
Killing me softly – Jacky Schwartzmann
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Quand un tueur à gage doit éliminer un pédophile devenu sénile et vivant en EHPAD… Roman noir réjouissant écrit d’une plume grinçante et sarcastique à souhait.
Éditeur : La Manufacture des livres
Nombre de pages : 192 p.
Parution : janvier 2026
« Les festivals de musique m’ont toujours ennuyé. Ils sont l’équivalent, pour le foie gras, d’une quinzaine promotionnelle chez Système U. » Un incipit propre à attiser la curiosité de tout lecteur s’aventurant dans le dernier roman de Jacky Schwartzmann. Autant dire qu’il ne sera pas déçu !
Madjid Müller, narrateur du livre, mène une existence en apparence rangée. Marié à Blandine, artiste, et père attentif de Camille, ado, légèrement décalée affectionnant les insultes désuètes, il est également tueur à gage. Une activité ultra violente dissimulée à sa famille qui le croit agent secret et menée depuis une quinzaine d’années au rythme de sept à huit contrats par an. Une double vie sans anicroches jusqu’à un contrat singulier : il doit liquider un pédophile mais sous les yeux du commanditaire, l’une de ses victimes. Un procédé tout à fait inhabituel d’autant que la cible est elle aussi originale : Robert Cuenot, ex-patron d’industrie, vit désormais dans un EHPAD.
Si le livre emprunte au genre du polar classique avec un contrat, un assassin, une cible, un plan, il s’en écarte nettement pour s’inscrire dans une critique sociale cinglante telles que les affectionne l’auteur. Madjid se retrouve en effet confronté à un dilemme : alors que tout contrat accepté se doit d’être honoré, au risque de perdre la confiance du milieu et devenir à son tour « gênant », comment procéder quand la cible, aussi monstrueuse soit-elle, revêt l’apparence d’un vieillard dépendant, « abandonné » des siens, sans force, sans mémoire et sans défense, découvert dans une piscine souillée par les autres pensionnaires ? Sans pour autant minimiser la gravité des faits reprochés à Robert Cuenot, l’auteur interroge : punir un agresseur des décennies après les faits a-t-il encore du sens ?
En outre, comment faire abstraction du sort de ces personnes âgées qui, aussi luxueusement hébergées soient-elles, n’en sont pas moins purement et simplement abandonnées par les leurs ? Les plus barbares et violents ne sont décidément pas ceux qu’on imagine…
Une intrigue pour le moins saisissante écrite d’une plume grinçante et sarcastique à souhait ! Jacky Schwartzmann a décidément le sens le de la formule et du rythme, cueillant le lecteur à plusieurs reprises dans ce court roman. Jamais plus vous n’écouterez Maneskin de la même manière ! Pourquoi ? Précipitez-vous sur ce livre pour le savoir ! Jubilatoire !
Pour tous les amateurs de romans noirs, à noter que l’auteur cosigne un autre ouvrage avec Laurent Chalumeau, répondant à l’appel à la solidarité de la librairie Reservoir Books de Besançon, à deux doigts de la faillite. « On voudrait pas crever » est disponible à la vente à la librairie et sur commande, tous les droits d’auteur étant remis à la librairie. Chapeau !

© Virginie Duval de Fraville
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