Quelques brèves de Julie

 

 

S49 – 7 au 13 décembre 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

📺  🎥🎶« The Singing Club » de Peter Cattaneo, avec Kristin Scott Thomas, Sharon Horgan…, 2020 🇬🇧

Le réalisateur du génial « The Full Monty » récidive avec « The Singing Club » qui aurait dû sortir en salle. Mais crise sanitaire oblige, c’est sur CANAL+ qu’il peut être visionné. Les ressorts de cette comédie anglaise dramatique sont les mêmes. Pour le cadre, ce ne sont pas des hommes au chômage forcé mais des femmes de militaires. Alors que leurs maris partent en mission en Afghanistan, celles-ci doivent trouver de quoi se changer les idées, éviter de se consacrer uniquement à leurs enfants dans l’angoisse de l’appel qui leur annoncera une mauvaise nouvelle. La femme du colonel, Kate, droite dans ses bottes, a décidé d’aider la représentante des autres femmes du camp qu’elle estime un peu légère pour la tâche, un moyen de s’occuper à côté du téléachat compulsif auquel elle s’adonne et, surtout, d’éviter de trop penser à son fils, militaire à son tour et mort au combat peu de temps avant. Naît alors l’idée d’une chorale qui pourra les réunir toutes… Un très joli film, du genre feel good. C’est cousu de fil blanc mais j’aime beaucoup ❤️ À voir aussi pour Kristin Scott Thomas, parfaite!

 
📺 « The Virgin River », S2, de Sue Tenney, avec Alexandra Breckenridge, Martin Hendersen…, 10X45’, Netflix 🇺🇸
J’avais vu la première saison l’année passée et gardais le souvenir d’une série sympathique, sans plus. La saison 2 ne présente pas à mes yeux grand intérêt, à part pour se vider l’esprit entre deux autres plus engageantes ! Je ne pense pas poursuivre sur la saison 3. Pour mémoire, la série met en scène Mel. Après plusieurs traumatismes vécus à Los Angeles, elle décide de repartir à zéro et répond à une petite annonce recherchant une infirmière en Californie. Elle arrive alors dans une petite ville où elle fait rapidement connaissance avec Jack, un ancien soldat revenu lui aussi traumatisé d’Irak. Les deux vont s’épauler, se rapprocher, se reconstruire… Nous les avions quittés à la fin de la saison 1 assez perturbés : au moment où un début de quelque chose naissait entre eux, nous apprenions que l’ancienne petite amie de Jack était enceinte. La saison 2 est la suite, pas grand’ chose de nouveau.
 
📺 « Chambre 2806 : l’affaire DSK », de Jalil Lespert, 4X45-60’ 🇫🇷
♀︎Ce documentaire premier du genre réalisé par Jalil Lespert, acteur et réalisateur français, revient sur l’une des affaires les plus sulfureuses de ces dernières années.
À la tête du Fonds monétaire international (FMI) au moment où le monde tremblait des suites de la crise des subprimes, un boulevard devant lui pour devenir le président de la République française quelques années plus tard, Dominique Strauss Kahn est accusé par une femme de ménage de l’hôtel Sofitel de New York de l’avoir agressée sexuellement dans cette fameuse suite 2806.
On se souvient tous des faits et de la déflagration qu’ils connurent dans le monde entier. L’intérêt de cette mini-série ne réside pas tant dans ceux-ci que dans leur mise en perspective, 10 ans plus tard, seulement, à l’aune du mouvement #MeToo consécutif à aux accusations dont H. Weinstein a fait l’objet, né bien après cette affaire et dont elle apparaît clairement comme précurseur. Si DSK a dû démissionner du FMI et renoncer à sa carrière politique française, si une transaction au civil a bien eu lieu, il est sorti blanchi du procès pénal. Ces quatre épisodes retracent minutieusement l’affaire, de manière neutre et objective me semble-t-il, éclairant chacun des arguments en présence et interrogent : comment un homme si brillant a-t-il pu prendre autant de risques, s’exposer, fauter et chuter ? « Nous ne sommes pas toujours admirables du matin au soir et du soir au matin. Parfois nous dérapons, parfois nous mentons, parfois nous trompons, ça c’est la nature humaine et il faut l’accepter » dit son avocat Richard Malka s’exprimant à propos de l’affaire du Carlton (et pas du Sofitel…).
Un documentaire fort construit sans voix off, reposant sur les témoignages de la plupart des personnes impliquées, y compris la plaignante new-yorkaise, ou encore Tristane Banon à l’origine d’une plainte pour des faits similaires s’étant produits en France quelques années avant New York. Manque parmi les témoignages celui du principal concerné qui a refusé de s’exprimer ici et a fait savoir qu’il envisageait à son tour de donner sa version des faits dans un documentaire à paraître à l’automne 2021. Une mini-série à voir pour mesurer le chemin parcouru en 10 ans : mœurs, parole de la victime et des femmes en général, traitement médiatique d’une telle affaire, cela n’aurait sans doute plus rien à voir si l’affaire était révélée aujourd’hui.

📚 « Les imbattables » de Sarah Maeght, Éditions JC Lattes/Le Masque, septembre 2020

👩‍👦Quand deux solitudes se rencontrent, il peut en naître une jolie histoire. C’est celle que nous raconte Sarah Maeght dans son deuxième roman, Les Imbattables, et avec laquelle elle nous offre un joli moment de lecture, empli de tendresse. Victoire est étudiante en lettres à Paris et rêve d’aller dans une université américaine. Sans soutien familial aucun, ni affectif ni financier…, elle assure le baby-sitting d’un petit garçon de 9 ans lors de son temps libre. Dès les premières pages, le ton est donné : une jolie complicité lie les deux. Loin d’être déstabilisée par le caractère de Basile, très pointilleux et exigeant et dont l’univers divisé entre choses dignes et indignes tourne autour de Jacques Prévert, Victoire lui donne l’attention dont celui-ci ne bénéficie pas toujours auprès d’une maman très occupée. Mais un matin, alors qu’il s’apprête à partir en voyage scolaire avec sa classe, Victoire arrive en retard pour accompagner Basile qui manque son bus. Sa mère étant en déplacement à l’étranger pour quelques jours, les deux sont contraints à devoir partager ce temps ensemble, l’occasion de mieux se découvrir encore et tisser des liens très forts entre eux. Isolés dans leurs vies respectives, ils vont, au contact l’un de l’autre, s’apporter toute la force précieuse et nécessaire pour affronter un quotidien loin d’être simple.
Sarah Maeght donne corps, avec ce livre, à des personnages très touchants et auxquels on s’attache d’emblée. Une histoire douce et réconfortante, très plaisante et que je recommande vivement en cette période si particulière.
Siddharta
Share This