Quelques brèves de Fabienne

 

 

S3 – 17 au 23 janvier 2022

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « The World to come » de Mona Fastvold avec Katherine Waterston, Vanessa Kirby, Christopher Abbott et Ben Affleck, 2020 🏳️‍🌈🇺🇸

Quelque part à la frontière de la côte-est américaine au milieu du XIXe siècle. Deux couples luttent contre les difficultés et l’isolement dans un paysage splendide mais éprouvant qui les met au défi à la fois physiquement et psychologiquement.
⚠️oui c’est une redite de la S20 -2021 mais je l’avais vu dans des conditions plutôt inconfortables quand on n’est pas fluently : en VO sans sous-titres… c’était un sacrilège (quand on connaît la qualité des dialogues), réparé ici et maintenant ! ⚠️
Le deuxième film de la norvégienne Mona Fastvold raconte « le monde de demain », celui d’une histoire d’amour qui n’aura pas le temps de s’épanouir au cours d’une année, celui d’une attirance entre deux femmes qui ne peut s’exprimer qu’à l’ombre de leurs maris, l’un taiseux, l’autre violent. Les dialogues sont époustouflants. Le montage (concernant l’année amoureuse écoulée) de ce film est une très magnifique trouvaille. Les actrices sont sublimes et leur couple fonctionne à merveille. Les acteurs sont admirablement dirigés. Les hommes enfermés et enferrés dans leurs rôles. Les femmes sensuelles, secrètes et « mal – heureuses ». Ce LM parle du temps qui ne s’écoule pas en l’absence de l’autre et passe trop vite en sa présence. Il parle du vide laisser par le manque, d’une vie imaginée / rêvée/ projetée qui n’arrivera jamais. Vanessa Kirby, révélée par « The Crown », est mariée à un homme qu’elle n’aime pas et à qui elle se refuse désormais, crève l’écran. Kaherine Waterston, sublime en amoureuse aux lettres bouleversantes, mesure la portée de ce nouvel amour « tsunami », sans cesser d’être ce qu’on attend d’elle… Coup de ♥️ absolu !! Il rejoint non seulement mon TOP 10 2022 mais aussi et surtout mon TOP 10 de tous les temps des films lesbiens 🏳️‍🌈.

📺 « ACS The Impeachment » produit par Ryan Murphy, de Sarah Burgess avec Sarah Paulson, Beanie Feldstein, Eddie Falco, Annaleigh Ashford, Judith Light, Margo Martindale, Cobie Smulder et Clive Owen 10 X 60’ FX 🇺🇸

Il s’agit de la troisième saison de la série d’anthologie américaine American Crime Story qui se concentre sur l’affaire Monica Lewinsky et l’ancien président des États Unis Bill Clinton.
Bon sang, quel casting !!! Il n’y a qu’à voir la Une du Vanity Fair US pour s’en convaincre… que je joins en commentaire.
Quelques années après la naissance de #MeToo, ce qu’on a appelé le « Monicagate » ne pouvait que faire l’objet d’une série. Mais au-delà du scandale dont nous connaissons tous les tenants et les aboutissants, les dix épisodes se concentrent sur la relation complexe entre Linda Tripp et Monica Lewinsky. Même si j’aimerais croire le contraire, les femmes entre elles demeurent souvent leurs pires ennemies…
À noter les performances de Beanie Feldstein et Sarah Paulson sont époustouflantes ! Et enfin pour la petite histoire, Monica Lewinsky, her-self, est une des productrices du show. Bref, à voir que vous ayez, comme moi, aimé les 2 premières saisons ou pas (OJ Simpson et Versace).
 

🖥 « H is for Harry  » d’Edward Olwes et Jaime Taylor 82’ Netflix 🇬🇧

Que faut-il pour changer la vie d’un enfant ? Dans le contexte d’une Grande-Bretagne se déchirant autour des débats portant sur la notion de classe, d’identité et de mobilité sociale, le documentaire suit Harry, 11 ans, incapable de lire ou d’écrire. Commençant sa scolarité dans une toute nouvelle école de la banlieue de Londres, Harry se bat pour tenter de s’améliorer et commence lentement à croire en un avenir différent pour lui-même. En arrivant à Reach Academy à Feltham, le jeune Harry lutte pour surmonter trois générations d’analphabétisme avec l’aide d’une enseignante dévouée de première année, Sophie. Elle dirige un groupe spécialisé en anglais qui s’efforce de l’aider à rattraper son retard afin qu’il puisse rejoindre ses amis, et nous observons ses difficultés d’alphabétisation dès le premier jour. Nous rencontrons également son père Grant, qui assiste régulièrement à des réunions sur les progrès et la mauvaise conduite de son fils à l’école. Grant se bat bec et ongles pour garder son fils à l’école car il pense que cela peut le sauver d’une vie d’analphabétisme et de pauvreté. Cette représentation intime du parcours d’un garçon charismatique vers l’âge adulte dépeint l’impact souvent inaperçu que la pauvreté matérielle et aspirationnelle peut avoir sur l’avenir d’un enfant. Dépeignant le monde du point de vue de l’enfant (souvent insupportable à cause de sa souffrance), le film déborde à la fois d’humour et de chagrin et est au cœur des débats actuels sur les inégalités croissantes de la société. À voir absolument!
 

📚 « La promenade au phare » de Virginia Woolf 🇬🇧

Fera-t-il beau demain pour la promenade au phare ? Cette question plane sur la famille réunie un soir de mi-septembre dans la grande maison de vacances des îles Hébrides.Tout au long du livre s’insinue la pulsation de la mer. L’eau entrave les pensées. La vie se déverse et la mort surprend. Les années passent. La maison est abandonnée. Demeurent les petits miracles quotidiens, ces « allumettes inopinément frottées dans le noir ». Ce sont eux qui donnent un sens aux choses, un mouvement à la vie.
Relire ce chef d’œuvre parce qu’il n’y a que le beau qui compte ! Certainement le roman le plus autobiographique de l’auteure, elle y amplifie le « flux de conscience » technique qu’elle avait utilisé pour « Mrs Dalloway ». Cela donne une vraie liberté et de ton et dans la psychologie des personnages. Les hommes y sont raides, tyranniques et dominants, les femmes attentives, sacrifiées et épousant le rythme des événements… coup de ♥️ depuis ma toute première lecture… J’étais ado.
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