Quelques brèves de Fabienne

 

 

S42 – 19 au 25 octobre 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎥🎞😷 « Corpus Christi » de Jan Komasa avec Bartosz Bielenia, Eliza Rycembel, Tomasz Ziętek…, 2020  🇵🇱

Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse. Le crime qu’il a commis l’empêche d’accéder aux études de séminariste. Libéré sur parole, au lieu d’aller travailler, il se présente à la paroisse de la ville voisine comme étant un prêtre en vacances.
Le scénario s’inspire d’une histoire vraie. Une jeune homme a officié plusieurs mois dans une paroisse polonaise et célébré des mariages et des baptêmes sans trop se soucier du dogme officiel. Le film, souvent violent, pose la question de la foi mais aussi et surtout de la vocation et, peut-être, de la rédemption. Le comédien principal est fabuleux et sa gueule d’ange n’y est certainement pas pour rien. C’est un énorme coup de ♥️ !

À voir ou à revoir : 

📀  « The Magdalene sisters » de Peter Mullan avec Nora Jane Noon, Anne-Marie Duff, Eileen Walsh… 🇨🇮🇬🇧 2002

En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964.
Lors d’un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s’abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret.
Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l’orphelinat la confie alors à l’unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin.
Rose, qui n’est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine.
Les trois jeunes femmes sont immédiatement confrontées à Sœur Bridget, qui dirige l’établissement et leur explique comment, par la prière et le travail, elles expieront leurs pêchés et sauveront leur âme. Telles Marie-Madeleine lavant les pieds du Christ, c’est en lavant le linge de l’Église irlandaise et de la bonne société que ces femmes se laveront de leurs péchés en travaillant comme des esclaves, battues, humiliées, mal nourries, jusqu’en 1996.
Ce film m’avait traumatisée à sa sortie ! J’avais des envies de meurtres contre les sœurs qui profitaient de la détresse de ces jeunes femmes pour les humilier et les convertir en esclaves. À travers le portrait de ces 3 femmes, c’est l’histoire de l’Irlande toute entière qui est racontée. Du début du XXe siècle jusqu’en 1996, date à laquelle ferma le dernier “Magdalene Home”, l’Etat irlandais approuva l’Eglise, et la société bigote et hypocrite souscrivit silencieusement à cette pénitence salvatrice. À voir absolument. Coup de ♥️ d’alors et de toujours. Le film a remporté le Lion d’Or à Venise.

 

📺 « Yellowstone » de Taylor Sheridan et John Linson avec Kevin Costner, Kelly Reilly, Luke Grimes… 3 saisons (en cours) 24 X 42 à 92´ Paramount Pictures, 2018 🇺🇸

Dans le Montana, la famille Dutton possède le plus grand ranch des États-Unis près du parc national de Yellowstone. Menée par le patriarche John, la famille se bat contre des politiciens et des promoteurs immobiliers, pour que l’on n’empiète pas sur ses terres, notamment pour une réserve indienne.
Je me suis laissée embarquer dès le premier épisode par cette famille dysfonctionnelle. Les paysages, les grands espaces, le casting 3 étoiles ont fait le reste. On comprend évidemment en regardant ce genre de séries pourquoi l’Amérique vote pour un type comme Trump. C’est vraiment le far West et ce sens de la propriété exacerbée qui fait qu’on dégaine sans sommation. Le dernier épisode de la S3 nous laisse sur les dents et on attend évidemment avec impatience la reprise des tournages. Mention spéciale au générique de toute beauté qui m’a fait penser à celui de True Détective. Coup de ♥️ ! Et il y a la sublime Kelly Reilly…

📺  « 700 requins dans la nuit  » de Luc Marescot, Arte, 2018 🇫🇷

Dans une passe d’un kilomètre de l’atoll polynésien de Fakarava, 18 000 mérous et 700 squales s’y donnent rendez-vous chaque année. L’étude de ce rassemblement (le plus grand de la planète) offre quelques révélations :
-On peut hypnotiser les requins. De manière à ce qu’ils entrent en catalepsie ou en immobilité tonique, il faut faire basculer l’animal par le museau, de sorte qu’il se retrouve à la verticale. Il ne ressent alors plus rien (ça je le savais).
-Le décrochage de la mâchoire lorsque le requin attaque sa proie (très impressionnant).
-Les chasses en meute sont soumises aux cycles lunaires, comme ici avec les mérous, en pleine reproduction.
-Les requins ont une capacité à cicatriser hors normes. Un requin marqué par des biologistes a cicatrisé en deux jours.
-Les requins sont capables de techniques d’attaque cordonnée pour traquer leurs proies, comme de chasse en binôme.
-Les requins exploitent les capacités des autres espèces pour moins se fatiguer.
-Le comportement de défense solidaire n’existe pas chez le squale. C’est chacun pour soi !
Une odyssée passionnante menée par des scientifiques et des spécialistes du monde entier au cœur de ce qu’on peut appeler une meute. Ces hommes qui observent, étudient et manipulent les requins 🦈 depuis toujours sont d’une humilité absolue. Il y avait des choses que je savais, passionnée par les squales depuis longtemps, et d’autres que j’ai apprises avec la curiosité d’une enfant. Ce ballet et cette chorégraphie aquatiques sont à voir absolument. Coup de ♥️ !

📺 « My octopus teacher » de Roger Horrocks, Netflix, 2020 🇬🇧

Depuis huit ans, le plongeur en apnée Craig Foster explore la faune rare au large des côtes d’Afrique du Sud. Ses observations quotidiennes d’une pieuvre sauvage vivant dans une forêt de varech se développent en un lien étroit, entre les espèces et séparées par des millions d’années d’évolution. L’ingéniosité et la vivacité d’esprit du poulpe témoignent d’une intelligence très développée. Avec Roger Horrocks (BBC’s ‘Blue Planet II’) derrière la caméra, nous sommes amenés sous la surface de la mer et dans un autre monde plein d’animaux colorés et bizarres, et nous sommes témoins des merveilles et de la brutalité de la nature. La rencontre avec la pieuvre change la vie de Craig pour toujours.
La pieuvre 🦑, l’invertébré aquatique le plus intelligent du monde ! Dotée de 9 cerveaux (dire qu’il y a certains humains incapables de faire fonctionner le seul qu’ils ont…), d’étonnantes capacités visuelles, elle est, je le savais, capable d’apprentissage et peut, en observant un semblable, apprendre et répéter ses gestes. On a tous en mémoire (enfin les passionnés) le test du bocal et où on apprend que la transmission par apprentissage serait aussi génétique, je veux dire par là que le poulpe qui a expérimenté l’ouverture du bocal a des petits qui sont capables, sans l’avoir vu, de reproduire les gestes. Le débat de l’inné et de l’acquis est, au-delà du sensationnel avec ces animaux extraordinaires. Ici, on comprend (si certains en doutaient encore) que cette pieuvre a soif de communiquer avec l’homme et c’est d’une beauté bouleversante. À voir ABSOLUMENT. Coup de ♥️ !
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Il ne manquait que 3 docus sur les hippocampes, les loutres 🦦 et les baleines 🐋 et tous mes intérêts pour le monde aquatique auraient été réunis…
Passion Grand Bleu 🌊 !
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📚 « Je sais pas »  de Barbara Abel, 2016, Poket 🇧🇪

À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme… Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar. Une enfant de cinq ans a disparu. Que s’est-il passé dans la forêt ? À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme. Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?
Ce roman est dans ma bibliothèque depuis des années et jamais je ne l’ai ouvert. C’est donc longtemps après tout le monde que j’ai découvert cette histoire. Avec une écriture rythmée Barbara Abel décide de faire de son ange un démon et j’ai adoré le contre pied. Je craignais une fin qui ne soit pas à la hauteur, elle l’est. À lire donc si comme moi, vous avez pris le train en retard.

📚 « Mon père cet enfer »  de Travis Dandro, Gallimard, 2020, BD 🇺🇸

Auburn, Massachusetts, août 1980. Travis est heureux, il vit avec sa mère, ses petits frère et son père dans un pavillon de cette ville tranquille des Etats-Unis. Fréquemment, David, « un ami » de sa mère l’emmène se promener ou le garde les week-ends.
Quelques jours plus tard, au Papa Gino’s, un diner, la mère de Travis lui apprend que son père biologique n’est autre que David. Elle aura attendu ses six ans pour lui annoncer. Désormais, il pourra l’appeler Papa Dave.
Tout au long de ce long roman graphique aux dessins plus complexes qu’ils n’y paraissent au premier abord et dans un N&B d’une sobriété qui sied au propos, Dandro nous livre la version de son enfance et de ses bleus au cœur. Coup de ♥️ !
La technique ressemble (en moins aboutie -stylo bic) à celle de « Moi, ce que j’aime c’est les monstres » de Ferris… dont j’attends désespérément le T2… au passage.

🧸📚 « La pièce secrète » de Astrid Desbordes et Marc Boutavant, Nathan, 2020 🇫🇷

En roulant le tapis pour balayer le châtaignier, Edmond découvre une trappe. Elle ouvre sur un petit escalier qui descend sous la terre jusqu’à une pièce secrète. Il ne l’avait jamais vue, et pourtant il va vite découvrir que c’est grâce à elle que le châtaignier tient debout. Une histoire sur l’importance de ce qui n’est pas visible avec les yeux…
Toute la collection est très chouette. La tendresse des textes et le peps des illustrations se marient très bien. Ici, le sujet est le jardin secret, celui que l’on cultive pour soi en espérant (peut-être) qu’il touchera le cœur de ceux qui nous sont chers. Offrez-le ! Coup de ♥️
la couleur des émotions - anna llenas
🎶  « Combien de temps » de Stéphane Eicher 1987 🇨🇭 © Electric Unicorn Music Prod., Copyright Control (non-hfa), Universal Musica, Inc. Obo Electric Unicorn Music Prod.
L’ombre de mes cils un seul regard
L’ombre de mes cils comme un rempart
Le plaisir facile les amours d’un soir
Meurent d’un oubli subtil dans le nœud d’un foulard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois je bois
Et je suis saoul de toi saoul de toi
L’ombre de mes cris flèches invisibles
L’ombre de mes cris comme une cible
Les mots inutiles sourires illusoires
A vos questions futiles je réponds au hasard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois je bois
Et je suis saoul de toi
Ces jours-là j’ai de la peine
A vivre loin loin de toi
J’ai de la folie plein les veines
Je bois je bois et je suis saoul de toi
Combien de temps
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