rebondissements… Une série qui sonne si juste, à vous dégoûter totalement de la politique où chacun ne roule que pour lui, sans aucun idéal le plus souvent, sauf à acquérir le pouvoir : assez écœurant. Kad Merad se révèle impressionnant. Comment cet homme que l’on connaît si drôle parvient à être aussi noir, et à la fois émouvant ? Un très bon acteur, tout simplement. Anna Mougladis est également impressionnante, avec sa voix et sa beauté si singulières. Hâte de démarrer les deux saisons suivantes !

 📚 « La grand-mère de Jade », de Frédérique Deghelt, Actes Sud/J’ai lu, 2009🇫🇷
Veuve depuis quelques années, Mamoune, 80 ans, s’évanouit seule chez elle. Ses filles décident alors de la placer dans une maison de retraite médicalisée afin de la sortir de son isolement. Une vraie catastrophe pour cette femme indépendante qui a tant pris soin des autres toute sa vie, mari, enfants… Mais scénario classique malheureusement à une époque où prendre en charge à notre tour nos anciens s’avère compliqué, voire impossible.
Loin de constituer un obstacle insurmontable pour sa petite-fille de 30 ans, Jade, cet accueil va représenter bien au contraire une merveilleuse opportunité de se rapprocher et apprendre à se connaître réellement, dépassant la relation tout en tendresse qui les liait jusqu’alors. Avec l’accord de sa grand-mère, Jade vient donc la kidnapper dans sa Haute Savoie natale pour l’emmener vivre avec elle à Paris.
Frédérique Deghelt nous raconte ici de manière extrêmement touchante l’histoire d’amour d’une grand-mère et sa petite fille que les années et particulièrement les modes de vie à la campagne et à la ville contribuent à éloigner l’une de l’autre et qui pourtant, grâce à un quotidien partagé, vont vivre ensemble un moment crucial de leur vie, un passage. Prenant tour à tour le point de vue de l’une et de l’autre, l’auteur nous entraîne dans la construction d’une relation intergénérationnelle précieuse, avec en trame de fond, la passion … des livres !
Au-delà de l’amour et la tendresse qui les lie, c’est la littérature qui va sceller la complicité de Mamoune et Jade ! Alors que rien ne permettait de l’imaginer, Mamoune est en réalité, une lectrice assidue, une dévoreuse de livres, depuis qu’un hasard de la vie l’a conduite un jour à découvrir la lecture. Cette passion ne l’a plus quittée, au point de dévorer les écrits les uns après les autres, en extraire des citations toutes conciliées dans un cahier. C’était là une gageure pour une femme comme Mamoune, vivant à la montagne : l’apprentissage de la lecture n’était pas une priorité, raison pour laquelle elle a caché à tous son goût pour l’écrit. Et c’est à Jade qu’elle va livrer le secret de sa vie, Jade qui quant à elle, peine à écrire son livre et le faire publier.
Tout me touche dans ce magnifique roman de Frédérique Deghelt : tout d’abord son écriture fluide, rythmée et juste, qui sait si bien retranscrire les nuances des sentiments animant ces deux femmes. L’histoire aussi : la façon dont Mamoune et Jade prennent soin l’une de l’autre, mues par le respect, l’amour et la bienveillance. Et puis, Klimt ! Quelle surprise de voir apparaître au fil des pages ce tableau des trois âges qui m’a tant impressionnée lorsque que je l’avais découvert au complet, alors même que ses reproductions tronquent en général le 3e âge justement. Un roman doux, coloré, réconfortant, dont la chute ne laissera aucun lecteur indifférent !

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