Quelques brèves de Fabienne

 

 

S39 – 28 septembre au 4 octobre 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎥🎞😷 « Hope Gap » de William Nicholson, avec Annette Bening, Bill Nighy et Josh O’Connor, 2020 🇬🇧

L’histoire retrace la vie de Grace, choquée d’apprendre que son mari la quitte pour une autre après 29 ans de mariage. À travers des étapes de choc, d’incrédulité et de colère, tout le monde essaie de suivre un nouveau chemin … le chemin de l’espoir.
Le film est d’une précision absolue dans le décryptage du fonctionnement d’un couple arrivé en fin de parcours commun. Les comédiens principaux sont tous les trois parfaits, l’écriture est d’une justesse folle, la réalisation sans fioriture d’une exactitude millimétrée. C’est triste et beau à la fois. C’est un coup de ♥️ pour moi.

À voir ou à revoir : 

📀  « C.R.A.Z.Y.  » de Jean-Marc Vallée avec Michel Côté, Marc-André Grondin, Émile Vallée … 2005🇨🇦 🏳️‍🌈 

Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur. De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu’il cherche désespérément à retrouver, Zac nous raconte son histoire… 25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons.
Décidément, j’aime le cinéma canadien en général et québécois en particulier même si niveau accent et expressions, il vaut mieux mettre les sous-titres. Un film follement attachant qui (dé)peint le portrait de une famille « presque » comme les autres et d’un garçon « différent » qui grandi au sein de celle-ci ! Coup de ♥️ d’alors et encore aujourd’hui !

📺 « Dispatches from elsewhere » de Jason Segel avec Jason Segel, Ève Lindley, Sally Field… 10 X 50’ AMC / Amazon Prime 🇺🇸

Dans cette série d’anthologie, un groupe de gens ordinaires tombe sur un puzzle dissimulé sous le voile de la vie quotidienne. Tous vont être amenés à découvrir que le mystère remonte bien plus loin et plus en profondeur que tout ce qu’ils auraient pu imaginer…
Fascinante selon Allo ciné… alors comment dire ? Je n’ai pas réussi à aller plus loin que l’épisode 1. Trop « space » pour moi (sans doute) sachant de « Twin Peaks » était mon maximum et que tout le monde n’a pas le talent de David Lynch, loin sans faut ! Je vous laisse faire votre propre opinion sur la question. Le comédien de « How i met your mother » a dû perdre 50 kilos et ça ne lui va pas du tout. Il a l’air chétif et maladif, bref ça n’aide pas… dites-moi que j’ai eu tort de ne pas m’accrocher !
-> Idem avec la S2 de Dirty John et 2 autres séries (anglaises) que je ne vais pas citer (mais que je vous pitché en MP en vous disant pourquoi vous pouvez passer votre tour).
***
-> Une série on y va parce qu’on a aimé sa S1, qu’un copain vous en a parlé, parce qu’il y a des comédiens qu’on adore, ou qu’il y a un comparatif qui est fait avec une série qui nous a ému(s), bouleversé(s)… mais parfois, parce qu’on n’est pas infaillibles, même les « fans » de séries se plantent. C’est la semaine parfaite pour illustrer mon propos. Vivement la S40 !!!

📺 « L’affaire Gabriel Fernandez » de Brian Knappenberger. 6 X 52’ Netflix 🇺🇸

Le meurtre brutal d’un garçon et le procès de ses parents ainsi que des services sociaux remettent en question la protection des plus vulnérables par le système.
Biopic judiciaire sur le calvaire vécu par cet enfant de 8 ans, maltraité par sa mère et son beau-père (qui le soupçonnait d’être gay) et « oublié » des services sociaux de la Californie du sud. Un scandale qui a ébranlé cet organisme de 175000 employés bénéficiant d’une aide étatique de plus de 3 milliards de dollars.
Maltraitance, torture, crime haineux. Une enquête qui a fait, à raison, tomber des têtes, étayée par de nombreux témoignages dont le journaliste qui s’est emparé de l’affaire et la procureure (Jackie Lacey) du Comté de Los Angeles. Ville qui n’a jamais aussi mal porté son nom. Un des rares cas de maltraitance sur enfant pour lequel on a demandé et obtenu la peine de mort pour les bourreaux. Afin que Gabriel ne soit pas mort en vain…

📚 « Un enfant de Dieu »  de Cormac McCarthy, 1973, Points 🇺🇸

À quel moment Lester est-il devenu un monstre ? Chassé de chez lui, il erre dans les montagnes comme un charognard guettant ses proies. Ses raisonnements se simplifient, les actes laissent place aux pulsions et ses gestes deviennent ceux d’un animal traqué. Un monologue où se mêlent insultes et sanglots s’élève dans sa grotte peuplée de cadavres ; le grognement à peine humain d’un enfant de Dieu.
Quelle claque que ce roman où il n’y a, ni enfant, ni dieu. C’est court, brutal, dérangeant.
C’est écrit avec brio et McCarthy ne prend jamais parti. Avec son style impeccable, il déroule l’histoire de ce serial killer nécrophile et nous embarque dans cette noirceur étouffante et belle, malgré ou en dépit de tout… À lire absolument ♥️ !

🧸📚 « La couleur des émotions » de Marie Antilogus et Anna Llenas Quatre fleuves édition 🇫🇷

Le monstre des couleurs se sent tout barbouillé, aujourd’hui. Ses émotions sont sens dessus dessous ! Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Réussira-t-il à mettre de l’ordre dans son cœur et à retrouver son équilibre?
Encore un livre sur les émotions mais quoi de plus important quand on est petits et qu’on ne sait pas toujours bien les exprimer… ça arrive aux adultes aussi ! Alors, vous savez quoi ? À mettre entre toutes les mains !
la couleur des émotions - anna llenas

📸 « Les tasses » de Marc Martin 🇫🇷🏳️‍🌈. Du 18 septembre à 3 octobre 2020 à La Vallée-Bruxelles (Molenbeek).

Présentation de l’expo par le journaliste Maxime Vaillet. Et si on parlait pipi ? Ou plutôt des tasses. Les tasses, dans l’argot, désignent des pissotières et tirent leur nom de leur forme de théière. Peu à peu installées dans l’espace public, ces fameuses tasses – également appelées vespasiennes*- ont opéré un grand pas pour l’hygiène et la salubrité publique : les hommes ont cessé d’uriner à tout vent.
Toutefois, leur fonction ne s’est pas limitée à servir aux besoins naturels de la population masculine. En privé, les tasses ont aussi répondu à un besoin social. Elles deviennent en effet un lieu de rencontres – gratuit et ouvert à tous –pour ceux qui ont été condamnés par la société en raison de leurs désirs et de leurs pratiques ” inavouables ” : homosexuels, bisexuels, hétérosexuels curieux, travestis et prostitués. D’ailleurs, les pissotières font très tôt l’objet d’une surveillance policière. À l’origine de cette exposition, on retrouve Marc Martin (1971), photographe, vidéaste et plasticien français installé à Berlin. Ce militant LGBT travaille sur la visibilité des minorités dans la diversité de leurs pratiques sexuelles, y compris celles en marge. ” Les pissotières ont toujours eu mauvaise réputation. Elles sont davantage synonymes de honte que de fierté au sein même de la communauté. À ceux qui draguaient là, on a souvent reproché d’être lâches, qualifié de sordides leurs rencontres en ces lieux publics. Or, n’ont-ils pas, pendant plus d’un siècle, osé affronter des plaisirs défendus par la loi ? J’aimerais qu’on reconnaisse à ces hommes un certain courage. ” peut-on lire dans le communiqué de presse.
Au-delà des histoires des mœurs et du rôle clé pour les minorités LGBT, les pissotières – véritables repaires clandestins – ont exercé d’autres missions centrales : lieu d’échange et de rendez-vous pour la Résistance à Paris, point de ralliement à Bruxelles, poste d’observation du mur de Berlin pendant la guerre froide, support d’expression pour les campagnes électorales ou revendication des premières féministes…Oubliées des urbanistes, les femmes n’ont en effet jamais pu bénéficier de ces toilettes conçues par et pour les hommes. Pisser en ville reste donc bien une affaire d’hommes.
Inaugurée en 2018 au Schwules Museum Berlin (où vit le photographe), l’expo itinérante est composée de photos, d’archives et de témoignages. Elle s’envolera pour NY juste après…
« Les tasses – Toilettes publiques – affaires privées » explore la ville à travers une sexualité « interdite ». L’expo parle d’identité mais aussi d’émancipation et raconte, par le biais de cette installation aujourd’hui disparue, l’histoire de la communauté LGBTQIA+. Une main tendue vers l’acceptation de la différence.
Rappelons que la dépénalisation de l’homosexualité ne remonte qu’à 1981 en France et que, dans le monde, le monde, 72 États ont une législation répressive à l’égard des personnes homosexuelles, condamnées parfois, à la peine capitale ou la prison à perpétuité. Mourir d’aimer… cela ne devrait jamais, jamais arriver ! Coup de cœur militant ♥️🏳️‍🌈 !
(*) en référence à l’empereur Vespasien qui avait imposé une taxe sur l’urine.
🎶  « Enola Gay » de Orchestral Manoeuvres in the Dark 1980 © BMG Rights Management 🇬🇧
Enola Gay, you should have stayed at home yesterday
We got your message on the radio, conditions normal and you’re coming home
These games you play, they’re gonna end in more than tears someday
Uh huh Enola Gay, it shouldn’t ever have to end this way
It’s 8:15, that’s the time that it’s always been
We got your message on the radio, conditions normal and you’re coming home
Enola Gay, is mother proud of little boy today
Uh huh, this kiss you give, it’s never ever gonna fade away
Enola Gay, you should have stayed at home yesterday
We got your message on the radio, conditions normal and you’re coming home
These games you play, they’re gonna end in more than tears someday
Uh huh Enola Gay, it shouldn’t ever have to end this way
It’s 8:15, that’s the time that it’s always been
Uh huh, this kiss you give, it’s never ever gonna fade away
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