
C’était ça ou mourir – Thélyson Orélien
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De Haïti au Canada, le parcours d’un homme contraint de fuir pour continuer à vivre, un chemin d’exil terrible saisi par une nouvelle plume incroyable ! Un roman à ne pas manquer.
Éditeur : Grasset
Nombre de pages : 272
Parution : Août 2026
« On parle souvent des migrants comme de chiffres, de vagues, de crises. On dit : ‶Il y en a trop.″ ‶Ça coûte cher.″‶Ce n’est pas le bon moment. ″ Mais jamais on ne dit : ‶Ce sont des gens. Des hommes. Des femmes. Des enfants. Des noms. Des voix. Des regards. Des vies. ″ Et moi, je veux dire à ceux qui me lisent: ne vous méfiez pas trop vite de ceux qui, comme moi, arrivent essoufflés. Ils ont simplement couru plus longtemps que vous. ».
Ainsi s’exprime Jonas Dorléon, professeur d’histoire géo en Haïti et qui un jour, a fuit son pays mis à feu et à sang par des gangs rivaux .« Pas pour devenir riche, ni pour vivre mieux. Juste pour vivre.»
Les romans qui évoquent l’exil, réalisent le portrait de migrants, sont nombreux, y compris dans cette rentrée littéraire, mais celui de Thélyson Orélien, auteur québécois, occupe une place clairement à part. Et pour une raison : sa voix ! Dès les tous premiers mots de ce livre, on est en effet percuté par cette nouvelle plume, tout à la fois lucide et empreinte de poésie, qui permet de saisir au mieux ce que vit le narrateur. On embarque immédiatement avec lui sur ce chemin infernal de Carrefour-Feuilles à Montréal, 12 000 kilomètres qui l’ont mené d’un enfer à un autre, avec comme ligne de mire la liberté. Un périple terrible, pavé d’humiliations, et de rencontres marquantes aussi. Et dans cette épreuve, alors qu’il ne lui reste plus rien, il demeure debout. Même dans les situations les plus cauchemardesques, il parvient parfois à rire et tente de faire sourire les autres. La seule arme dont il dispose encore pour ne pas perdre toute humanité en dépit des désillusions, de la peur, de la faim, du froid, de la cruauté et de l’absurdité.
Ce roman, sans doute bien plus qu’un témoignage, aussi fort serait-il, parvient à toucher le lecteur en plein cœur grâce à une écriture puissante, parfaitement équilibrée pour dire la violence avec douceur et parfois même une dose d’humour noir dans les moments les plus sombres. Par des mots justes et des formules qui resteront gravées longtemps, Thélyson Orélien fait une entrée remarquable en littérature. Son texte taillé pour infléchir le regard posé sur toutes les personnes contraintes de fuir la violence de leurs pays afin de survivre, est plus que jamais nécessaire. Il rappelle à quel point un tel départ ne procède pas d’un choix mais d’une lutte pour rester digne. « La définition la plus nue, la plus humaine de la migration » : « Partir, ce n’est pas seulement chercher une vie meilleure. C’est surtout refuser que sa vie, même brisée, ne compte pour rien. ».
Son livre a remporté un grand succès au Québec et est lauréat du prix Méduse 2026. Ce ne sera pas le dernier.

© JF Paga
À propos de l’auteur
Né en 1988, Thélyson Orélien est un écrivain québécois d’origine haïtienne. Poète, romancier et critique, il construit une œuvre habitée par la mémoire, l’exil et la question de l’appartenance. Depuis sa publication au Québec par les Éditions du Boréal, C’était ça ou mourir, en cours de traduction dans le monde entier, a rencontré un écho international exceptionnel. Un premier roman qui annonce une grande voix de la littérature contemporaine.
Quelques pages en extrait du livre
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