Quelques brèves de Fabienne

 

S19 – 6 au 12 mai 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Nous finirons ensemble » de Guillaume Canet, avec Marion Cotillard, Gilles Lellouche…🇫🇷
Environ huit ans après « Les petits mouchoirs », Marie, Éric et les autres se retrouvent pour l’anniversaire de Max qui fête ses 60 ans. Un événement prenant place dans un contexte d’amitié éclatée, les membres du groupe de potes ne s’étant pas vus depuis trois ans…
Autant le film « Les petits mouchoirs » m’avait laissée indifférente, autant j’ai pris un plaisir fou à retrouver la bande. Le lieu est toujours sublime. Marion Cotillard parfaite. Les dialogues sont truculents. Bref, foncez ! Coup de ❤️ pour moi.

Voir et revoir 📀

« When night is falling » de Patricia Rozema avec Pascale Bussières et Rachel Crawford 🇨🇦 1995.
Camille et Martin s’aiment. Les responsables du collège religieux où ils enseignent leur demandent de légaliser leur union. Camille ne se sent pas prête pour le mariage. La mort de son chien la plonge dans un total désarroi. Sa rencontre avec Petra, irrésistible jeune femme, acrobate dans un cirque ambulant, va remettre en question son amour pour Martin.
Film résolument lesbien 🏳️‍🌈 et une des plus belles scènes d’amour… découvert à sa sortie, ce film m’a touchée et me touche toujours. Les actrices sont formidables, la photo impeccable… coup de ❤️ !

📺 « Meurtres à Sandhamn » Netflix. TV4 🇸🇪 / Arte 🇫🇷. 6 saisons. 19 épisodes.
S1. S2. S3. S4. S5 et S6.
Avec Alexandra Rapaport et Jakob Cedergen.
Après de mystérieux assassinats sur une île suédoise, un policier déphasé mène l’enquête dans un décor balnéaire… Adaptée des polars à succès de Viveca Sten, la minisérie prouve que les pires névroses s’épanouissent aussi dans les décors apaisants…
Des histoires « simples », un peu (beaucoup) faciles (tout se résout au dernier épisode toujours par là femme qui vit sur l’île et jamais par le duo de flics) mais tout est beau. Une vraie pub pour l’office du tourisme de la ville 🌲☀️🌊⛵️⚓️🗺 Je sais où je vais déménager !! Si vous me cherchez…

Rattrapage pour vous :

📺 « Tell me you love me » de Patricia Rozema, 10 X52’ HBO 🇺🇸 (2007)
Le monde avait titré : désespoir sur l’oreiller. Nous entrons avec cette série dans l’intimité de trois couples, qui représentent trois classes d’âge. Jamie (Michelle Borth) et Hugo (Luke Kirby) approchent la trentaine et mènent la vie de jeunes gens qui songent à se marier et se posent la question des restrictions que ce changement de vie peut imposer à leur liberté sexuelle. Carolyn (Sonya Walger) et Palek (Adam Scott) incarnent la phase suivante, celle où l’on se met à vouloir avoir des enfants car la situation professionnelle est assise et la question matérielle ne se pose plus. L’ennui est que les tentatives répétées se révèlent infructueuses. Enfin, Katie (Ally Walker) et David (Tim DeKay) représentent la troisième phase, celle du couple marié depuis longtemps, avec deux enfants qui commencent à grandir, et qui a rangé sa sexualité dans le placard.
Les trois histoires sont traitées de manière parallèle, même si les protagonistes sont amenés à se croiser pour rompre la monotonie du tryptique. À ce dernier, s’ajoute un pan mobile, celui de la vie du Dr. Foster elle-même. On est évidemment dans la fiction, mais tout est fait pour nous convaincre que nous sommes dans le documentaire: pas de générique d’introduction, pas de bande son (sauf pour nous mener à la conclusion de l’épisode). On entre dans la vie de ces trois couples, simplement comme si on avait poussé la porte et qu’on s’était installé dans leur appartement.
Énorme claque pour cette série ! Tout comme In Treatment (regardez cette série si pas déjà fait) ou Six feet under (idem chef d’œuvre absolu), la série dresse avant tout le portrait des 6 personnages principaux (3 couples) au travers du prisme du sexe. Celui-ci est réaliste à l’extrême, cru voire triste et pathétique, rarement sublimé. En tout cas, aucun point de vue moral n’est proposé et c’est très bien comme cela. On pourra certes reprocher l’absence d’un couple homo pour ajouter une autre dimension au propos mais l’ensemble est troublant, dérangeant et… beau.
Cette série est une de celles à laquelle je repense régulièrement. Je vous la conseille vivement ! ❤️

🎟 📷« Intimate Audrey », Espace Vanderborght rue de L’écuyer 1000 Bruxelles. 🇧🇪 (expo visible jusqu’en août).
L’exposition a été conçue autour d’environ un millier de photos et objets personnels rassemblés par l’un de ses deux fils, Sean Hepburn Ferrer, né en 1960 de sa relation avec l’acteur et producteur américain Mel Ferrer. Au-delà de la star hollywoodienne à l’ascension fulgurante (elle reçoit un Oscar à 25 ans à peine, pour son rôle dans « Vacances romaines »), le parcours proposé s’attarde sur la femme, la mère et la travailleuse humanitaire qu’elle fut durant les cinq dernières années de sa vie (1988-93) comme ambassadrice de l’Unicef.
Une plongée dans la vie de l’icône, née il y a 90 ans à Ixelles. Un seul bémol, il manque des explications et points de repères, notamment sur les photos familiales…
Pour la petite histoire, en allant au cinéma, nous passons chaque fois devant la maison où elle est née. Et une de mes tantes vit à Morges, là où elle a passé plus de 30 ans de sa vie…

📚 « Boys, boys, Boys  », de Joy Sorman. Gallimard /Folio, 2005 🇫🇷

Quand il m’a quittée pour une autre vous étiez toutes là pour me dire combien il ne me méritait pas, quand j’ai échoué à mes examens vous étiez toutes là pour me dire qu’un concours c’est aléatoire, quand j’ai négligé de m’inscrire sur les listes électorales vous étiez toutes là pour me dire qu’il n’y avait plus de différence entre la droite et la gauche, quand j’ai eu ma période chanson française vous étiez toutes là pour pleurer avec moi au karaoké sur des tubes de France Gall, quand j’ai porté des jupes sur des pantalons vous étiez toutes là pour me dire que ça affinait ma silhouette. Vous n’avez jamais voulu me faire de la peine, vous m’avez protégée parce que c’est ça le boulot des copines. Maintenant je veux qu’on me pète la gueule.
Livre très court, à tendance féministe, qui s’attaque à la question de « genre » et situé à mi-chemin entre le roman et l’essai. J’ai eu du mal… pas avec le propos mais avec le style de l’auteure. Elle même semble hésiter en ne tranchant jamais pour la voix de son héroïne qu’elle nomme tour à tour « la femme », « elle » ou « je ». Quand on connaît l’exigence stylistique de Gallimard, nous sommes en droit de nous poser la question : comment ce texte a t il pu être publié avec toutes ces faiblesses ? Et puis, pour un pamphlet féministe ça manque sacrément d’ouverture de ne parler du couple que comme étant une « entité » résolument hétérosexuelle… comme s’il n’y avait pas d’autres voies, d’autres choix, d’autres besoins ou d’autres envies.
Bref, si la question vous intéresse, préférez Despentes, j’en ai parlé en semaine 14 !
Vous l’aurez compris, grosse déception et au final de « Boys, Boys, Boys » on ne retiendra que la chanson de Sabrina (2002) !!! 🤪🎤! Vous l’avez en tête maintenant ? Ne me remerciez pas, c’est cadeau 🎁 !
J’ajoute que j’ai acheté « La peau de l’ours » de la même auteure, j’espère réviser ma position sur son travail.

🎭 « Un homme si simple », de André Baillon mise en scène Michel Bernard avec Angelo Bison. 🇧🇪

Avec « Un homme si simple », Angelo et son metteur en scène Michel Bernard nous peignent un personnage guetté par une folie « ordinaire », une dépression aggravée, avec des pulsions de mort et de vie qu’on qualifierait de « déviantes ». La folie s’installe en douce jusqu’à une fin « ouverte »…
Une mise en scène au cordeau servie par un jeu de lumières qui éclaire le visage et les mains du comédien. Un « seul en scène » bouleversant interprété par Angelo Bison, le psychopathe de « Ennemi Public ». Un texte écrit en 1923 qui reste d’une extrême modernité. Bref conquise à 200 %. Coup de ❤️
La pièce se joue encore les :
12/5 et 26/5 à 16h
23, 24 et 25/5 à 20h
Foncez, si pas déjà fait, au Théâtre Poème 2, 30 rue d’Ecosse à 1060 St Gilles

 

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