Quelques brèves de Fabienne

 

S18 – 29 avril au 5 mai 2019

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

Demain, après une semaine extrêmement bien remplie (ah le Prix Victor- La première RTBF), je pars à l’aube pour Limoges. Alors, avec un jour d’avance…

Un peu de culture dans ce monde de brutes. 
Ma S18, la voilà.

🎞🎥 « Gloria Bell » de Sebastian Lelio avec Julianne Moore et John Turturro 🇺🇸 🇨🇱 

 

La cinquantaine frémissante, Gloria est une femme farouchement indépendante. Tout en étant seule, elle s’étourdit, la nuit, dans les dancings pour célibataires de Los Angeles, en quête de rencontres de passage. Jusqu’au jour où elle croise la route d’Arnold. S’abandonnant totalement à une folle passion, elle alterne entre espoir et détresse. Mais elle se découvre alors une force insoupçonnée, comprenant qu’elle peut désormais s’épanouir comme jamais auparavant…

Soleil absolu, une des plus belles rousses d’Hollywood 👩🏻‍🦰 irradie par son jeu et son charme incandescent. La BO vous permettra de reprendre le standard qui porte le prénom de l’héroïne, rendu célèbre par la chanson de Van Morrisson (60’s). Un long métrage qui fait un bien fou ! Girl Powers, n’en déplaisent à certains les femmes de plus de 50 ans sont sexy en diable ! Il s’agit d’un « auto-remake » mais je n’ai pas vu l’original chilien. 

Comme l’a écrit Catherine Locandro  : « … Et se remettre à danser ».

Voir et revoir 📀

« Torch song trilogy » de Paul Bogart 🇺🇸🏳️‍🌈 avec Anne Bancroft, Matthew Broderick et Harvey Fierstein. 1988.
Arnold enchante les foules d’un cabaret new-yorkais, travesti en chanteuse sous le nom de Virginia Hamm. Juif et homosexuel, il a du mal à faire accepter à sa mère les fantaisies de son mode de vie. Un soir, il rencontre Ed, son premier véritable amour. Mais celui-ci s’avère être un bisexuel qui le partage avec une femme ! Un an plus tard, Arnold se console dans les bras d’Alan, jeune amant tendre, jusqu’à un nouveau bouleversement…
Certes le film a été, à sa sortie, estampille « gay » mais il ne doit pas se résumer à cela, loin s’en faut. C’est avant tout l’histoire d’un homme qui cherche à vivre avec son bagage, ses armes et ses failles. Le film est une adaptation de la pièce off-Broadway éponyme qui était jouée dix ans plus tôt et qui fut couronnée d’un Tony Award. Coup de ❤️ !

📺 « You » 10 X 45’ Netflix 🇺🇸
Joe, le gérant d’une librairie new-yorkaise, devient obsédé par Beck, une jeune aspirante « écrivaine » (reparlons ici de celles et ceux qui se disent écrivains après avoir écrit un livre 🤬😤😳 et notons SVP que seule l’Histoire est habilitée à donner ce titre… Zola, Hugo, Verne… merci) qui partage sa passion pour les livres et pour la poésie. Persuadé qu’ils sont faits l’un pour l’autre, il va alors se servir des réseaux sociaux pour nourrir son obsession, savoir en permanence où elle se trouve et ce qu’elle fait, et tenter de faire tomber tous les obstacles qui pourraient se dresser en travers du chemin de leur possible romance. Quitte à commettre des actes totalement fous… 
2 épisodes et puis s’en vont… 
Un libraire taré et obsédé qui ne lit jamais.
Une « écrivaine » (plus vaine qu’ « écri ») allumeuse superficielle qui n’écrit jamais.
Voilà la recette ratée de You ! 
Au delà du fait de me rappeler physiquement des gens que je connais (notamment mon dermatologue [qui lui est très bon dans sa partie] mais pas que…), cette série est selon moi d’un ennui profond !

Rattrapage pour vous :

📺 « Boss » 2 saisons 18 X 55’ de Farhad Safinia avec Kesley Grammer Starz 🇺🇸
L’histoire du maire de Chicago Tom Kane, un homme ambitieux qui a un grave secret qui pourrait le compromettre. Il est atteint de dégénérescence mentale.
Lutte de pouvoir pour la plus haute magistrature de la ville de Chicago connue pour ses scandales de corruption. Le comédien, assez peu connu en France, crève littéralement l’écran. On est subjugué par son charisme et son machiavélisme. Ne passez pas à côté ! Coup de ❤️ absolu. La série a été dans mon Top 10 en 2011 et 2012.

📚 « Et tu n’es pas revenu » de Marceline Loridan-Ivens, février 2015, Grasset / Le livre de poche 🇫🇷.
« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur.
Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille ».
Marceline a 15 ans lorsqu’elle est arrêtée avec son père lors d’une rafle. Déportée à Birkenau, elle subit l’horreur des camps et parvient à survivre. Son père, lui, ne reviendra jamais d’Auschwitz. Soixante-dix ans plus tard, elle lui adresse une lettre, rédigée avec la journaliste et écrivain Judith Perrignon, où elle raconte sa captivité, son retour, sa vie d’après.
Ce livre est bouleversant de bout en bout… je n’ai pas de mots pour en parler alors lisez-le et souvenez-vous, toujours… 🕎✡️
J’ai un énorme regret, ne jamais avoir croisé le chemin de cette femme que j’ai toujours admirée.
À mon minuscule niveau, je lui rendrai hommage dans le recueil de « 50 portraits de femmes » que publiera Auzou à l’automne. J’avais 9 portraits à écrire, j’en ai écarté 6 de leur liste pour proposer « mes » femmes d’exception. Marceline Loridan-Ivens, née Rozenberg est dans mon panthéon. ❤️

📚 « Cassandra Dark » de Posy Simmonds, roman graphique, 2019, Denoël 🇬🇧🇫🇷

Cassandra Darke, Londonienne pur jus, vieille teigne misanthrope, mauvaise coucheuse en surcharge pondérale, n’est pas sans rappeler le célèbre Scrooge de Dickens. Elle ne pense qu’à elle-même et aux moyens de préserver le confort dont elle jouit dans sa maison de Chelsea à 8 millions de livres. La galerie d’art moderne de son défunt mari a été le théâtre de fraudes qui l’ont mise en délicatesse avec la justice et au ban de son milieu. Mais Cassandra s’accorde le pardon, au prétexte qu’« à côté de tous ces meurtriers récidivistes, on se sentirait presque comme Blanche-Neige ». Ses fautes n’impliquent «ni violence, ni arme, ni cadavre». Hélas, dans son sous-sol, une ex-locataire, la jeune et naïve Nicki, a laissé une surprise qui pourrait bien s’accompagner de violence et d’au moins un cadavre…
J’avais lu et moyennement aimé Tamara Drew mais je me suis laissée convaincre par la chronique de Julie Vasa.
Et j’ai bien fait !!! C’est jubilatoire ! Coup de  ❤️ et pour le texte et pour le dessin. Merci Julie Vasa pour ce conseil de lecture !

📚 « Moi, l’évier et Dieu » de Michel Bernard &esperluète éditions 🇧🇪
Des textes qui parlent d’artistes malades mentaux, de leurs œuvres et de leurs obsessions, dans lesquels Michel Bernard prend le parti de se mettre au cœur de chacun d’eux, loin d’une analyse ou d’un jugement.
Extrait : « Ça me colle dans la peau, ça m’écrabouille la tête, ça me délétère l’esprit, ça me tortille les tripes, ça me chauffe les entrailles, ça m’explose les yeux, ça me donne l’envie de hurler, ça tempête ma morale, ça… quoi ça… simplement l’art brut. Les aliénés, les malades, les déments, les déséquilibrés, les braques, les détraqués, les cinglés, les fadas, les dingues, les frappés, les loufoques, les loufdingues, les marteaux, les piqués, les sonnés, les tapés, les timbrés, les tocs-tocs, les mabouls, les cinoques, les dingos… ceux qui osent écouter un nuage pleurer, qui osent souffler sur la bougie de ma normalité… ».
Ces contes brutaux sont leurs traces, l’empreinte de leurs œuvres, le sillage de leurs visages, la cicatrice des tourbillons qu’ils ont laissé paître en moi.
La plume de Michel est aussi puissante que les œuvres des artistes qui l’ont inspiré. C’est « sans filtre », parfois cru mais un sens de la musicalité des mots toujours juste. C’est typiquement le genre de textes qu’il est possible de lire et relire souvent. Ma préférence va au conte « Pénélope ». Là aussi coup de ❤️ !

Recevez mes chroniques par mail pour vous inspirer !

Une fois par semaine directement dans votre boîte mail.

Votre inscription a bien été prise en compte

Share This