Quelques brèves de Fabienne

 

S28 – 8 au 14 juin 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Zombi child » de Bertrand Bonello avec Louise Labeque et Wislanda Louimat 🇫🇷.
Haïti, 1962. Un homme est ramené d’entre les morts pour être envoyé de force dans l’enfer des plantations de canne à sucre. 55 ans plus tard, au prestigieux pensionnat de la Légion d’honneur à Paris, une adolescente haïtienne confie à ses nouvelles amies le secret qui hante sa famille. Elle est loin de se douter que ces mystères vont persuader l’une d’entre elles, en proie à un chagrin d’amour, à commettre l’irréparable.
Un film sur deux époques avec pour lien la petite fille d’un mort-vivant. Une ambiance singulière et souvent inquiétante ou dérangeante (nous étions dans une petite salle avec 19 personnes et 5 sont parties durant la projection). Ici rien à voir avec Walking Dead mais il s’agit bien de se plonger au cœur des origines vaudoues. J’ai trouvé ce long métrage intéressant et le casting des 5 jeunes filles du pensionnat est parfait !

📀 « Philadelphia » de Jonathan Demme avec Denzel Washington, Tom Hanks et Antonio Banderas (1993) 🇺🇸
Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carrière fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Jusqu’au jour où ses associés apprennent qu’Andrew est atteint du sida, et n’hésitent pas à prétexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif.
Sans doute un des films les plus engagés sur le sida qui a contribué à faire reculer les discriminations vis à vis des séropositifs. Quand le film sort, les trithérapies ne sont encore pas mises sur le marché et de nombreuses personnes meurent en l’absence de soin. 
Il n’existe encore à ce jour aucun vaccin contre le VIH. Protégez-vous et protégez ceux que vous aimez. Sortez couverts comme dirait Christophe Dechavanne.

📺 « Tchernobyl  » de Craig Mazin avec Jared Harris, Emily Watson et Stellan Skarsgård. 5 X 65’ HBO / Sky Atlantic 🇺🇸🇬🇧
Cette mini-série retrace l’histoire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl : le 26 avril 1986, une explosion secoue la centrale nucléaire soviétique Lénine et réveille la ville de Prypiat. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la centrale, scientifiques, ingénieurs et habitants n’ont aucune idée du drame qui se joue.
Mini-série dramatique hyper réaliste à la limite du soutenable souvent, Tchernobyl est intense et lugubre. Les comédiens sont épatants, les reconstitutions dingues et l’ambiance apocalyptique. ☢️ Regardez-la quand vous avez le moral sinon ça plombe ! 
Une série coup de poing 🥊 mortelle 💀 qui rend hommage aux victimes et aux sacrifiés. 
Valeri Alexeïevitch Legassov est le héros qui a fait tomber la mascarade soviétique : il a dit la vérité au procès… Il s’est suicidé deux ans, jour pour jour, après la catastrophe.

📺 « Life in the dog house » Netflix. 🇺🇸
L’histoire vraie de Danny et Ron, un couple qui sauve depuis plus de 30 ans des chiens abandonnés et voués à une mort certaine. La plupart sont ensuite proposés à l’adoption.
Leur vie leur est entièrement dédiée et c’est beau ! S’il existe des anges 👼🏻 sur terre, ils en font partis.
La grande majorité des frais engagés sont à leur charge. Faites un don si vous pouvez, adoptez, n’achetez pas et surtout, surtout n’oubliez jamais, un animal c’est pour la vie !

📚 « Une histoire de France », de Joffrine Donnadieu. Gallimard. 🇫🇷 Rentrée littéraire septembre 2019 !
« France adore laisser ses doigts entortiller les boucles blondes. Elle sait apaiser Romy en caressant ainsi son crâne pour l’entraîner dans un semi-coma où le corps gringalet sera à sa merci. » Toul, 1999. À neuf ans, Romy est abusée pour la première fois par France, une voisine. Son enfance soudain se déchire comme une robe de princesse. Romy entre en guerre. De neuf à dix-neuf ans, nous la voyons se battre contre le chaos qui grandit, contre l’attachement invivable qu’elle ressent pour France, contre un ordre social dont elle ne comprend pas les règles, contre ce corps féminin qui va devenir son principal ennemi. La romancière s’attache à peindre, avec un sens exceptionnel de l’observation, un milieu social et géographique que la littérature fréquente rarement : tous les personnages sont des militaires de la base de Toul, des ouvriers de chez Kleber, des zonards du canal, toujours décrits avec une empathie discrète. 
Choquer pour choquer ? Je lis de tout et depuis toujours mais là je ne sais pas… 
Une claque que cette histoire, dès la première phrase on y est, qui traite de la pédophilie sous un angle, de mémoire, jamais (ou alors rarement) abordé en littérature. Il s’agit d’un premier roman et il sort pour la Rentrée Littéraire.
La tendance actuelle est que les jeunes femmes vont loin, très loin, bien plus loin que les hommes dans la description de la sexualité, de la violence, de la frustration que ce soit en littérature ou au cinéma.
La question est : ces artistes femmes aiment-elles leurs personnages ? C’est comme si elles se réveillaient après un long sommeil, celui d’avoir accepté que les hommes les malmènent et puis maintenant, elles reprennent le pouvoir en disant : ce que vous nous avez fait ou fait faire n’est rien à comparer de ce dont nous sommes capables.
Un premier roman radical… et glauque que j’ai aimé mais sans doute pas pour les bonnes raisons. On en parlera c’est certain mais est ce ce genre de littérature qui grandit ? Je ne sais pas…

🤬😤Coup de gueule et coup d’épée 🗡 dans l’eau mais… :
Cela m’amène dont forcément aux prix littéraires. Ceux que les éditeurs « achètent » bien avant que les livres ne soient donnés à lire au public. C’est comme ça depuis longtemps. On s’invite, on se rend « service ». Je mets en avant ton/ta « protégé(e) », tu t’occuperas du mien ou de la mienne pour le prochain. Il est finalement question de renvois d’ascenseur… 
Écrire c’est provoquer une émotion mais provoquer tout court ou scandaliser, je ne suis pas sûre. Évidemment qu’il faut faire le « Buzz » sinon comment se faire remarquer au milieu des quelques 600 romans qui vont sortir en moins de 3 semaines. Et puis, il suffira d’un journaliste et les autres suivront parce qu’eux non plus n’ont pas le temps de tout lire… Alors un nom déjà porté par un grand-père, une mère ou un cousin (même) éloigné, ça aide… La France est un pays à la fois de privilèges, on adore en avoir et toiser les autres, et de fans, où l’on croit encore que le talent, tout comme les particules, est héréditaire. Depuis le temps ça se saurait si c’était vrai ! 
Jérôme Attal a évoqué dans un post précédent, ces primo-romancières à qui on fait croire ou qui croient qu’elles ont le talent de Sagan. La grosse tête guette déjà certaines d’après quelques échos. 
Bref, comme souvent avec Jérôme, j’ai trouvé ça juste et criant de vérité. 
Notons juste ici que c’est une carrière qui fait un auteur et l’Histoire un écrivain !
Maintenant et à titre personnel, tout va plutôt bien pour moi et des particules dans mon arbre généalogique il y en a, des doubles même, que mes ancêtres (à tort ou à raison) ont préféré céder à la Révolution plutôt que de perdre la tête (au propre comme au figuré). Il ne s’agit donc pas d’un post de quelqu’un d’aigri et je n’ai rien, ni personne à vendre. C’est juste un constat et, heureusement, en jeunesse nous sommes épargnés par ce grand tralalala mais diable 👿 ! 
Je ne peux m’empêcher de penser aux 95% d’auteurs dont on « niera » le travail. Parmi eux, il y aura forcément des gens que j’aime, des connaissances, des copains ou des amis. Et j’ai mal, mal pour eux, de cette violence qu’ils subiront. Parce qu’une Rentrée Littéraire, surtout celle de septembre, c’est dur ! À la hauteur des espoirs qu’on y met en se disant : « cette année, c’est mon tour… ».
Alors, essayons d’être un peu plus intelligents. Parlons de ceux qui n’auront pas la chance d’être parmi les élus et du ou des styles, promis ce n’est pas un gros mot !
Voilà moi, j’ai quelques chouchous et chouchoutes, des auteurs français (je ne parle ici que de ceux-là) qui sont dans mon top 15, Sabolo, Tuil, Duroy, Chalandon en font partie… et je leur souhaite le meilleur !
Enfin j’ajoute qu’il y a romans et romans n’en déplaisent à certains. À 15 ans je dévorai Paul-Loup Sulitzer (et ses ghost writers). Mais j’avais 15 ans ! Ce n’est pas parce qu’on vous sur-vend un auteur qu’il faut obligatoirement le lire. Et si vous n’aimez pas, n’oubliez jamais que votre avis compte autant que celui du critique… parce que c’est vous et qu’il n’y a pas de hiérarchie dans les émotions ressenties. Sur ce, bonne(s) lecture(s) à tous !

🎤🎫 « Melody Gardot » à l’Olympia
Née en 1985 à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis), Melody Gardot s’initie très vite à la musique et au chant. Fan de Duke Ellington, de The Mamas and the Papas et de Radiohead, Melody devient chanteuse dans des clubs de la région de Philadelphie alors qu’elle n’a que 16 ans. Puis un drame survient sur sa route. A 19 ans, alors qu’elle est en balade à vélo, une voiture la percute violemment et la laisse pour morte. La jeune chanteuse, alors étudiante en stylisme, échappe à la mort de justesse mais souffre de séquelles importantes au cerveau et à la colonne vertébrale, ce qui génère évidemment moult symptômes (douleurs musculaires, problèmes moteurs, extrême sensibilité à la lumière et au bruit). Ses médecins lui conseillent, entre autres, la musicothérapie. Melody Gardot s’essaie alors à l’écriture et à la composition, de sa chambre d’hôpital où elle reste de longs mois. Les résultats sont vite probants. La jeune chanteuse recouvre la mémoire qui lui faisait défaut, et ce qu’elle écrit et compose impressionne de plus en plus son entourage. Le défi est relevé.
Pour la petite histoire :
La première fois que j’ai vu Melody Gardot, c’était au Cirque Royal à Bruxelles pour son premier album. Elle est montée sur scène avec plus d’une heure de retard. Sans un mot d’excuse. Je me suis dit : « il va falloir qu’elle assure »… et vous savez quoi ? Elle m’a cueillie en 3 notes.
Ensuite elle nous a expliqué que son manager avait préféré la route ou rail pour rallier la capitale belge depuis Paris. Une erreur, Bruxelles étant une des villes les plus embouteillées du monde. Depuis je n’ai manqué aucun concert. Le dernier j’avais un lumbago (pour changer) mais il était inconcevable que je n’y sois pas ! Bref, ce soir c’était plus que bien, c’était comme toujours chamanique. Catherine était là et mon amie Anne aussi. What else ?

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