La divine comédie de nos vies – Gavin’ Ruiz

Un pour tous, tous copains ! À la vie, à la mort !” : une devise mise à l’épreuve entre deux amis dans ce roman aux personnages hauts en couleurs. Une réussite ! 

Éditeur : Albin Michel

Nombre de pages : 224

Parution : mars 2021

Prix : 17 €

Version ebook disponible

« Un pour tous, tous copains » ! À la vie, à la mort… Telle est la devise de quatre garçons qui se sont rencontrés ados et qu’on découvre alors âgés de 40 ans. C’est à la suite du décès accidentel des parents de l’un d’entre eux, Jérôme, que leur amitié fut scellée. Une relation renforcée au fil des années sous l’œil chaleureux des tuteurs de Jérôme, Marguerite et Etienne, chez qui les garçons passaient leurs week-end. Les années ont filé, des amours sont nés, des enfants ont vu le jour et Jérôme, pilier de la bande, a toujours été animé par le souci de faire du bien aux autres, au point de s’oublier et atteindre un point de non-retour.

« Se mentir à soi-même, je l’ai fait trop longtemps. Petit à petit, j’ai eu cette sensation d’étouffer. D’avoir tout gardé pour moi. J’étais plein, plein des autres, des actualités, des activités, du monde entier. Je n’en pouvais plus. À force de vivre pour les autres, je me suis oublié. Je suis devenu un autre ».

🔸

C’est alors qu’il demande à l’un de ses amis de faire quelque chose pour lui d’incroyable, éprouvant de manière brutale leur amitié : il souhaite, sous le sceau du secret, que Sacha l’aider à mourir. Pour quelle raison ? Il faudra parvenir à la fin du roman pour en avoir le cœur net !

🔸

Empruntant la forme du roman choral, Gavin’s Ruiz arpente les chemins du lien singulier qui unit ces quatre mousquetaires et éclaire, par petites touches, la décision ultime de Jérôme en dressant de lui son portrait : un homme sur lequel tous se sont reposés et qui, pourtant, donnait visiblement le change sans être celui qu’ils pensaient connaître.

🔸

Est-on toujours sincère avec ceux que l’on aime ? Est-ce nécessaire de l’être ou, au contraire, jouer la comédie permet-il de mieux vivre ? Quel est le prix du bonheur ? Jusqu’où est-on capable d’aller par amitié ? Des questions des plus sérieuses que l’auteur aborde avec douceur et bienveillance, sans jamais juger les personnages qu’il a créés et pour lesquels il nourrit visiblement une affection profonde !

Le port de Honfleur

🔸

Un angle qui m’avait déjà séduite dans son précédent roman, « Le club des feignasses » (Mazarine) : une empathie et une tendresse marquées pour des femmes et des hommes que la vie n’épargne pas mais qui tiennent, coûte que coûte, en s’appuyant de manière indéfectible les uns sur les autres. Une manière d’avancer, une philosophie de la vie, non dépourvue d’humour (vous ne pourrez oublier Jérôme et Sacha en tenue de jogging, ni le tack tack suédois !), totalement indispensable dans les périodes troublées que nous traversons tous.

🔸

« La divine comédie de nos vies » est un livre fort et doux, bien mené par toutes sortes de petits indices parsemés jusqu’à un dénouement qui ne laissera pas les lecteurs indifférents ! Aussi forte et belle que soit une amitié, elle n’empêche pourtant pas nécessairement de passer à côté de l’essentiel… une divine comédie.

©️ Alain Pichlak

À propos de l’auteur

Gavin’s Ruiz est né en 1978. La Divine comédie de nos vies est son troisième roman après Comment papa est devenu danseur étoile (Mazarine), en cours d’adaptation cinématographique, et Le Club des feignasses (Mazarine). Il intervient régulièrement dans les médias (Grand bien vous fasse sur France Inter, BFMTV, France 5, La Montagne, etc.). Depuis 1999, il voyage pour le Guide du Routard dont il est aujourd’hui le secrétaire général.

 

Quelques pages en extrait du livre….

Share This