
Le Palais – François-Henri Désérable
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Un roman érudit sans être démonstratif, un style qu’on reconnaît avec plaisir dès les premières lignes où se mêlent astucieusement humour, savoir et sens profond du romanesque, un délice de lecture à plus d’un titre : le dernier millésime de François-Henri Désérable sera sans aucun doute qualifié de « grand cru », un incontournable de la rentrée !
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 416
Parution : Août 2026
Ce n’est ni celui d’un prince, ni celui affublé d’une autre terminaison que cet auteur talentueux affectionne de frapper sur la glace mais celui de la bouche d’Arun, enfant né en Inde et adopté à l’âge de 8 ans par un couple Beaunois et qui, très vite, se découvre un palais absolument extraordinaire lui permettant de pouvoir identifier des milliers d’arômes qu’il peine même parfois à décrire, faute d’un vocabulaire suffisant et qui le pousse à des néologismes surprenants. Ce jeune prodige grandit ainsi au milieu des vignes, inséparable de sa complice Margot, fille du propriétaire du Clos Des Toucans, vignoble dont est issu l’un des meilleurs vins au monde.
Initié par ce vigneron exceptionnel, Arun va faire son chemin, parcourir les quatre coins de la Terre à la découverte de tous les vins existants (y compris suisses !) et rencontrer des personnages plus truculents les uns que les autres (mention spéciale pour le critique Waterman). Va naître alors dans son esprit un stratagème incroyable, révélé au fil des pages de ce fabuleux roman, qui le conduira, et on le sait dès le début de l’histoire, à figurer au centre d’un procès hors-normes pour escroquerie.
Au-delà de la sensibilisation œnologique induite de cette lecture et qui poussera sans aucun doute nombre de lecteurs à s’adonner à du tourisme littéraire, à la découverte de vignobles, ce livre ravit aussi par son style virtuose et le plaisir procuré par sa lecture, pas si fréquent que ça. On sourit souvent, tant des apartés jubilatoires entre l’auteur et ses lecteurs que de la fine observation du milieu littéraire.
Ainsi, à propos des auteurs : « Ils n’étaient pas méchants, non. Plutôt sympathiques, même. Mais à part les journalistes de télévision, y avait-il plus infatué, plus résolument imbu de soi-même qu’un auteur? Les mauvais se croient bons, les bons très bons, et les très bons se prennent pour des génies – et s’ils ne vendent pas, pour des génies incompris. Il n’y en a pas un pour se trouver moyen – c’est même la seule chose que partagent le grand écrivain et l’écrivain médiocre : la certitude de leur indéfectible valeur » !
Sans oublier le rapprochement entre vin et littérature au fil des pages, fort à propos. Ainsi, le grand-père de Margot a eu l’idée géniale d’associer son vin à de grands écrivains lesquels offrent une citation figurant sur les bouteilles et, en échange, reçoivent chaque année une caisse de vins à condition de venir la chercher en personne. Des rencontres savoureuses à découvrir et la tentation de demander à l’auteur du Palais ce qu’il graverait sur l’étiquette d’un prochain cru du Clos-Des-Toucans…

© Karine Bauzin
À propos de l’auteur
Né en 1987 à Amiens, en France, François-Henri Désérable devient joueur de hockey professionnel à 18 ans et débute des études juridiques. Il publie son premier livre aux Editions Gallimard à 25 ans, Tu montreras ma tête au peuple et remporte plusieurs prix. Ont suivi Évariste, Un certain M. Piekielny, Mon maître et mon vainqueur, Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2021. Il a également publié deux récits de voyage : L’usure d’un monde et Chagrin d’un chant inachevé.
Quelques pages en extrait du livre
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