Quelques brèves de Fabienne

 

 

S23 – 3 au 9 juin 2019

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Sybil » de Justine Triet, avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos et Gaspard Ulliel, 2019 🇫🇷
Psychanalyste et mère de famille, Sibyl décide de renouer avec l’écriture qu’elle avait laissée de côté et de quitter la plupart de ses patients. Un geste qu’elle sera finalement incapable de mettre à exécution, quand débarque dans son cabinet, Margot, une jeune actrice en détresse. Enceinte d’un acteur, Margot sollicite Sibyl. Doit-elle garder l’enfant ? En parler à son amant, en couple avec la réalisatrice du film qu’ils tournent ? Le quitter ? Autant de questions qui vont donner de la matière au roman de Sibyl avant de la faire basculer dans ses souvenirs et la faire outrepasser son rôle de thérapeute, en partant sur le lieu de tournage à Stromboli, s’improvisant coach. Peu à peu, Sybil perd pied, laissant de côté sa déontologie, ses enfants, son compagnon, replongeant presque malgré elle dans des trauma mal digérés.
Virginie Efira est une grande, très grande actrice si ce n’est la meilleure de sa génération. Elle est Sybil et tant d’autres…

Voir ou re-revoir :

💿 « Un éléphant ça trompe énormément »  (1976) et « Nous irons tous au Paradis » (1978) d’Yves Robert avec Jean Rochefort, Guy Bedos, Claude Brasseur, Victor Lanoux, Anny Duperey et Marthe Villalonga 🇫🇷
Les mésaventures, notamment sentimentales, de quatre copains, restés de grands enfants à l’approche de la quarantaine et unis par une profonde amitié qui leur permet de traverser les difficultés de la vie. Etienne est heureux dans son couple, mais il est obsédé par l’image d’une jeune femme en robe rouge.
Et la suite…
Quatre amis qui partagent depuis longtemps les bonheurs et les ennuis de chacun, achètent ensemble une maison. 
Profondeur et légèreté sont les deux mots qui viennent à l’esprit lorsque le diptyque se termine. Une combinaison jamais égalée selon moi…
Et le personnage de Brasseur tout en finesse.

📺 « Fleabag » S2 6X26’. Amazon Prime 🇬🇧 de et avec Phoebe Waller-Bridge
Dans le final de la saison précédente, Fleabag avait laissé exploser la culpabilité et la tristesse qu’elle avait noyées dans l’excès et l’autodestruction suite au suicide de sa meilleure amie. Cette année, Fleabag va réapprendre à apprécier cette vie trop longtemps laissée en roue libre. Cette quête de sens improbable passera par Kristin Scott Thomas, un prête sexy (excellent Andrew Scott) et un renard mono-obsessionnel. Il n’y avait que Fleabag pour donner du sens à ce grand bazar à l’image de la vie.
PW-B est un génie . Avec cette saison 2 on pourrait dire : on prend les mêmes et on fait « encore » mieux ! La série (S1 et S2) est parfaite. Énorme coup de ❤️. Laissez-vous séduire vous aussi et reparlons-en, ici ou là ! Bon visionnage !

Rattrapage pour vous

📺 « Godless » de Scott Frank avec Michelle Dockery, Jeff Daniels et Jack O’Connell. 1 saison. 7 épisodes. Netflix.🇺🇸
Un hors-la-loi sans pitié terrorise le Far West tandis qu’il traque un ancien membre de son gang qui a refait sa vie dans une tranquille bourgade peuplée de femmes.
Une série fabuleuse qu’on aime ou pas les Westerns. La photo est sensationnelle. Les comédiens exceptionnels. 7 films en 1 série. Ce western féministe est une réussite totale. À voir ou revoir ABSOLUMENT ! Coup de ❤️inconditionnel.

📚 « Ordo », de Donald E. Westlake, Rivages,1995 🇺🇸

Né en 1936, le matelot de première classe Ordo Tupikos est en poste à New London, dans le Connecticut, à l’automne 1974. Il lui reste encore deux ans à tirer dans la Marine, avant de prendre sa retraite à quarante ans. Ses deux mariages, en 1958 et en 1960, ont été des échecs. Il est aujourd’hui le compagnon de Fran, une divorcée. Un jour, ses collègues repèrent dans un journal une photographie où figure Ordo. Elle date de sa première union, avec Estelle Anlic, originaire du Nebraska. Cette jeune fille se prétendait majeure, alors qu’elle n’avait que seize ans. Ce qu’Ordo ne pouvait soupçonner. La mère d’Estelle, une personne odieuse, intervint afin d’annuler leur mariage, et fit placer sa fille dans un foyer. Par la suite, Ordo n’eut plus jamais de nouvelle d’elle, se remaria, divorça.
Roman d’atmosphère plus que polar, Ordo est une histoire tout en finesse peuplée de personnages qui traversent la vie du narrateur dans le Hollywood des années 60. Une découverte !

📚 « Mrs Dalloway », de Virginia Woolf. Manuscrit Les Saints Pères 🇫🇷 / SP Books 🇬🇧
Le récit décrit une journée de Clarissa Dalloway, dans l’Angleterre d’après la 1re Guerre Mondiale. Elle se rend d’abord chez le fleuriste, mais loin de se centrer sur ce seul personnage, Virginia Woolf offre une fresque de la ville de Londres et de ses habitants, vie rythmée pour tous par Big Ben. Peu après, Mrs Dalloway revient chez elle, et alors qu’elle fait le point sur le choix qu’elle a fait des années plus tôt d’épouser Richard Dalloway au lieu de Peter Walsh, elle reçoit la visite impromptue de ce dernier soupirant. La conversation avec ce dernier est émaillée par le ressac d’anciens souvenirs qui jaillissent dans l’esprit de Clarissa.
En contrepoint de Clarissa Dalloway, le récit s’attarde sur Septimus Warren Smith, un jeune ex-militaire qui souffre depuis son retour du front, d’hallucinations et de schizophrénie. Ce jour-là, il se défenestre au moment où le médecin qui le soigne cherche à l’interner. Or, le spécialiste qu’il a consulté le jour même est un des invités à la soirée de Mrs Dalloway, et, quand il mentionne devant elle cet événement, Clarissa est bouleversée par le choix de ce jeune homme que, pourtant, elle ne connaît pas.
Portrait d’une femme bien sûr mais aussi et surtout selon moi, celui plus intime de son auteure : complexe, féministe, artiste, amoureuse, désespérée, aristocrate, déchirée, solitaire… si moderne dans ses questionnements ❤️

Recevoir ce somptueux cadeau (Jess Nelson) m’a donné, non seulement envie de relire tout Woolf, mais aussi de revoir Les Heures réalisé par Stephen Daldry avec Meryl Streep, Julianne Moore et Nicole Kidman 🇺🇸.

🖼  Expo Huberty & Breyne Gallery « Estampes ». Œuvres diverses et, sans le savoir, retrouver Françoise Petrovitch. Une artiste dont j’aime profondément le travail au point d’avoir acquis une de ses œuvres…​

⚱️⚰️ Et puis la visite du « cimetière de Dieweg » à Uccle (Bruxelles), laissé quasi à l’abandon depuis les années 70. Je vous laisse lire le descriptif tiré de Wikipedia.
Comme c’est le cas de plusieurs cimetières bruxellois, la création du cimetière du Dieweg fait suite à la terrible épidémie de choléra qu’a subie la ville en 1866. Installé le long de l’ancien chemin du Dieweg, son terrain en pente, qui occupe le versant nord de la vallée du Geleytsbeek, offre une perspective vers la forêt de Soignes. L’expansion démographique et la fermeture des cimetières de Saint-Job (1871) et de Saint-Pierre (1876) ont pour conséquence sa rapide saturation, qui contraint les autorités à ouvrir le nouveau cimetière du Verrewinkel en 1945.
Depuis, les inhumations au Dieweg se font rares et il sera totalement désaffecté en 1958.
Peu entretenu, le cimetière se métamorphose lentement. Les ferronneries commencent à rouiller, les monuments tombent en ruine. La végétation envahit les allées et les tombes, jusqu’à en recouvrir entièrement une bonne partie. Aujourd’hui il est devenu le refuge d’une grande diversité botanique, qui attire insectes, oiseaux et rongeurs. On a pu compter plus de deux cents espèces de plantes sur une superficie de moins de trois hectares.
Ce mariage de l’architecture et de la nature, de la pierre et du végétal dégage une atmosphère fortement romantique. Certains coins du cimetière procurent l’impression de se promener au sein d’une forêt recouvrant les vestiges de quelque civilisation antique. Du feuillage émerge des éléments de décoration funéraire, des pièces de ferronnerie, des médaillons où l’on distingue des visages, des morceaux de dalle sur lesquels on déchiffre encore des mots souvent répétés : éternels et perpétuité.
Le patrimoine funéraire monumental et décoratif des sépultures de la bourgeoisie uccloise de l’époque est important. D’impressionnants monuments de style différent (néogothique, néoclassique, art nouveau, etc.) abritent les sépultures des familles des banquiers Lambert et Allard, des brasseurs Herinckx, de ministres, bourgmestres ou échevins. Le monument sur la tombe des époux Stern a été réalisé par Victor Horta. On y trouve également les tombes des architectes Jean-Pierre Cluysenaar et Paul Hankar.
Une autre particularité du Dieweg est d’abriter un important cimetière juif ashkénaze, dont les pensionnaires sont originaires d’une quinzaine de pays différents et dont les épitaphes et les symboles gravés ont fait l’objet d’études.
Depuis la fermeture du cimetière, l’une ou l’autre inhumation a encore lieu, généralement dans des caveaux de familles existants, ou exceptionnellement par dérogation spéciale dont ont pu bénéficier le dessinateur Hergé (alias de Georges Remi) ou le violoniste Philippe Hirshhorn, lauréat du Concours Reine Élisabeth en 1967.

L’ensemble du site est classé depuis 1997.

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