Festivals Eclats !

 

 

 

📚A QUOI TIENT 𝗨𝗡 𝗙𝗘𝗦𝗧𝗜𝗩𝗔𝗟 𝗟𝗜𝗧𝗧𝗘𝗥𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗥𝗘𝗨𝗦𝗦𝗜 ?

Baisse continue du nombre de lecteurs, librairies en dépôts de bilan, déclin préoccupant du marché, renoncement d’éditeurs et d’exposants… Le temps des grand’ messes dédiées aux livres aurait vécu, certains auteurs reconnus les délaissant même, leur préférant indéniablement des formats atypiques leur réservant un accueil soigné : thématiques originales, angles d’approches pertinents, lieux insolites, associations d’écrivains audacieuses… Ce renouveau des Festivals et salons a le vent en poupe et séduit davantage de curieux, amateurs comme néophytes, prêts d’ailleurs à payer leur place pour y participer, et heureux de repartir avec nombre de livres dédicacés.

Ainsi en va-t-il du Festival Eclats organisé par l’Association du Toboggan et dont la première édition s’est tenue à Genève, au Fédéral Studio du 5 au 7 juin 2026. Un événement né d’un simple échange entre le «banquier le plus lettré de Genève», Olivier Calloud – ainsi désigné par Nicolas Capt, Co-Président du Festival avec Sébastien de Dianous –, et François-Henri Désérable, devenu son directeur artistique.

L’objectif était de proposer des débats d’idées théâtralisés, éloignés des présentations d’ouvrages classiques, avec la participation d’un comédien en la personne d’Olivier Broche, célèbre notamment pour ses prestations avec les Deschiens, endossant le rôle de « mouche du coche » et intervenant à sa guise pour taquiner les orateurs et relancer les échanges. Si les avis auraient pu s’opposer, ils se sont davantage révélés en ligne, ce qui n’enleva absolument rien à la qualité des débats, de très haut vol. Ainsi, quatre rencontres se sont succédées :

  • Hugo Micheron et Giuliano Da Empoli – « Le désordre du monde : perte de contrôle ou instrumentalisation des élites ? »
  • Asma Mhalla et Hervé Le Tellier – « Quand l’IA décidera, que nous restera-t-il ? »
  • Esther Teillard et Frédéric Beigbeder – « Le mauvais genre est-il un art de vivre ? »
  • Kamel Daoud et François-Henri Désérable – « L’écrivain peut-il échapper aux tourments de son époque ? »

Des joutes verbales bluffantes ! Je me souviendrai longtemps de nombre d’entres elles, d’un Frédéric Beigbeder parfois sans voix face aux provocations de la si talentueuse Esther Teillard, des échanges passionnants entre Kamel Daoud et François-Henri Désérable sur notamment, le sens à donner à l’engagement d’un écrivain, voyageur et exilé, des riches propos d’Hervé le Tellier et Asma Mhalla sur les impacts du développement de l’IA, entre inquiétude et pragmatisme ou, encore, de la pertinence des propos de ces observateurs avertis que sont Hugo Micheron et Giuliano Da Empoli sur le désordre du monde.

Je me souviendrai surtout d’un public enjoué, visiblement conquis par la formule. Longue vie à Eclats !

Esther Teillard, Julie Vasa, Olivier Broche, Frédéric Beigbeder

Hugo Micheron, Sébastien de Dianous, Giuliano Da Empoli

Kamel Daoud, Marie-Madeleine Rigopoulos, Olivier Broche, François-Henri Désérable

Asma Mhalla, Sébastien de Dianous, Hervé Le Tellier

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