Quelques brèves de Julie

 

 

S14 – 6 au 12 avril 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Avant toi » de Thea Sharrock, avec Emilia Clarke et Sam Clafin, 2016

Le film idéal à voir si vous avez envie de romantisme et de verser quelques larmes, beaucoup de larmes ! Will Traynor a tout du beau gosse qui réussit : un appartement à New York, un travail dans la finance, une jolie petite amie… mais un malheureusement accident le rend tétraplégique. À peine âgé de trente ans et son avenir se trouve anéanti. Ses riches parents l’installent auprès d’eux dans la campagne anglaise et recrutent, en dernier recours, une jeune fille pour s’occuper de lui et, principalement, le divertir et lui redonner goût à la vie, lui faire oublier son envie d’en finir. Louisa Clark, elle, est la chic fille : généreuse, jolie, issue d’un milieu modeste. Elle se contente du peu qu’elle a et prend à cœur son travail. Elle invente alors toutes sortes d’activités, de sorties, pour redonner le sourire à Will. Evidemment, les deux finissent par se plaire. Cela sera-t-il suffisant pour faire passer à Will son envie de mettre un terme à sa vie ? Un joli film pétri de bons sentiments, mais ça fonctionne ! Je n’ai en revanche pas lu le livre de Jojo Moyes dont ce film est l’adaptation. Gros succès littéraire, de même que les livres qui ont suivi !

📺 « Grace et Frankie » de Marta Kauffman et Howaed J. Morris, avec Jane Fonda, Lily Tomlin, Sam Waterston, Martin Sheen, 6 saisons, 48 X 27’, Netflix

Grace et Frankie, 70 ans chacune, apprennent que leurs époux, avocats dans le même cabinet, ont décidé de les quitter et de vivre leur amour au grand jour ! Passé le choc, les deux femmes emménagent elles aussi ensemble même si toutes deux sont très différentes, l’une est une femme d’affaire et l’autre une hippie. une multitude d’histoires farfelues, et qui finit par unir Grace, une femme d’affaires à Frankie une hippie. Des situations cocasses, de bon dialogues… Pas un coup de cœur mais pas désagréable !

📚 « Le Lambeau », de Philippe Lançon, 2018, Gallimard/Folio  

Cela fait des jours que je tourne autour des quelques mots à écrire à propos de ce livre. Je l’avais lu à sa sortie, rapidement, trop. Tout a été dit sur ce récit autobiographique exceptionnel, récompensé par le prix Fémina et un prix Renaudot « spécial ». Et l’envie de le relire, à la lueur de la situation que nous vivons actuellement, s’est manifestée, vivement. Une remise en perspective du confinement que nous vivons au regard de l’enfermement vécu par cet homme dans un corps qui s’est brutalement métamorphosé à la suite de l’attentat de Charlie Hebdo.
En quelques mots, si vous ignoreriez de quoi il s’agit, Philippe Lançon est journaliste, chroniqueur littéraire. Il participait à la conférence de rédaction du journal satirique ce matin du 7 janvier 2015 lorsque les terroristes y ont surgi, tuant plusieurs d’entre eux, en blessant d’autres. Philippe Lançon a survécu, mais très gravement blessé, le bas de son visage ayant été emporté par des balles. Il raconte, dans ce livre, la manière dont il a vécu l’attentat et sa reconstruction, passant par la greffe d’un lambeau ayant redonné forme à son visage. Ce récit est l’un des plus forts que j’ai pu lire, pour la manière dont il décrit l’atrocité de l’intérieur, mais surtout pour celle dont il évoque la réappropriation d’un corps qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était, la reconstruction d’un corps avec un esprit qui lui aussi a été irrémédiablement marqué. Ce retour dans le monde des vivants n’a été rendu possible que grâce à une personnalité absolument exceptionnelle mais également à un personnel soignant auquel Philippe Lançon rend un vibrant hommage dans ce livre, et à l’art, sous différentes formes, auxquelles il s’est montré immédiatement sensible. 
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