Quelques brèves de Fabienne

 

 

S15 – 12 au 18 avril 2021

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎥🎞🚫
Toujours compliqué…
¯\\_(ツ)_/¯

À voir ou à revoir : 

📀 « Requiem for a dream  », de Darren Aronofsky avec Jennifer Connely, Jared Leto et Ellen Burstyn 2000 🇺🇸

Harry Goldfarb est un jeune diplômé accro à l’héroïne. Pour payer sa dope, il vole et revend le poste de télévision de sa mère, Sara, une veuve pauvre qui perd le sens du réel. Dépendante de la télé, celle-ci se gave d’amphétamines pour maigrir et espère ainsi passer dans son émission préférée.
« Requiem for a dream » est la descente aux enfers de quatre laissés pour compte, certes mais bien plus que ça. Vu en salle à sa sortie, ce film n’a pas vraiment pris de rides et reste une des plus grandes claques cinématographiques de ma vie de spectatrice. Visuellement, le réalisateur, alors tout jeune, fait montre d’une grande maîtrise et il est tout simplement impossible d’oublier les images qui se collent sur votre rétine. La dernière demie heure est terrible. Coup de ♥️ d’alors et de toujours. Mention spéciale aussi à la BO de Clint Mansell.
Pour aller plus loin : Requiem for a Dream est une adaptation du roman Retour à Brooklyn d’Hubert Selby, qui a coécrit le scénario avec le réalisateur.

📺  « It’s a sin » de Russel T Davis avec Olly Alexander, Lydia West, Nathaniel Curtis, Omari Douglas, Callum Scott Howells, 5 X 50’ Channel 4 / Auvio 🇬🇧 🏳️‍🌈2021

Ritchie, Roscoe et Colin débarquent à Londres en 1981. Les jeunes hommes vont commencer leur vie d’adulte avec un virus nouveau qui se propage dans la communauté gay. C’est l’histoire de leurs amis, de leurs amants et de leurs familles.
Forcément si vous avez, comme moi, eu des proches qui ont été emportés par le VIH, cette série aura une résonance singulière. J’avoue avoir été mitigée sur les 3 premiers épisodes mais les 2 derniers sont magnifiques et terriblement émouvants. Les pas de danse de Richie, les derniers moments de Colin et l’engagement sans faille de Jill… Je ne suis pas loin de penser qu’il y aurait eu un magnifique long-métrage à tirer de l’histoire entre Richie et celui dont il a été amoureux durant ses années lycée. Leurs retrouvailles sont terriblement touchantes. Quoiqu’il en soit, le sujet est, évidemment, très fort, la maladie horrible (quand on a 20 ans, ce ne sont pas les cimetières qu’on doit fréquenter) et les réactions si justement dépeintes des proches, voisins et médecins (on isolait et enfermait les malades dans les années 80) montrent à quel point la peur fait perdre toute humanité. Longtemps qualifié de « cancer gay », il n’était pas dans les priorités de trouver un vaccin contre le SIDA et ces jeunes gens mourraient les uns après les autres. D’ailleurs, le vaccin n’existe toujours pas, soit dit en passant (pour ceux qui l’ignoreraient).
J’ai, personnellement, préféré « Years & Years » (casting, écriture…) du même créateur mais une piqure de rappel sur ces années tragiques et nos petites lâchetés est vivement recommandée afin de ne pas recommencé… Bonne découverte et mettez des capotes ! 🦠❌

📺  « Canine Academy » 5 X 35’ Netflix 🇺🇸

Pour l’éducateur canin Jas Leverette, aucun chien n’est irrécupérable, aucun problème irrémédiable. Et il le prouve avec différents types de chiens et leurs maîtres.
5 chiens 🐶 . 5 histoires différentes. 1 seul éducateur.
Les animaux ont toujours eu une place importante dans ma vie et en particulier ceux qui ont eu des débuts difficiles. Ici, alors que ces 5 chiens sont en difficulté dans leurs familles, un homme va agir pour le bien être des quatre pattes 🐾 et de leurs maîtres.
Sans doute parce que mon prochain roman « Portraits de chiens » (Fleurus) sort dans un mois et demi, j’ai pris plaisir à regarder ces courts épisodes qui, au final, parlent de l’amour qu’un animal voue à son maître, de sa soif d’apprendre et de se surpasser pour le rendre fier. À voir !

💭📺📼🧸👵🏻 « La Belle et la Bête » de Ron Koslow avec Ron Perlman, Linda Hamilton, Roy Dotrice 3 saisons 56 X 45´ 1987-1990 🇺🇸 CBS

En France, les 2 premières saisons ont été diffusées du 12 novembre 1988 au 12 janvier 1991 sur La Cinq, en seconde partie de soirée. Rediffusion partielle en 1994, dans La Une est à vous sur TF1. Rediffusion, et diffusion des épisodes inédits de la saison 3 en 1996 sur TMC. Rediffusion des 2 premières saisons du 3 octobre 1998 au 30 novembre 1999 sur M6. Rediffusion du 6 novembre 2003 au 22 janvier 2004 sur Jimmy. Au Québec sur le réseau TVA.
Cette série, librement adaptée du conte éponyme écrit par Madame Leprince de Beaumont en 1757, raconte l’amour impossible entre Vincent, une créature ressemblant à un homme-lion vivant caché dans le monde d’En-bas, et Catherine, avocate dans le monde d’En-haut.
Le côté « amour impossible » me faisait vibrer pour cette série dont j’essayais de ne louper aucun épisode. Je retiens surtout ce générique début, raconté en double voix off, celle de Catherine et de Vincent qui se répondent. Coup de ♥️. Il y a eu un remake (que je n’ai pas regardé) en 2012.

📚 « Comment les rabbins font les enfants » de Delphine Horvilleur, Le livre de poche, biblio Essais, 2015 🇫🇷

À l’heure des replis communautaires et des identités figées, que signifie appartenir et transmettre ? Contrairement à ce qu’affirment tous les fondamentalismes, la transmission d’un héritage ne doit pas être une réplication à l’identique. Elle dépend d’une infidélité partielle, garante de surgissements inattendus, aujourd’hui comme hier.
Mariant filiation et rupture, la tradition juive ne se renouvelle qu’en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec d’autres ; cela implique l’ouverture à l’Etranger, ainsi que l’ouverture au Féminin. Cet ouvrage est donc d’abord un plaidoyer pour une « religion matricielle » qui, à la manière d’un utérus, est un lieu de fertilisation. Les textes sacrés eux-mêmes y sont fécondés par des lectures inédites.
Illustrant brillamment cette vision ouverte de la religion, Delphine Horvilleur revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse, notamment Adam et Eve, Caïn et Abel, l’histoire biblique des premiers parents et des premiers enfants de l’humanité. Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique. Trois thèmes sont successivement abordés : Comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c’est-à-dire la possibilité d’enfanter l’avenir.
Procédant avec clarté et humour, citant aussi bien Emile Ajar et Amos Oz que la Genèse et le Talmud, elle conclut son livre par une analogie entre le Texte et le Féminin, dotés d’une même capacité de croître et de multiplier.
En lisant cet essai, vous allez apprendre mille et une choses toutes plus intéressantes les unes que les autres.
Je crois que s’il est des femmes inspirantes, Delphine Horvilleur en est une des plus magnifiques représentantes. Son intelligence est remarquable, son humour corrosif, sa finesse rarement égalée et sa plume est à son image. Bref, pour la femme, pour l’œuvre… Coup de ♥️
Je vous parle de « Vivre avec nos morts » dans une prochaine semaine culturelle.
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