Quelques brèves de Fabienne

 

S33 – 12 au 18 août 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Once upon a time in Hollywood » (de Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Leonardo di Caprio, Margot Robbie, Al Pacino…2019 🇺🇸.
En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus…
9e film de Tarantino, autant le dire tout de suite, je ne suis pas une fan du réalisateur mais vu le casting, vu l’époque, vu le lieu, il m’était impossible de faire l’impasse. D’autant qu’il se peut, si le réalisateur reste fidèle à ces annonces, que ce film soit son avant-dernier.
Alors que dire ? Qu’en dire ?
La reconstitution est géniale et les comédiens fabuleux, Di Caprio sans doute le plus doué de sa génération. Mais contrairement à un Lynch, oui, je parle de Mulholland Drive, le scénario est inexistant. Hugues Dayez, journaliste ciné belge, dit justement : « Tarantino, tel un collectionneur compulsif et manique nous ouvre sa boite à souvenirs »… effectivement, tout est méticuleux dans la reconstitution mais n’a t-il pas omis d’alimenter le scénario ? Là encore, je rejoins le journaliste. Les fans adoreront la fin qui porte définitivement la marque violente du réalisateur et l’on se laisse (sur)prendre par l’uchronie, qui clôture le long métrage par une pirouette. Donc je n’ai ni aimé, ni détesté et il ne tient qu’à vous de vous faire votre propre opinion. Bienvenue à Hollywood !

📀 « Coup de foudre » (rebaptisé Entre Nous pour la version internationale) de Diane Kurys avec Isabelle Huppert, Miou-Miou, Jean-Pierre Bacri… 🇫🇷 🏳️‍🌈1983.
L’histoire décrit la rencontre puis l’amitié entre deux femmes (Léna et Madeleine) que tout oppose, l’une artiste tourmentée, l’autre petite bourgeoise conformiste aux rêves imprécis, au lendemain d’une Seconde Guerre mondiale lourde de drames intimes pour les deux femmes, amitié qui fera exploser le couple de chacune d’elles.
La réalisatrice s’est inspirée de l’histoire de ses parents pour écrire et diriger ce film qui reste un des plus beaux films d’amour lesbien.
On ne retient pas assez comme lieu de retrouvailles le jardin de son enfance… ❤️🌳🌲

📺 « Orange is the New Black » De Jenjy Cohan avec Laura Prépon, Natasha Lyonne, Taylor Schilling, Uzo Aduba, Taryn Manning, Danielle Brooks et toutes les autres. Netflix, S7. 13 épisodes à durée très variable. 🇺🇸

La saison 6 se terminait avec la fin de l’émeute organisée par les détenues. Une prise d’otage qui a fait son lot de victimes et dont les conséquences sont pour certaines des plus terribles. Taystee (Danielle Brooks), accusée à tort d’avoir tué le garde Piscatella se voit condamnée à perpétuée. Red (Kate Mulgrew), enfermée dans le trou, perd sa crinière rouge mais également la boule. Daya (Dasha Polanco) quant à elle devient la nouvelle caïd et gère le trafic de drogue de la prison…
De manière plus positive, Piper, fraîchement mariée à Alex, est enfin sortie de prison. Nouvelle chance, nouvelle vie mais aussi nouvelles règles pour elle. Etre en période de probation n’est pas si simple, et l’étiquette d’ex-taularde lui vaut les regards et jugements des autres au quotidien. De plus, sa relation à distance avec Alex risque de ne pas faire long feu lorsqu’une belle rousse prénommée Zelda (Alicia Witt) commence à lui tourner autour… Du côté des gardiens et de l’administration, c’est une vrai partie de chaises musicales. Fig se fait virer et c’est miraculeusement Tamika Ward qui reprend les commandes de la prison, pleine de nouvelles idées progressistes. Ses espoirs de rendre la vie des détenues plus appréciables va se confronter à la dure réalité du capitalisme. Rien de nouveau non plus du côté des gardiens les plus corrompus, qui continuent leurs trafics sans conséquences…
La série s’achève sur un générique de fin assez émotionnel pour les actrices de la série, qui nous donnerait envie de tout revoir. 
Cette saison est terrible, réaliste, engagée, plus politique aussi et tellement triste… mais quel final ! Je me suis abonnée à Netflix il y a 7 ans pour cette série autant dire que je ne suis pas déçue ! Coup de ❤️ ! À voir et à revoir. Évidemment mon cœur va à Alex et Piper 👩🏻👩🏼
C’est toujours triste de dire au revoir à des « personnages » qu’on aime…

Rattrapage pour vous :

📺 « Les Tudors » de Michael Hirst avec Jonathan Rhys Meyers, Maria Doyle Kennedy, Natalie Dormer et Henry Cavill. Série 🇺🇸🇨🇦🇮🇪 4 saisons. 38 X 52’. 2007-2010.
La splendeur et les frasques de la cour royale de l’Angleterre du 16e siècle. prennent vie sous nos yeux dans cette série qui met en scène le célèbre roi Henri VIII. 
À l’époque, j’avais adoré cette série. Les décors, les costumes, les comédiens. Historienne de formation, je me souviens m’être dit que si j’avais été prof, j’aurais proposé des séances de visionnage à mes élèves ! Mille fois mieux que Rome où je me suis profondément enquiquinée et pourtant l’Antiquité a toujours eu plus d’attrait sur moi que la période Moderne. Comme quoi… coup de ❤️. Mais attention, si se peut que la série ait mal vieilli, je ne l’ai pas re-regardée.

📚 « Daddy Love », de Joyce Carol Oates. Philippe Rey/Points, 2016🇺🇸🇫🇷.
Avec Daddy Love, Oates emmène son lecteur aux frontières de l’horreur. Une horreur qui commence dans le centre commercial où Robbie, cinq ans, l’enfant chéri des Whitcomb, est enlevé sous les yeux de sa mère. Le ravisseur, un technicien du kidnapping, collectionne les petits garçons dont il se débarrasse dès qu’ils atteignent onze ou douze ans. Devenu   « Gideon », Robbie va ainsi passer sept ans à « obéir » à Daddy Love afin de survivre aux traitements abominables que celui-ci lui fait subir. Mais qui est Daddy Love ? Un homme charmant du nom de Chet Cash. Pasteur itinérant de l’Église de l’espoir impérissable, dont les prêches subjuguent l’assistance, c’est aussi un citoyen actif et estimé du village de Kittatinny Falls, un artiste admiré faisant commerce d’objets en macramé (fabriqués par Gideon), un homme que les femmes trouvent irrésistible. Tandis qu’il continue allègrement « d’éduquer » ses proies. Et puis, soudain, le ciel ayant enfin, semble-t-il, décidé de se pencher sur cette affaire, Daddy Love est arrêté, Robbie retrouve sa famille. En apparence tout se passe bien… En apparence seulement, car pour nous faire vivre ce retour, Oates déploie de nouveau les raffinements d’une cruauté ravageuse que le lecteur ne manquera pas d’apprécier tout en se posant la question : redevient-on un être normal après sept ans d’intimité avec un monstre ? Une intimité qui a par instants des résonances de complicité ?…
Alors que paraît tout juste son dernier pour la rentrée littéraire, je me suis fait plaisir avec un autre de ses romans, dans ma bibliothèque depuis longtemps et injustement boudé. J’ai aimé la construction de ce livre et en particulier les 5 premiers chapitres. Répétitifs. Juste 2-3 changements de perception. Comme ce film que l’on se repasse sans cesse quand un événement traumatisant survient. Chapeau beau à cette géante de la littérature mondiale et coup de ❤️ évidemment !

Retour sur une visite de début août :

🎟 La Villa Cavrois (Croix), les jardins Mallet-Stevens et le Musée de la Piscine (Roubaix) département 59

Paul Cavrois (1890-1965) est un industriel textile du Nord qui possède des usines modernes de filature, de tissage et de teinture du coton et de la laine. Il achète, au début des années 1920, un terrain situé sur la colline de Beaumont, dans la commune de Croix, à quelques kilomètres de Roubaix, pour y construire une demeure capable d’accueillir sa famille de 7 enfants et le personnel de service. À l’origine, le projet de construction devait être piloté par l’architecte et urbaniste Jacques Gréber qui lui propose une maison de style néo-régionaliste très en vogue dans cette période-là. Paul Cavrois sollicite finalement Robert Mallet-Stevens après avoir découvert son travail lors de l’exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, notamment la villa Noailles. Les propriétaires laissent pleins pouvoirs à l’architecte sur le projet de leur demeure, qui, pour la première fois dans sa carrière peut s’occuper de la réalisation dans ses moindres détails. La villa est conçue par Mallet-Stevens comme une œuvre d’art totale et représente l’aboutissement de ses préoccupations tant esthétiques que techniques. Après trois ans de travaux, la villa est inaugurée le 5 juillet 1932 lors du mariage de Geneviève Cavrois, la fille aînée du couple Cavrois[5]. À son achèvement la villa étonne par sa hardiesse et sa modernité et son style rompt totalement avec celui des demeures de la même époque qui lui sont voisines. Le programme de cet édifice commandé en 1929 est clair : « air, lumière, travail, sports, hygiène, confort et économie ».

La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent, qui a ouvert ses portes le 21 octobre 2001 est implantée sur le site de l’ancienne piscine Art Déco qui à l’initiative du maire Jean-Baptiste Lebas a été bâtie entre 1927 et 1932 selon les plans de l’architecte lillois Albert Baert (1863-1951). Aujourd’hui inscrite au patrimoine du XXe siècle, cette piscine offrait à l’époque un service sportif et hygiénique de grande qualité, doté d’un fonctionnement social innovant qui présentait l’image d’une équipe municipale issue du monde ouvrier et capable de promouvoir des projets d’exception et de prestige.
En octobre 1932, à l’ouverture, la piscine apparaît alors comme un programme politique et social. En effet, par la beauté et l’efficacité du lieu, il y a naissance d’un rationalisme théâtral.
La piscine est conçue comme un sanctuaire de l’hygiénisme en réponse aux difficiles de vie des populations ouvrières. Elle occupe une parcelle en cœur d’îlot, un ancien jardin d’agrément, dessiné pour une famille du patronat textile. Albert Baert a multiplié dans le plan et le décor de l’équipement, des éléments symboliques qui contribuent au charme et à l’intérêt du site. Réinterprétant dans un esprit néobyzantin, le plan des abbayes cisterciennes, le bâtiment s’organise autour d’un jardin claustral. La grande nef basilicale du bassin, éclairée de vitraux qui symbolisent le soleil levant et le soleil couchant, tient lieu de chapelle abbatiale. Les ailes de baignoires se répartissent sur deux étages en petites cellules, qui rythment les façades sur jardin. La cafétéria ou « le réfectoire des nageurs » s’incruste dans ce dispositif où, comble du luxe, on aménage également un salon de coiffure, de manucure et de pédicure, des bains de vapeur et une laverie industrielle…
On comprend dès lors le succès de cet équipement, seule piscine olympique d’une agglomération de plusieurs centaines de milliers d’habitants. Dans une ville de forte fracture sociale, cet espace de vie et de mélange social sera le seul lieu de rencontres où, pendant des décennies, les enfants du patronat et le monde des courées cohabiteront réellement.
La piscine est fermée au public en 1985 et on décide alors de la réhabilité en musée. Les travaux commenceront en 1998 et s’achèveront en 2001.

Les jardins Mallet Stevens s’étendent sur 2,5 hectares à Croix dans le nord de la France, pour honorer la mémoire du célèbre architecte Robert Mallet-Stevens. Leur aménagement a été confié au cabinet d’architectes-paysagistes Urba Folia, l’entreprise Norenvert et Bois et Loisirs.
Les jardins sont constitués d’une allée principale filant jusqu’à un théâtre de verdure qui trône à l’autre bout de l’entrée.

Que d’émerveillements lors de ces 3 visites sur une seule et même journée dans la région lilloise. Je ne peux que vous encourager à y aller, je vous promets que vous ne serez pas déçus. Pensez à acheter le billet duo pour 15,5 € par adulte. Ils sont valables pendant 1 mois et non nominatifs.

Sinon que dire, à la villa Cavrois, je me serais bien installée pour une durée indéterminée dans l’aile parentale, au Musée de la Piscine je serais bien répartie avec une sculpture de Camille Claudel, un marcheur de Giacometti, une assiette de Picasso ou encore un tableau de Rémy Cogghe. Un peintre belge dont j’ignorais l’existence et dont je suis tombée amoureuse de l’œuvre. Et puis terminer la journée par une petite virée dans le vieux Lille, c’est toujours agréable !

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