Quelques brèves de Fabienne

 

 

S10 – 7 au 13 mars 2022

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « The lost daughter » de Maggie Gyllenhaal avec Olivia Colman, Dakota Johnson, Ed Harris, Jessie Buckley, Paul Mescal… 🇺🇸

Lors de vacances à la mer en solitaire, Leda est fascinée par une jeune mère et sa fille qu’elle observe sur la plage. Bouleversée par leur relation fusionnelle (ainsi que par leur grande famille bruyante et intimidante), Leda est submergée par la terreur, la confusion et l’intensité de ses souvenirs de maternité précoce. Un acte impulsif la replonge dans les méandres étranges et inquiétants de son esprit, l’obligeant à affronter les choix peu conventionnels qui ont été les siens en tant que jeune mère et leurs conséquences.
Maggie Gyllenhaal passe pour la première fois derrière la caméra en adaptant « Poupée volée » d’Elena Ferrante. Le propos, au-delà de la difficulté d’être parent, raconte le fait que toutes les femmes ne sont pas faites pour être mère. Le film suit deux lignes temporelles, deux parcours de femmes qui se débattent avec leurs propres démons tout en redoutant / provocant le jugement des autres. Olivia Colman est parfaite comme à son habitude. La réalisation est sans surprise et de facture classique mais néanmoins réussie. Un duo « Gyllenhall / Colman » qui sera sans doute amené à se réformer, tant on les retrouve l’une dans l’autre et inversement.
Maggie Gyllenhaal réalisatrice est à suivre de très près… elle fera sans doute tourner son frère un jour, sur une histoire qu’elle écrira elle-même et ce sera alors un très grand film. Hâte !
 

📺 « La meilleure version de moi-même » de et avec Blanche Gardin 9 X 26’ Canal + 🇫🇷

Blanche Gardin est une humoriste à succès. Tout lui réussit mais elle souffre d’un problème digestif chronique qui la fait énormément souffrir. Elle se rend chez un naturopathe adepte de la pensée positive qui lui explique que son problème vient de l’autodérision dont elle fait preuve sur scène. Blanche prend conscience que son salut est dans la bienveillance qu’elle doit enfin exercer vis-à-vis d’elle-même. Elle prend alors une décision radicale : elle arrête l’humour. Elle l’annonce à son agent et sur les réseaux sociaux, et s’engage sur la route du développement personnel, de la quête du bien-être et de la recherche spirituelle afin de devenir une meilleure version d’elle-même.
Série pour le moins déconcertante où tout le monde en prend pour son grade, et au vitriol, s’il vous plaît : féminisme, véganisme, spécisme, complotisme et tous les trucs en « isme ». On (sou)rit jaune devant cette noirceur assumée et on termine la série en n’étant pas trop sûr de ce qu’on a regardé. Un voyage, parfois malaisant, souvent dérangeant, comme toujours avec Blanche. Mais moi, j’aime plutôt bien !

🖥 « Scène de crime : le tueur de Time Square » de Joe Berlinger 3 X 50’ Netflix 🇺🇸

Le tueur de Times Square revient sur le parcours de Richard Cottingham qui, à la fin des 70’s, a fait de Times Square à New-York son terrain de chasse favori.
Ici, la fiction se mêle aux témoignages d’enquêteurs de police, d’avocats, de journalistes mais également d’anciennes prostituées qui fréquentaient les rues de Times Square à l’époque où ce meurtrier sadique sévissait. L’enquête menée sur les différentes scènes de crimes plus atroces les unes que les autres a mené finalement à l’arrestation de ce dernier en 1980, qui a été reconnu coupable de 11 meurtres. Et plus vraisemblablement… À glacer les sangs !
Un genre que j’apprécie malgré l’horreur. Je suis « fascinée » par cet instant « T » où un individu lambda bascule du côté obscur. Le cerveau des tueurs en série est une énigme. Coup de ♥️ pour moi.

📺 « Retour à Birkenau » de Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri 🇫🇷

« Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c’est pas possible d’avoir survécu... »
Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit-frère de douze ans et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Auschwitz-Birkenau : elle sera seule à en revenir, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt. Dans ce convoi du printemps 1944 se trouvaient deux jeunes filles dont elle devint amie, plus tard : Simone Veil et Marceline Rosenberg, pas encore Loridan – Ivens.
Aujourd’hui, à son tour, Ginette Kolinka raconte ce qu’elle a vu et connu dans les camps d’extermination. Ce à quoi elle a survécu. Les coups, la faim, le froid. La haine. Les mots. Le corps et la nudité. Les toilettes de ciment et de terre battue. La cruauté. Parfois, la fraternité. La robe que lui offrit Simone et qui la sauva. Que tous, nous sachions, non pas tout de ce qui fut à Birkenau, mais assez pour ne jamais oublier ; pour ne pas cesser d’y croire, même si Ginette Kolinka, à presque 94 ans, raconte en fermant les yeux et se demande encore et encore comment elle a pu survivre à « ça »…
Comme toujours les témoignages directs, surtout dans des périodes sombres, sont plus que nécessaires. Laisser une trace écrite des atrocités et des souffrances vécues devient une nécessité pour éduquer. Avec beaucoup de pudeur, les souvenirs s’égrènent… pour ne jamais, jamais oublié qu’il suffit de stigmatiser un sexe, une religion, une croyance, pour que tout recommence… À mettre entre toutes les mains. Coup de ♥️
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