
La Méthode – David Djaïz
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Comment un Etat peut-il se débarrasser d’une population indésirable dont il ne parvient pas à contrôler le flux et qui renvoie de lui une mauvaise image ? « Tout est question de méthode ». Un canicide à Constantinople préfigurant les génocides du XXe : saisissant premier roman de David Djaïz.
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 264
Parution : Août 2026
Question d’actualité : comment un Etat peut-il se débarrasser d’une population indésirable dont il ne parvient pas à contrôler le flux et qui renvoie de lui une mauvaise image ? Tenter de la déplacer est une solution. En supprimer tous les membres pour l’éradiquer en est une autre. Comment procéder ? « Tout est question de méthode ». C’est le sujet de l’excellent livre de David Djaïz, essayiste, enseignant à Sciences Po et dont c’est le premier roman.
Les individus qui ont ainsi mobilisé les dirigeants ottomans en 1910, soucieux de se moderniser et de renvoyer une bonne image au plan international, étaient alors… des chiens errants, très nombreux à Constantinople, proliférant par milliers à une époque où les préoccupations hygiénistes battaient leur plein et où le vaccin contre la rage avait été inventé par Pasteur quelques années auparavant. L’histoire de ce roman débute précisément en France, à la fin du 19e, dans le laboratoire du savant français où l’une de ses petites mains, vétérinaire et microbiologiste, rêve de reconnaissance.
Paul Remlinger qui a assisté Pasteur, obtient quelques années plus tard, en 1901, un poste qui pourrait le révéler : la création d’un institut antirabique à Constantinople, l’occasion d’une immersion dans un monde exotique surprenant où rien ne se déroulera exactement comme il l’avait imaginé. Dix années vont passer sans qu’il n’accomplisse rien de probant. Alors, quand les autorités sollicitent son expertise pour se débarrasser définitivement de ce fléau que représentent les canidés, Paul entrevoit la possibilité d’enfin se distinguer. Il imagine une méthode infaillible mettant en œuvre des chambres d’euthanasie fonctionnant au gaz.
En dressant le portrait de ce scientifique qui a réellement existé et qui admirait les microbes – « des êtres d’une franchise désarmante, ils n’ont pas d’opinion donc ils ne mentent pas » – , David Djaïz revient sur ce canicide qui lui aussi a bien eu lieu.
Une réflexion passionnante et éclairante sur les limites des méthodes, aussi parfaites paraissent-elles et sur celles de la mémoire, sur la science mise au service de politiques hasardeuses, sur les peurs qui demeurent et les erreurs qui, inlassablement, se répètent. « Tout revient toujours ».

© Dorian Prost
À propos de l’auteur
Né en 1990, David Djaïz est l’auteur de quatre essais aux éditions Allary. La Méthode est son premier roman.
Quelques pages en extrait du livre
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