Quelques brèves de Fabienne

 

 

S6 – 10 au 16 février 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Les filles du docteur March » de Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Timothée Chalamet, Emma Watson… 🇺🇸
Dans la Nouvelle-Angleterre des années 1860, un père part comme aumônier pour la Guerre de Sécession, laissant ses quatre filles et sa femme derrière lui. Elles vont faire la connaissance du jeune Laurie.
Sorti que très récemment en Belgique, ce n’est donc que maintenant que je peux en parler.
Remake évidemment mais quelle histoire (toujours d’actualité et finalement très moderne) que celle racontée en 1868 par la romancière Louisa May Alcott. Lu en début d’adolescence, je garde de ce livre un souvenir ému. Je m’identifiais à Jo, évidemment ! Ce film est une petite madeleine qui se déguste sans modération. Il raconte le pourquoi de la création et l’amour absolu entre ces 4 sœurs. Casting 5 étoiles et très joli moment ❤️.

A voir ou à revoir : 

📀 « Dogville » de Lars Von Trier avec Nicole Kidman, Lauren Bacall et Paul Bettany 🇩🇰 2003
Dans les années trente, des coups de feu retentissent un soir dans Dogville, une petite ville des Rocheuses. Grace, une belle femme terrifiée, monte en courant un chemin de montagne où elle fait la rencontre de Tom, un jeune habitant de la bourgade. Elle lui explique qu’elle est traquée par des gangsters et que sa vie est en danger. Encouragée par Tom, la population locale consent à la cacher, en échange de quoi Grace accepte de travailler pour elle.
Grand jeu de massacre. Voilà ce qu’est en premier lieu Dogville le premier volet de la trilogie de Lars Von Trier. Découpé en chapitres, décor tracé à la craie sur le sol, ce film est une fable cruelle sur le bonheur de vivre dans une petite bourgade américaine. La chute ne sera que plus dure. Attention, on n’est pas loin du chef d’œuvre. Coup de ❤️ (à l’époque) !

A voir ou à revoir : 

📀 « Reaching for the moon  » de Bruno Barreto avec Glória Pires, Miranda Otto et Tracy Middendorf, 2012 🇧🇷🏳️‍🌈
1951. En manque d’inspiration, la poétesse Elizabeth Bishop quitte New York pour retrouver une ancienne camarade d’université émigrée au Brésil. Là, elle fait la connaissance de l’impétueuse architecte Lota de Soares. Une rencontre qui va redonner vie à sa créativité, mais également réveiller ses vieux démons…
Ce biopic retrace le parcours (brillant) et les amours saphiques d’Elizabeth Bishop qui va bouleverser le couple formé par Lota et Mary. Elle ravira le cœur de la première avant de la quitter après 15 ans de vie commune pour Alice Methfessel. Un des plus beaux poèmes de la poétesse s’intitule l’art de perdre. Il parle du deuil et de la douleur de l’absence laissée par l’être aimé. En voici la traduction :

Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître ; tant de choses semblent si pleines d’envie d’être perdues que leur perte n’est pas un désastre.
Perds chaque jour quelque chose. L’affolement de perdre tes clés, accepte-le, et l’heure gâchée qui suit.
Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître.
Puis entraîne toi, va plus vite, il faut étendre
tes pertes : aux endroits, aux noms, au lieu où tu fis le projet d’aller. Rien là qui soit un désastre.
J’ai perdu la montre de ma mère. La dernière
ou l’avant-dernière de trois maisons aimées : partie !
Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître.
J’ai perdu deux villes, de jolies villes. Et, plus vastes, des royaumes que j’avais, deux rivières, tout un pays.
Ils me manquent, mais il n’y eut pas là de désastre.
Même en te perdant (la voix qui plaisante, un geste que j’aime) je n’aurai pas menti. À l’évidence, oui, dans l’art de perdre il n’est pas trop dur d’être maître même si il y a là comme (écris-le !) comme un désastre.

📺 « Modern Love » de John Carney avec Anne Hathaway, Tina Fey, Cristin Milioti (How I Met Your Mother), Catherine Keener, Andy Garcia, John Slattery (Mad Men), Andrew Scott (Sherlock), John Gallagher Jr (The Newsroom) ou encore Julia Garner (Ozark)… 8 X30’ Amazon Prime 🇺🇸
Au programme, une anthologie romantique dans laquelle on suit huit récits de vie ayant figuré dans le New York Times. Chaque épisode d’une durée de 30 minutes se concentrera sur un personnage et sur son rapport à l’amour.
Déclinaison de l’amour… il s’agit d’histoires vraies.
Gros Cast pour chacun des 8 épisodes. Ils sont assez inégaux et étrangement celui avec Anne Hathaway est celui que j’ai préféré. « Étrangement », car je n’aime pas tellement cette actrice. Le dernier épisode est très beau. Très poétique. C’est une jolie série à voir. Pas un coup de cœur mais un petit crush 🤍 et NY est un personnage à part entière ce qui n’est pas pour me déplaire.

📚 « Je suis en vie et tu ne m’entends pas », de Daniel Arsand, Actes Sud, 2016 🇫🇷
Quand Klaus Hirshkuh débarque à la gare de Leipzig, ce jour de novembre 1945, c’est une ville détruite qu’il redécouvre pas à pas. Le jeune homme qui marche dans ces décombres est lui-même en morceaux. Il vient de passer quatre ans à Buchenwald. Parce qu’il est homosexuel. À bout de forces, il est une ombre, un fantôme. Scandaleusement vivant pourtant. Et il n’a pas fini d’expier.
L’histoire d’un Triangle Rose revenu des camps de la mort. Klaus est allemand, jeune, beau et homosexuel. Sa vie s’arrête en 1941 quand il est déporté. Un récit bouleversant, un sujet violent porté par un style impeccable et implacable. La folie des hommes racontée de l’intérieur. Une chair qui souffre et qui hurle un amour de jeunesse arraché et perdu juste parce qu’elle a eu le « malheur » d’aimer. C’est l’histoire de Klaus et de Heinz. C’est une histoire d’amour. C’est une histoire de survie.
Coup de ♥️🏳️‍🌈

📚 « Shi », volume 4 Zidrou / Homs Dargaud 🇧🇪/🇪🇸
Rattrapées par la police et l’horrible Kurb, Jay et Kita sont prises au piège. Elles parviennent à s’enfuir in extremis grâce à l’aide de Senseï, mais le prix à payer est terrible. Leurs têtes mises à prix, elles s’allient au Dead Ends, le gang de gamins des rues de Husband et Sainte Marie-des-Caniveaux. Ensemble, ils veulent se venger de cet Empire britannique qui les écrase sans vergogne.
Fin du premier cycle où se dénouent les destins toujours sur fond de vengeances et de vérités révélées. C’est très bien écrit et les dessins sont magnifiques. Coup de ❤️ !

🧸📚 « Lola », d’Olivier Dunrea, Kaléidoscope 🇺🇸
Lola est une petite oie jaune qui adore porter ses bottes rouge vif. Tous les jours. Mais un matin, les bottes ont disparu… Et c’est ainsi que Lola rencontre Olga, qu’elles deviennent meilleures amies, qu’elles ne se quittent plus jamais. Enfin, presque plus jamais…
J’adore cet album et suis tombée en amour de Lola et de ses petites bottes ! Un coup de ❤️ !

🎶 « Tombé du ciel » de Jacques Higelin Label EMI 1988 🇫🇷

Tombé du ciel à travers les nuages
Quel heureux présage pour un aiguilleur du ciel
Tombé du lit fauché en plein rêve
Frappé par le glaive de la sonnerie du réveil
Tombé dans l’oreille d’un sourd
Qui venait de tomber en amour la veille
D’une hôtesse de l’air fidèle
Tombée du haut d’la passerelle
Dans les bras d’un bagagiste un peu volage
Ancien tueur à gages
Comment peut-on tomber plus mal ?
Tombé du ciel rebel aux louanges
Chassé par les anges du paradis originel
Tombé d’sommeil, perdu connaissance
Retombé en enfance au pied du grand sapin de Noël
Voilé de mystère sous mon regard ébloui
Par la naissance d’une étoile dans le désert
Tombée comme un météore dans les poches de Balthazar
Gaspard ou Melchior, les trois fameux rois mages
Trafiquants d’import export
Tombés d’en haut comme les petites gouttes d’eau
Que j’entends tomber dehors par la f’nêtre
Quand je m’endors le cœur en fête
Poseur de girouettes
Du haut du clocher, donne à ma voix
La direction par où le vent fredonne ma chanson
Tombé sur un jour de chance
Tombé à la fleur de l’âge dans l’oubli, solo!
C’est fou c’qu’on peut voir tomber
Quand on traîne sur le pavé les yeux en l’air
La semelle battant la poussière
On voit tomber des balcons
Des mégots, des pots d’fleurs
Des chanteurs de charme
Des jeunes filles en larmes
Et des alpinistes amateurs
Tombés d’en haut comme les petites gouttes d’eau
Que j’entends tomber dehors par la f’nêtre
Quand je m’endors le cœur en fête
Poseur de girouettes
Du haut du clocher donne à ma voix
La direction par où le vent fredonne ma chanson
Tombé sur un jour de chance
Tombé par inadvertance amoureux
Tombé à terre pour la fille qu’on aime
Se relever indemne et retomber amoureux
Tombé sur toi, tombé en pâmoison
Avalé la ciguë, goûté le poison qui tue
L’amour
L’amour encore et toujours

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