Quelques brèves de Fabienne

 

S47 – 18 au 24 novembre 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Hors norme » de Olivier Nakache et Eric Toledano avec Vincent Cassel et Reda Kateb, 2019 🇫🇷
Bruno et Malik vivent depuis vingt ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés ‘d’hyper complexes’. Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.
Le récit, salué par la critique et le public, est porté par deux magnifiques acteurs mais je suis restée plutôt en retrait. Avec le recul, je pense que ce qui m’a gêné, c’est que les moments « comiques » étaient suscités à chaque fois par l’acte d’un jeune autiste et que je me sentais mal d’en rire. Sinon, jamais le film ne tombe dans le pathos et c’est beau de voir des éducateurs avec autant d’amour et de foi.
Une mention spéciale à Hélène Vincent que j’adore et qui interprète la mère du jeune autiste fasciné par les signaux d’alarme.

À voir ou à revoir : 

📀 « La firme » de Sydney Pollack avec Tom Cruise, Jeanne Tripolehorn, Holly Hunter et Gene Hackman 🇺🇸 1993
Mitch McDeere, un jeune avocat prometteur, déménage dans le Tennessee après avoir été embauché par une petite firme de Memphis. La compagnie est aux petits soins avec son nouvel employé. Peu à peu, Mitch découvre l’envers de la médaille et la vraie nature des clients de la firme.
Adapté d’un roman de John Grisham, ce film a évidemment été un succès en salles. Évidemment car Pollack est au mieux de sa forme, que le casting est impeccable et que le scénario est bien ficelé (moins riche que le roman) et ne comporte que très peu d’invraisemblances. Revu cette semaine parce que j’étais en panne de séries (c’est réglé), j’ai, à nouveau, passé un bon moment. Pour les aficionados du genre !

📺 « Pose » S2 de Ryan Murphy avec Dominique Jackson, MJ Rodriguez, Billy Porter… 2 saisons 18 X 58-78’. Netflix 🇺🇸🏳️‍🌈
1990. New York, et le monde, dansent au rythme de Vogue. Le hit de Madonna fait d’un coup du voguing, et de la culture des ballrooms un phénomène pop planétaire. Pour Blanca, et ses protégés de la maison Evangelista, un nouveau champ des possibles s’ouvre. Mais c’est sans compter avec l’épidémie de Sida qui décime la communauté gay et trans. Dans l’indifférence. Un groupe de militants s’organise alors pour faire entendre la voix des malades… Il s’appelle Act up.
Avec sa deuxième saison, « Pose » atténue les scènes flamboyantes qui ont participé à son succès pour mettre les tragédies de la communauté LGBTQ+ au cœur de son discours. Évidemment le sida 🦠 sévit et méchamment.
En deçà de la S1 car cette saison souffre de pas mal de longueurs mais qu’importe… il faut la voir. Et comme il y aura une S3, donnez lui sa chance si vous ne l’avez pas encore vue ! POSE ! ❤️

Rattrapage pour vous :

📺 « La Belle et la Bête » de Ron Koslow avec Linda Hamilton, Ron Perlman et Roy Dotrice. 3 saisons. 56 X 45’. CBS 🇺🇸. 1987
Cette série, librement adaptée du conte éponyme écrit par Madame Leprince de Beaumont en 1757, raconte l’amour impossible entre Vincent, un homme-lion vivant caché dans le monde d’En-bas, et Catherine, avocate dans le monde d’En-Haut.
Cette (très vieille) série m’a beaucoup marquée à l’adolescence et retranscrivait tout ce que je ressentais sur la manière de vivre un amour absolu et impossible. Ah le romantisme… Et la voix off du début, je peux la réciter encore par cœur aujourd’hui.
« C’est ici que les puissants et les riches règnent. C’est son monde. Un monde loin du mien. Elle s’appelait Catherine. Dès que je l’ai vue, elle s’est emparée de mon cœur, de part sa beauté, sa chaleur et son courage. J’ai su, dès lors et pour toujours qu’elle allait changer ma vie à jamais. Il vient d’un endroit secret, sous les rues de la ville. Il protège son visage des étrangers, à l’abri de la haine et de la rancoeur. Il m’a amenée là-bas pour me sauver la vie et maintenant, où que j’aille, son esprit m’accompagne. Notre lien est plus fort que l’amitié ou l’amour. Et même séparés, nous serons toujours réunis ».
Alors ça si ce n’est pas de l’amour ❤️ je n’y connais rien !
La page Wikipedia consacrée à cette série est très bien documentée… je vous mets un aperçu ici. La Belle et la Bête de Ron Koslow est un conte qui nous parle du désir et du manque, de la peur de soi et des autres, des conséquences terribles de la violence sur les victimes mais aussi sur ses auteurs. C’est un grand projet éthique, valable de façon intangible aujourd’hui comme hier, soutenu par l’existence secrète, au cœur de Manhattan, dans les souterrains de Central Park, d’un monde utopique qui pratique la fraternité, la poésie et des rites. Sous l’égide d’une figure iconique, un amoureux des livres issu du vieux monde, Father et autour d’un être merveilleux dont nul ne sait d’où il vient qui la protège mais qu’elle doit aussi protéger, une communauté d’exclus s’est trouvée une raison de vivre et des règles pour survivre.
Vincent, le héros au visage de lion, incarne à la fois le Bien et le Mal et s’avère aussi une figure particulièrement marquante du désir, le sien propre et celui que les autres projettent sur lui. La poésie, omniprésente dans les titres des épisodes, lue à voix haute par les principaux personnages, les décors baroques et splendides, la musique, donnent un ton exceptionnel à ce récit quasiment légendaire qui rend son âme à une grande ville du monde moderne.
Le projet initial fut malheureusement interrompu à partir de la troisième saison. En effet, la chaîne ayant décidé de ne programmer qu’une douzaine d’épisodes, l’actrice principale, Linda Hamilton, put quitter la série, ce qu’elle souhaitait depuis quelque temps. Les auteurs ou les producteurs firent mourir son personnage et tentèrent de le remplacer par une autre.
Les douze derniers épisodes sont écrits avec un tout autre ton : moins de drame et plus de pragmatisme, plus d’action et moins d’introspection, moins de douceur et plus de douleur, moins de rêve en somme. La plupart des fans de la première heure n’acceptèrent pas la fameuse scène sur le toit qui vit mourir Catherine. Mais ces épisodes sont bien écrits, bien réalisés, bien joués et ils eurent et ont encore leur public.
Dix-sept ans plus tard, plusieurs conventions où l’on peut rencontrer une partie du casting d’antan dont le toujours fêté Ron Perlman, la Bête, ont eu lieu. Une fête Online annuelle relayée par de nombreux sites, des forums, des productions artistiques, des écrits sont mis en ligne par une communauté réduite mais vivante et active. Une part de l’activité consiste, avec l’accord des auteurs, à scanner des textes parus sous forme de fanzines dans les années 1990, mais il en arrive aussi régulièrement de nouveaux.
La fanfiction s’acharne majoritairement à nier la troisième saison et à raconter l’évolution de la relation de Catherine et Vincent, si malencontreusement interrompue. Si certains développements domestiques font parfois sourire (mariage, maisons, enfants), beaucoup, avant d’arriver à la fin heureuse attendue par tous les fans, traitent du drame intérieur des personnages avec une invention, une sensibilité, une compréhension de la série et une qualité de plume qu’il faut souligner. Un certain nombre rend compte de la dimension érotique du personnage de la Bête avec un talent indéniable. Beaucoup de ces œuvres sont relues, corrigées, éditées par d’autres fans écrivains ou non, preuve de la vitalité de la fandom et garantie d’un bon niveau d’écriture.

📷📸 « INTIMATE​ » Expo photos De Laurent de Broca, au Harmon House, chaussée de Charleroi.
Jusqu’au 6 janvier pour les admirer.

 

📚 « Roland est mort », de Nicolas Robin. Anne Carrière / Livre de poche, 2016 🇫🇷
Roland est mort. Quand les sapeurs-pompiers l’ont retrouvé, il avait la tête dans la gamelle du chien. Son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul, ne le connaissait pas vraiment. Il aurait dû s’en douter : il n’entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur. C’est lui qui hérite du chien, puis de l’urne contenant les cendres du défunt. Qu’en faire ? Le voisin va tout tenter pour s’en débarrasser, mais en a-t-il vraiment envie ?
Je ne connaissais pas Nicolas ni son écriture… Je ne le connais toujours pas (en vrai) mais maintenant son écriture si, et elle fait du bien !
Un roman à la fois tendre et grinçant sur la solitude générée par les grandes villes, sur les missions qu’on nous assigne et sur les cœurs énormes qui se cachent souvent derrière des apparences trompeuses. Il y a de belles trouvailles, des expressions qui font mouche et des petites choses glissées ça et là qu’on lit sans y prendre garde et qui d’un coup ressurgissent car elles parlent de nous au fond… J’ai aimé les débuts de chapitres qui commencent toujours par : Roland est mort. J’ai aimé les tics et les tocs de son anti-héros que j’ai pris en sympathie, un peu comme un cousin paumé… Un roman qui donne le sourire (si, si) et que je vous conseille d’offrir. À Noël 🎄 pourquoi pas ? Et après aussi… Coup de ❤️

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