Quelques brèves de Fabienne

 

 

S2 – 13 au 19 janvier 2020

 

 

 

Un peu de culture dans ce monde de brutes.

🎞🎥 « Seules les bêtes » de Dominik Moll avec Valeria Bruni-Tedeschi, Damien Bonnard, Laure Calamy et Denis Menochet 🇫🇷🇩🇪
Une femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau où subsistent quelques fermes isolées. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste, cinq personnes se savent liées à cette disparition. Chacune a son secret, mais personne ne se doute que cette histoire a commencé loin de cette montagne balayée par les vents d’hiver, sur un autre continent où le soleil brûle, et où la pauvreté́ n’empêche pas le désir de dicter sa loi.
Peu de films en ce début d’année (nous avons soit tout vu, soit les films que nous attendons ne sont pas encore sortis). C’est donc par défaut, que nous sommes allées voir le dernier Moll et quelle belle surprise pour ce thriller choral psychologique. Si vous aimez les ambiances étranges (Harry, un ami qui vous veut du bien), ce LM ne sera pas sans vous déplaire ! Coup de ❤️ surprise !

A voir ou à revoir : 

📀 « Ce que je sais d’elle d’un simple regard » de Rodrigo Garcia avec Glenn Close, Cameron Diaz, Holly Hunter… 🇺🇸 2000.
À Los Angeles, cinq histoires de femmes. “Ici, docteur Keener” : un médecin quinquagénaire rencontre une jeune cartomancienne qui lui fait prendre conscience du vide de son existence. “Fantasmes sur Rebecca” : Rebecca donne à tous l’image d’une femme de caractère mais cache une grande fragilité. “Quelqu’un pour Rose” : Rose est attirée par un nouveau voisin qui semble sortir tout droit d’un monde imaginaire. “Bonne nuit Lilly, bonne nuit Christine” : Lilly va mourir, Christine passe une dernière nuit avec elle. “L’amour attend Kathy” : Kathy enquête sur un suicide.
Ce film, porté par un casting de femmes 5 étoiles, raconte le destin croisé de celles-ci. Un regard très juste de la « femme » des années 2000 qui m’avait profondément bouleversée à sa sortie en salle. Il a évidemment un peu vieilli mais la justesse de la direction des comédiennes permet de ne plus y prêter attention passé les premières minutes. Coup de ❤️ 

📺 « Pennyworth » de Bruno Heller avec Jack Bannon, Ben Aldridge… 10 X 50´Amazon Prime. 🇺🇸
À Londres, dans les années 1960, Alfred Pennyworth, futur majordome de Batman, officie au sein des forces spéciales britanniques. Il va faire la connaissance du milliardaire américain Thomas Wayne.
Prequel de Batman, la série offre un passé et une vie au célèbre majordome des Wayne. Ancien SAS, le jeune Alfie est entouré de deux anciens camarades et il affronte deux organisations secrètes alternatives qui veulent mettre à mal la Monarchie Anglaise ainsi que l’ordre du monde. Une petite série qui se regarde sans déplaisir d’autant que personne ne l’attendait.

📚 « Brillant comme une larme », de Jessica Nelson Albin Michel 🇫🇷
Paris, 1917. Un tout jeune garçon se presse pour rejoindre sa maîtresse, de dix ans son aînée. Il veut aller vite, trop vite. Il ne sait pas encore qu’il porte en lui le génie de la littérature et que son parcours de comète se mêlera aux destinées de Coco Chanel, Max Jacob, Picasso, Breton et Aragon, et surtout à celle de Jean Cocteau… Mais il est persuadé qu’il a de grandes choses à accomplir et peu de temps pour y parvenir. Raymond Radiguet, futur auteur du Diable au corps, va tutoyer les étoiles et s’y brûler.
Qu’il est compliqué pour moi de donner un avis sur cette lecture car si j’ai beaucoup de tendresse pour l’auteure, je n’en ai absolument aucune pour son personnage.
Raymond Radiguet est l’essence même de tout ce que j’exècre chez un être humain, allumeur, manipulateur… Depuis « Tandis que je me dénude » et « Debout sur mes paupières », Jessica Nelson affirme son style et son choix des titres poétiques. Très documenté et grâce à sa maîtrise d’une époque qu’elle semble admirer, l’auteure nous entraîne au cœur de l’intelligentsia parisienne des années d’après Grande Guerre. Mais Radiguet ? Que dire de lui ? Sur lui ? J’ai alors décidé de lire ce roman comme une étude psychologique : la naissance d’un Rastignac ! Et tout s’éclaire alors.
Pour créer un « ambitieux » (- en jupon ou pantalon, la méthode est la même -et surtout ne pas confondre avec « avoir de l’ambition ») voici les ingrédients :
– prendre quelqu’un d’intelligent (il l’est)
– le faire grandir dans une famille « manquante » (c’est le cas, son père ne gagne pas un kopeck et sa mère enchaîne grossesse sur grossesse – ce qui ne rassure en rien cet anxieux chronique)
– le placer dans un environnement provincial et le faire rêver de la capitale (Radiguet est né à St Maur)
– lui faire ensuite croiser le chemin d’une première victime sur laquelle il va s’exercer (Alice, institutrice plus âgée, engagée avec un Poilu qu’elle voit peu pendant 4 ans, sexuellement en « détresse ».
Et on y est !!!
Puis quand cette première « proie » a été « broyée par l’amour » (au point d’être prête à tout lâcher), s’en désintéresser et chercher une prochaine victime. Pas encore « LE » mentor (il faut encore affiner sa tactique, mais on s’en approche. À noter qu’il sera évidemment plus vieux et déjà dans la place, ça aide).
Radiguet brûle ainsi les étapes de l’ascension sociale. Il veut tout, tout de suite. Vite. Finalement, c’est Jean Cocteau que cet « Enfant Terrible » séduira mais il se dérobera à chaque fois…
Depuis que j’ai refermé ce livre, je m’interroge : Cocteau n’aurait-il pas fait « plus » que d’encourager Radiguet pour l’écriture de son roman ?
Il en était fou amoureux, il l’a introduit dans tous les milieux que Radiguet convoitait, il lui a présenté des gens, l’a placé auprès d’un éditeur, lui a obtenu une rente, un prix littéraire doté et prestigieux, l’a emmené avec lui en villégiature loin de Paris, a veillé sur sa santé alors qu’il était dépendant à bien des substances, alors de là à penser que…
Quoiqu’il en soit, on comprend que l’auteure veuille attirer notre bienveillance sur la précocité de son héros, lui pardonnant beaucoup (trop ?) de choses… Toujours est-il qu’en 1919, une comète a rencontré une étoile et que c’est cette histoire, aussi, qui est racontée… Bonne découverte !

🧸📚 « La petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête », de Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch 🇩🇪.
Comme tous les soirs, la petite taupe sort de la terre pour voir si le soleil a disparu. C’est alors qu’on ose lui faire sur la tête ! C’est rond et marron, aussi long qu’une saucisse. Mais qui a bien pu faire ça ?
Voilà une histoire que j’aurais adoré écrire. Elle est toute simple et hilarante. Il est impossible que vous soyez passé à côté. Tout y est. Humour, rythme et chute tordante ! Un coup de ❤️ intemporel à offrir pour rire et faire plaisir ! Un classique.

🎶 « To be reborn » Boy Georges 🇺🇸 1987. Album Sold. Label ?

Get off your knees
Don’t apologise
‘Cause I ain’t got no time
For no more lies
You know the answer
I gave it to you
But you carry on
With the things that you do
Yes I have tried
I, I could live, I could die
I could be reborn in your arms
I, I could laugh, I could cry, I could sigh if you’re there
To keep me warm
To keep me warm, warm, warm
Talk to me
Open your eyes
Talk to me
Lose the disguise
We had good love
Most of the time
Give it back
That love is mine
Give it back
Just one more time
I, I could live, I could die
I could be reborn in your arms
I, I could laugh, I could cry, I could sigh if you’re there
To keep me warm
To keep me warm, warm, warm
I know the answer
What can we do
I know the answer, yeah
So do you
I gave you love
I gave it to you
I gave you love – something new
I gave you love
I, I could live, I could die
I could be reborn in your arms
I, I could laugh, I could cry, I could sigh if you’re there
To keep me warm
To keep me warm, warm, warm

🎟 « Expo Keith Haring » jusqu’au 19 avril 2020 🇧🇪
BOZAR présente une grande rétrospective de l’artiste américain légendaire, Keith Haring. Ami et compagnon d’art à la fois d’Andy Warhol et de Jean-Michel Basquiat, Keith Haring manifesta une présence unique dans le New York des années 1980, jouant un rôle clé dans la contre-culture et créant un style immédiatement reconnaissable. Surtout célèbre pour ses motifs iconiques − chiens aboyeurs, bébés rampants et soucoupes volantes −, Haring cherchait à faire œuvre d’« art public » qu’il diffusait à travers son Pop Shop, les médias ou encore dans les métros et les espaces urbains collectifs. Puisant ses influences dans l’expressionnisme abstrait, le pop art, la calligraphie japonaise ou les travaux des grapheurs new-yorkais, son style singulier, en apparence spontané, était tout autant traversé par les énergies de son époque, du voyage dans l’espace au hip-hop et aux jeux vidéo. Une œuvre puissante, qui n’a rien perdu de son actualité.
J’ai beaucoup aimé cette rétrospective. Toute la partie militante Act-Up est extrêmement puissante et raconte cette tragédie qui faisait (fait toujours) se conjuguer amour et mort. Pop-Artiste majeur de cette fin du 20e siècle, cette exposition Keith Haring est à voir. Il y a une play-list réalisée spécialement pour cette rétrospective et elle est dispo sur le site Bozar.

Recevez mes chroniques par mail pour vous inspirer !

Une fois par semaine directement dans votre boîte mail.

Votre inscription a bien été prise en compte

Share This