Quelques brèves de Fabienne

 

 

S26 – 28 juin au 4 juillet 2021

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎥🎞 « Drunk », de Thomas Vinterberg avec Madds Mikkelsen, Maria Bonnevie, Magnus Milland… 2020  🇩🇰

Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure. Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle.
Drunk ou l’art de contempler le verre à moitié plein (ou à moitié vide) de nos existences. Le réalisateur de « Festen » propose une histoire très (trop ?) alcoolisée où l’individu, devenu un fardeau pour lui-même, a besoin d’une béquille pour transcender la médiocrité de sa vie. De la diabolisation à la banalisation de l’alcool ou inversement, le film explore les thèmes chers à Vinterberg : la mélancolie, l’amitié, la séparation, le désœuvrement, le malheur…
C’est immoral et ça fait du bien dans ce monde où l’art se polisse de plus en plus. Vive la décadence !
Madds Mikkelsen promène sa classe de bout en bout, accompagné par trois autres comédiens au diapason du film. Ça raconte la difficulté de résister à l’alcool quand, autour de nous, tout le monde boit, surtout dans ce pays où le fait d’être ivre semble être un sport national.
Le tournage a été suspendu et a failli ne pas reprendre suite au drame survenu dans la vie du réalisateur danois. Quatre jours après que les caméras aient commencé à tourner, son ex-femme a été victime d’un accident de la route en Belgique et leur fille de 19 ans y a laissé la vie. L’émotion était plus que palpable lors des Oscar où « Drunk » a remporté celui du meilleur film étranger.
Pour aller plus loin : la petite bande d’amis décide de s’inspirer d’une théorie attribuée au psychiatre norvégien Finn Skårderud – mais démentie par l’intéressé – selon laquelle l’homme serait né avec un léger déficit de taux d’alcool dans le sang. Ils boivent alors pour être en permanence à 0,5g d’alcool, du réveil jusqu’au dîner, et consignent scrupuleusement les effets de l’expérience !
 

À voir ou à revoir : 

🎥🎞 « Les Mitchell contre les machines », de Mike Rianda et Jeff Rowe Netflix 🇺🇸

Katie Michell, jeune fille passionnée à la créativité débordante, est acceptée dans l’université de ses rêves. Alors qu’elle avait prévu de prendre l’avion pour s’installer à l’université, son père Rick, grand amoureux de la nature, décide que toute la famille devrait l’accompagner en voiture pour faire un road- trip mémorable et profiter d’un moment tous ensemble. Linda, mère excessivement positive, Aaron, petit frère excentrique, et Monchi, carlin délicieusement joufflu, se joignent à Katie et Rick pour un ultime voyage en famille. Mais le programme des Mitchell est soudainement interrompu par une rébellion technologique : partout dans le monde, les appareils électroniques tant appréciés de tous – des téléphones aux appareils électroménagers, en passant par des robots personnels innovants – décident qu’il est temps de prendre le contrôle. Avec l’aide de deux robots dysfonctionnels, les Mitchell vont devoir surmonter leurs problèmes et travailler ensemble pour s’en sortir et sauver le monde !
Film d’animation, à plusieurs lectures comme savent si bien le faire les américains, c’est une satire du « tout connecté » grinçante et souvent tordante. La réalisation est impeccable, je crois que je n’ai jamais vu un générique de fin aussi long (7 minutes) et soignée. Mention spéciale au carlin 🐕,🐖 ou 🍞c’est selon ! À voir.

📺  « Losing Alice » de Sigal Avin avec Ayelet Zurer, Lihi Kornowski, Gal Toren 8 X 50’ Apple TV et Hot 3 🇮🇱

Thriller néo-noir érotique et psychologique inspiré du mythe de Faust racontant l’histoire d’Alice, une ambitieuse réalisatrice de 47 ans dont l’obsession pour Sophie, une femme fatale de 24 ans, va lui faire abandonner toute intégrité morale dans sa quête de pouvoir, de succès et de reconnaissance infinie.
Une belle surprise que cette série israélienne avec ma chouchoute ♥️, Ayalet Zurer qui décidément fait le grand écart entre les superproductions us, les Shtisel et là ! Dans cette série on parle donc de création, d’art, de sexe, de pouvoir, d’attirance et de liaisons « maléfiques ». Pour moi, sans doute la meilleure série Apple TV jusqu’à maintenant. Juste derrière il y a The Servante, S1 pitchée en 2019, je reviens ici bientôt avec la S2.

💭📺📼🧸👵🏻 « Le Divan » créé et présenté par Henry Chappier est une émission télévisée qui a vu le jour le 4 avril 1987. Elle se déroule à la manière des consultations de psychanalyste et dure environ vingt-cinq minutes. Henry Chapier, l’animateur et créateur de l’émission, va y recevoir plus de trois cent personnalités parmi lesquelles Francis Ford Coppola, Serge Gainsbourg, Claudia Cardinale, Arletty, Enki Bilal, Mylène Farmer, Spike Lee, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen ou encore Christian Lacroix) qui répondent à ses questions allongées sur un divan jaune, devenu le symbole de l’émission. Le Divan reste réputé pour l’originalité de ses entretiens ainsi que la personnalité et la voix marquantes de son animateur et créateur.

Diffusée de mémoire le samedi en 2e partie de soirée, elle faisait le tampon entre l’émission jeunesse de la Trois et les séries US « Dynastie » ou « Deux flics à Miami ».
Émission de confessions donc, j’ai appris plein de choses sur les comédiens, réalisateurs, chanteurs et autres artistes que j’aimais…
J’ai adoré mes samedis « Baby Sitting » !
Pour la petite histoire, en novembre 2005, le divan jaune et le fauteuil rouge d’Henry Chapier sont mis aux enchères. Après une séance animée, Omar Harfouch acquiert pour 65 000 euros le fameux fauteuil de marque italienne « Poltrona Frau » que Marc-Olivier Fogiel et Stéphane Courbit lui ont également disputé. FOG reprendra par ailleurs le concept…
 

📚 « Conversations entre ami » de Sally Rooney, ed. de L’olivier, 2017 🇮🇪

Dublin, de nos jours. Frances et Bobbi, deux anciennes amantes devenues amies intimes, se produisent dans la jeune scène artistique irlandaise comme poètes-performeuses. Un soir, lors d’une lecture, elles rencontrent Melissa, une photographe plus âgée qu’elles, mariée à Nick, un acteur. Ensemble, ils discutent, refont le monde, critiquent le capitalisme comme les personnages de Joyce pouvaient, en leur temps, critiquer la religion. Ils font des photographies, ils écrivent, ils vivent. C’est le début d’une histoire d’amitié, d’une histoire de séduction menant à un ” mariage à quatre ” où la confusion des sentiments fait rage : quand Frances tombe follement amoureuse de Nick et vit avec lui une liaison torride, elle menace soudainement l’équilibre global de leur amitié. Coup de ♥️
Share This