Kaizen

 

Que penser de « Kaizen » d’Inoxtag ? Ce documentaire n’aura pas pu vous échapper ces derniers jours. En quelques mots, ce jeune youtubeur de 22 ans – Ines Benazzouz de son vrai nom –, extrêmement populaire et fédérant autour de lui une large communauté de followers, a décidé de gravir l’Everest et ainsi atteindre le toit du monde sans aucune expérience de montagne. Y étant parvenu, il a tiré de son expérience un film de plus de deux heures trente, diffusé en salle le 13 septembre, explosant les records d’entrées à une vitesse inédite, puis dès le lendemain sur Youtube. A ce jour, plus de 30 millions de spectateurs ont été touchés : succès phénoménal, tant au cinéma que sur la plateforme on line, sans compter ceux qui le visionneront à la télévision en octobre prochain.

Pourtant, plusieurs voix s’élèvent aujourd’hui pour nuancer la réussite de cette ascension voire la dénigrer : une réalisation qui laisserait penser qu’elle est accessible à tous, tant d’un point de vue financier que physique ; avec les sherpas, l’oxygène, et les cordes fixes, ce ne serait plus de l’himalayisme mais du tourisme de haute altitude ; un projet qui aggraverait le désastre écologique frappant l’Everest, conseiller de délaisser ses écrans pour découvrir la nature serait inaudible de la part de quelqu’un dont la vie tourne autour du digital…

Ce film, je l’ai regardé, sans a priori, ne connaissant pas vraiment ce garçon et développant un goût franchement limité pour la montagne et ses sommets. Et j’ai été épatée. D’abord par la beauté saisissante des images rapportées. Ce film est incroyable. J’ai surtout trouvé l’ambition louable. Pourquoi pas tenter une aventure même si elle nous parait folle, surtout quand on a 20 ans ? Et Inoxtag ne s’est pas lancé n’importe comment dans ce défi. Il s’est entouré de personnes autorisées, notamment l’alpiniste et guide de haute montagne Mathis Dumas, bien connu des amateurs de ce milieu, il s’est donné les moyens d’y parvenir, s’entrainant tout à fait sérieusement pendant un an, enchaînant les sommets en augmentant progressivement les difficultés.

Si sa réussite ne correspond pas aux standards des experts du milieu, elle n’en demeure pas moins une performance bluffante de la part d’un jeune homme qui demeure humble, déterminé et reconnaissant. Et qui sans aucun doute inspire nombre de personnes qui le suivent.

S’améliorer jour après jour, pas à pas, de manière structurée, c’est ce que recouvre le concept de « Kaizen » et qu’Inoxtag incarne parfaitement. Quel est votre Everest ? Alors que le mien s’apparente le plus souvent à tenter de trouver les mots le plus justes possibles pour un article ou un entretien, respect.

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