Quelques brèves de Julie

 

 

S17 – 27 avril au 3 mai 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

💿 « Le prince oublié » de Michel Hazanavicius, avec Omar Sy, Bérénice Bejo, François Damiens, 2020 🇫🇷
Un père veuf raconte chaque soir à sa fille Sofia une histoire qu’il invente. Il crée pour elle tout un univers imaginaire. Dans ses récits extraordinaires, l’héroïne est toujours la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Jusqu’au jour où la petite fait comprendre à son père qu’elle peut s’inventer elle-même des histoires…Touchant et poétique. Mais pas exceptionnel non plus.

📀 « Rebelles » de Alain Mauduit, avec Cécile de France, Yolande Moreau et Audrey Lamy, 2019 🇫🇷
Très jolie surprise que cette comédie totalement loufoque et rafraichissante ! Elle me faisait envie depuis sa sortie, pour le casting, et puis aussi pour le fait que l’action se déroule à Boulogne-sur-Mer, ville d’origine d’une partie de ma famille à laquelle je pense toujours avec pas mal de nostalgie. Un début de film totalement dingue et assez peu… ragoutant… En fait, c’est un film clairement… rock’n roll, une comédie déjantée comme j’aime. Pas mal d’invraisemblances mais ce n’est pas l’essentiel. Sans boulot ni diplôme, Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais, revient s’installer chez sa mère après 15 ans sur la Côte d’Azur. Embauchée à la conserverie locale, elle repousse vigoureusement les avances de son chef et le tue accidentellement. Deux autres filles ont été témoins de la scène. Alors qu’elles s’apprêtent à appeler les secours, les trois ouvrières découvrent un sac plein de billets dans le casier du mort. Une fortune qu’elles décident de se partager. C’est là que leurs ennuis commencent… Les trois actrices sont au top dans des styles très différents. Un petit air de Tarantino à la mode du Nord ❤️ Bang bang ❤️

📺 « Unorthodox » de Maria Schrader avec Shira Haas, Amit Rahav et Jeff Wilbusch 4 X 60´ Netflix
Gros coup de ❤️pour cette mini-série absolument géniale qui s’inspire d’une histoire vraie, celle de Déborah Feldman. Esther Shapiro – dite Etsy – a tout juste 19 ans. Pourtant, son avenir est totalement bouché. Elle vit au sein d’une communauté juive ultra orthodoxe, à Williamsburg, dans le quartier de Brooklyn. Elle y étouffe littéralement, en particulier depuis son mariage arrangé avec Yanke où tous ses faits et gestes sont scrutés à la loupe, sa belle-mère n’attendant qu’une seule chose, l’arrivée d’un enfant. Les femmes, dans cette communauté, ne semblent vouées qu’à cela, se reproduire. Pour le reste, rien. Or, Etsy a toujours été un peu à part et malgré des efforts sincères, n’est pas parvenue à se fondre totalement dans cette communauté. Elle a toujours rêvé d’ailleurs et de musique… Alors un beau jour, elle fuit, sans bagages, et part à Berlin où sa mère vit après avoir elle aussi quitté brutalement la communauté. Mais apprenant qu’elle est (enfin !) enceinte, son mari et un cousin de celui-ci partent à sa recherche. J’ai adoré la construction de cette série qui alterne entre la vie d’Etsy au sein de la communauté et sa vie à Berlin. Shira Haas compose à merveille ce personnage balloté, en quête de liberté. On vibre avec elle à Berlin, on frémit aussi quand elle est à New-York. Certaines scènes sont absolument glaçantes. Parmi elles, celles où on lui rase les cheveux… À voir absolument !

📚 « Exils suivi de femmes amoureuses », de Mélanie Chappuis, BSN Press, mars 2000🇨🇭
Ce nouvel opus Mélanie Chappuis, auteur genevoise que j’apprécie beaucoup, réunit deux thèmes qui lui sont chers : tout d’abord l’exil, qu’elle connaît bien pour avoir vécu elle aussi plusieurs années à l’étranger, en particulier en tant qu’expatriée au Guatemala, au Nigeria, en Argentine… La quinzaine de personnages qui s’y expriment explorent, à leur manière, les différents types de déracinements possibles ; et deuxième sujet de prédilection de Mélanie, les femmes, présentes dans plusieurs de ses ouvrages, et qu’elle décline ici comme autant de nuances d’amours possibles.
Sont publiés dans ce recueil les textes qui constituent le spectacle qu’elle a créé avec le chanteur romand Jérémie Kiesling ainsi que ceux de « Femmes amoureuses », une pièce de théâtre. Tous ces monologues ont été écrits pour être dits. Comment alors les faire vivre quand il n’est plus envisageable de les jouer devant un public ? En lui en livrant une lecture ! Depuis le début du confinement, Mélanie en lit ainsi des extraits, face caméra, qu’elle poste sur les réseaux tous les deux jours. Plus que des lectures, elle en réalise de véritables interprétations ! Des mots susurrés, chuchotés, affirmés qui cueillent l’auditeur/lecteur en toute intimité. Mélanie Chappuis apparaît au fil des jours, avec ou sans lunettes, maquillée ou pas, en noir ou blanc ou en couleurs… Des lectures au gré de ses humeurs qui épousent si bien ses mots, parfois même accompagnés musicalement ! Des lectures qu’elle poursuit avec des extraits de l’un de ses précédents recueils de nouvelles « Ô vous, sœurs humaines ». Les lecteurs bénéficient ainsi d’une version enrichie des textes éclairés par l’intention de leur auteur. Quand le confinement se révèle délicieux…

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